le dépôt ( extrait )

Dans ma maison il y a une chambre au fond du couloir, et dans cette chambre il y a un placard, et là j'ai posé un sac qui contient des vêtements de poupées, quand on l'ouvre.

Cette chambre ce n'est pas ma chambre mais c'est une soit-disant chambre d'amis dans laquelle aucun ami ne dort jamais, parce que c'est une chambre froide et noire et mal accueillante, sans lampe de chevet, et sans table de chevet d'ailleurs, un débarras plutôt, et pas un de ces débarras où l'on entrepose du linge à plier ou des papiers à trier, non, un bébarras où l'on se débarrasse à proprement parler d'objets moches et cassés, encombrants et inutiles, et que l'on n'ose pas mettre aux ordures tout simplement.

On ne jète pas, les gens n'osent pas jeter tout ce qui les encombre, les pèse, et qu'ils jugent inutile et laid parce que les gens ont peur de la séparation, de se séparer, je veux évidement dire que les gens ont peur de la mort et que, pour se détourner de ce sentiment d'angoisse que suscite la mort, les gens entassent toute sorte d'objets et donc, moi-même, poussée par cette même peur de la séparation qui est immanquablement le signe de la peur de la mort, je gardais tout un tas d'objets dans cette chambre froide du fond du couloir, noire, qui est une chambre éminament angoissante, et qui n'est plus depuis longtemps une chambre mais un pièce, une pièce d'objets remplie d'angoisse, qui s'entasse d'objets porteurs d'une charge, de mort, dont ce sac.

Ce sac de cuir dans le placard, rempli de vêtements de poupées, de poupées dont je ne garde aucun souvenir n'ayant jamais, enfant, joué avec ces poupées ni ne les ayant, jamais, habillées, ces vêtements de poupées je les tiens de ma mère qui, elle, enfant, donc, jouait avec ces poupées aux habits de dentelle, de velour, cousus main, des petites poupées de petites bourgeoise, de valeur.

Ce sac de vêtement de poupées, dans le placard, l'autre jour je suis allée le chercher, je l'ai vidé, et j'ai déposé chaque robe sur le lit de la chambre du fond du couloir, de la pièce, le lit en était couvert, et le tapis au sol, aussi, et j'ai regardé.

Et j'ai pensé à ma fille, à ma fille qui aurait trente ans cette année, et j'ai pleuré, je me suis effondrée, je crois je me suis effondrée un long moment sur le sol pathétique et glauque et moche de cette chambre, dix minutes, de cette pièce, et puis je me suis relevée, et j'étais très très lasse. Et j'ai pris tous ces vêtements, ces petits vêtements de vingt centimètres, et je les ai remis dans leur sac, et j'ai remis le sac dans son placard, et alors. Et alors j'ai compris pourquoi je gardais ce sac de vêtements, et je me suis retournée et j'ai regardé tous les objets de la pièce et je me suis rendue compte que tous les objets de cette pièce étaient des objets morts, je veux dire des objets ayant appartenus à des morts, ma mère, ma fille, et c'est étrange, mais je ne le savais pas avant de m'en rendre compte ce jour là.

Leurs objets, ils étaient tous là, et je découvrais cette pièce dans laquelle je venais de m'effondrer. L'effondrement, quatre pattes sur le tapis, m'avait donné cette pièce, je veux dire, m'avait donné son identité, d'une manière.

Alors je suis sortie de la pièce et dans le couloir j'ai pensé à quelque chose. Qu'un jour aussi tous mes objets appartiendraient à une morte. Et à cet instant là, j'ai vu tous mes objets sans moi, pour de vrai. J'avançais dans la maison, et je voyais les livres la bouilloire le lit tout, mon attirail, soudain vu sans moi. Là j'ai visualisé. Mes affaires tiendraient au fond du couloir, dans la pièce, empilées.

Alors je me suis foudroyée. C'était le long de la colonne vertébrale, autour. Je me suis sentie violement libre, de crever, aussi, et alors, à haute voix, et là je ne sais pas du tout pourquoi, j'ai dit je ne passerai pas à travers les gouttes.

Des fois on dit des trucs extraordinaires. Clairement je me suis entendue dire je ne passerai pas à travers les gouttes, dans le couloir. Et alors je me suis sentie très libre par rapport à la mort, et en même temps cassée, j'ai commencé à boire.

Rapidement j'ai vomi, parce que l'alcool je suis jamais arrivée. J'ai dormi, le lendemain ma maison je l'ai mise en vente. J'ai pensé que même d'une morte, même d'une fille morte, j'étais toujours une mère. Je me suis dit tu peux te prendre en soin, dans deux ans tu as la retraite.

La nuit il y a l'angoisse mais je sais, de pratique, désormais, qu'elles ne durent pas plus d'un temps les angoisses. Trente minutes c'est le standart. J'apprends à attendre. Je fais tout sans médicament. Le plus souvent je pense que, une bite à disposition, ce serait le mieux, mais depuis hier je pense que tuer quelqu'un, dans sa vie au moins une fois, il n'y a rien de plus puissant.

Depuis quelques jours je commence à écrire, dans un cahier. Ce qui me sort c'est des lettres à ma mère, ce qui est complètement débile, parce que c'est complètement trop tard.

J'écris des lettres à ma mère parce que je peux pas comprendre comment toute cette histoire vient du ventre, vient d'une bite dans un ventre, dans l'humus.

Est-ce que tu sais toi que les choses viennent parce qu'on les a fouillées dans l'humus. Non. Et est-ce que tu sais d'où vient cette histoire de fouillage d'humus, de ventre de bite. Et pourquoi dans les familles il y a des cagibis. Pourquoi tu ne vois pas ça, ce trajet, de vie, ce trajet constant, vraiment ce trajet inéluctable qui fait que ta vie est prise dans une ligne qui va d'un ventre à un cagibis, d'un ventre fouillé jusqu'à un cagibi, à côté de ta chambre, tu as sept ans. Hein. Non.

Depuis que je t'écris, au moins, j'ai compris qu'on ne peut pas se fouiller soi-même le ventre, et que les cagibis sont remplis de babioles et de vieilleries, bonnes à jeter, sans indice. Que les poils c'est fait pour se carresser, et qu'il n'y a pas de tombeau à double-fond.

Aussi, j'ai compris que tu ne peux pas appréhender, tu ne peux pas dessiner un être, de a à z, du ventre au cagibis, non, et que même toi, quand tu écris, les lettres, tu ne peux pas tracer la genèse d’un être, ni même juste son action, ou d’un objet, la genèse et l'action d'un objet, non, même. Parce qu’on n’a pas accès à la complexité de l'humus, et on n'a pas accès au principe de distilation de l'humus, dans une ligne, de vie. Il y a une barrière, un interdit, qui est un interdit de lieu, et toi qui parle tu la sais cette barrière, cet impossible. Et cet impossible t’insupporte.

On sait pas le principe qui fait durer un être, et qui l'arrête, on peut pas appréhender, dessiner la durée d’un être, dans sa plasticité, sa densité propre, on ne peut qu’imaginer. On ne peut que touiller et retouiller et lui singer une genèse, à l’aveuglette. Tout ça je le dis sans médicament mais tu le sais toi combien de temps elle a mis ta mère pour te sortir et t’accoucher. Non.

Tu ne sais pas combien de temps on met pour, hop, bonjour c’est toi, sorti, d’un ventre, d’un désir, d’un désir d’enfant qui nous a copulé pour s’en trouver grossie, gonflée, d’un enfant, à sortir, hein, à se le devoir sortir pour le laisser galoper devant, en face de soi, il vit, regarde, c’est toi, tu es sortie et maintenant tu existes avec ton t-shirt, et tu manges les légumes et tu cherches un travail. Tu as dix neuf ans.

Tu n'as jamais pu te représenter la scène de ta sortie, on ne peut pas, la voir, voir le temps, que ça dure, les gestes les cris le sang la fiente, on ne peut pas et surout, que tout ça venait d’un désir, alors là on peut pas, le désir bizarre d’être grosse d’un coup, via la fouille, via un bon gros coup de fouille, dans l'humus, le père lui file la semence, et d’un coup le désir est comblé, et du coup il retombe, ça on peut pas. Et elle grossira tout du long, et le gros ce sera toi, la grosse, qui lui sortira, lui bouffera le sein, ça c’est insupportable. Sa peau c’était ton horizon, ton monde, sa peau c’est l’odeur de la mort maintenant pour toi, de la limite, de la limite de ton désir. L’horizon de ton désir et de ta mort, ta mort qui est ta mère, maintenant, on ne peut pas. En général les images sont irreprésentables mais pour toi, insupportables.

Alors aujourd'hui tu écris à ta mère, et d'abord c'est des lignes. Mais après tu lui parles à ta mère et ta mère te parle aussi, mais bien sûr rien ne passe par là, jamais jamais, parce qu'entre fille et mère il y a cette cloison des familles, la bonne vieille chape, la chape au travers de laquelle une fille et une mère jamais ne pourront se parler, s'entendre, parce que ça ne peut pas passer, la charge de ce que le mot doit dire ne passe pas dans le mot, à ta mère, ça ne peut pas se porter cette charge jusqu'à la fille, jusqu'à la mère, par le mot.

Et là c'est la bonne vieille atrocité des familles, et la bonne vieille atrocité de la famille c'est la mère et la fille qui la portent, et elles la portent chacune pour elle, tanquée chacune en elle, d'où rien ne sort, rien ne passe.

Moi à ma mère je lui ai parlé et je lui ai dit, toujours, je lui ai dit arrête de faire ce travail parce que ce travail il va te tuer, et ma mère m'écoutait mais bien sûr ma mère n'arrêtait pas son travail, jamais elle ne l'arrêtait elle continuait, et pendant des mois et des mois je lui ai dit tu arrêtes ce travail jusqu'au jour où j'ai arrêté de lui dire d'arrêter son travail et où je l'ai laissé. Je l'ai laissé chercher sa mort, dans sa fatigue, par le travail. Je l'ai laissé attendre sa mort, et bien sûr sa mort est venue.

Ma mère s'est crashée sur l'autoroute, c'est comme ça qu'elle l'a trouvée, la mort, pendant une dépression, pendant une dépression un peu plus longue un peu plus tenace que les précédentes, ma mère s'est crashée sur l'autoroute dans un pont, de béton, dans un accident de la route, un accident de la route qui, bien sûr, un suicide. Un bon vieux suicide consciencieusement camoufflé en petit accident de la route, par ma mère, mais, mais je sais que ma mère, et ma soeur aussi le sais, je sais que ma mère s'est conscieusement appliquée à s'amalgamer à ce pont, de béton, sur l'autoroute, le 24 juin 2001, en rentrant le soir du travail, à 19h00, au moment même où ma soeur et moi, ensemble, parlions de la défaite de ma mère, de sa vie, qui se concluait, donc, à cette heure.

Ma soeur qui, pareil, ma soeur jamais elle n'a réussi à parler à sa mère, notre mère, jamais elle n'a réussi à toucher quelque chose chez ma mère, et à se faire sentir, en retour, en tant que fille, à sa mère, notre mère. Et d'ailleurs jamais non plus ma soeur et moi n'avons pu nous parler, et encore moins au moment où notre mère s'était mise à mourir et où, en tant que grande soeur, je passais, par un tour plus ou moins trouble et pervers, par un tour propre aux familles, où je passais au rang de mère de ma soeur, mère de ma propre soeur, en tant que grande soeur je me voyais habillée de la présence de ma mère, au travers de laquelle, bien sûr, je ne toucherai plus jamais ma soeur et me coupais d'elle, au motif de l'impossibilité de se parler, au motif de ne pouvoir faire passer d'elle à moi quelque chose, de dit, de fille à fille.

D'autant plus que ma soeur, tu as commencé à t'enfermer au moment où notre mère s'est mise à mourir. Tu t'es mise à ne plus sortir. Tu ne sors plus, depuis des mois et des mois tu t'enfermes, et je continue à te parler, essayer, à te dire que tu ne peux pas rester enfermée comme ça, à buter quotidiennement la tête dans le mur, chez toi, je veux dire, tu restes dans le mental et tu ne sors plus, dans la rue, au parc, tu restes à ressasser, la névrose, ta belle chape de névrose bien ressassée, sans sortir, sans marcher tu ne peux pas, la léthargie, et ressasser la belle névrose, la belle névrose qui se colore de la mort de la mère, notre, ça c'est la bonne occasion, la bien bonne occasion de la mort de la mère tu t'en fais du coup une justification, de ta névrose, dans l'enfermement. Mais un jour, ma soeur, un jour ça ne va plus aller comme ça, c'est plus possible, dans l'enfermement, uniquement, parce qu'un jour, parce qu'écoute, un jour la mort sort.

Et la mort te sort en la présence d'un cancer, du sein, et dans ce cancer tu vois la mort, mais là d'un coup c'est la tienne, ma soeur, qui t'attend, et du coup toi aussi tu sors, à la rencontre.

Au début non tu ne sors pas, tu n'arrives plus à bouger, parce que le cancer dans le sein, c'est atroce. Mais c'est au début seulement, parce qu'ensuite tu fonces au devant, droit devant, et tu fonces aussi sur ton téléphone, et tu re-contactes tous tes amants, tous tes amis, les anciens gens. Tu recommences à boire, tu forniques beaucoup, je devrais dire tu re-forniques, un peu avec n'importe qui d'ailleurs, hommes et femmes confondus. Ma soeur. Ton médecin te dit que le cancer avance, il avance vraiment bien, l'opération il est trop tard pour y penser, et toi tu fais les caves des Cotes du Rhône pour te recharger en vin.

Le soir il y a l'angoisse, c'est sûr, la nuit les réveils sont nombreux, la nuit il y a l'angoisse. Mais le jeu prend. Malgré l'effroi, la fatigue et la gueule d'alcool qui t'englue le visage, le jeu prend. Le jeu devient une furie des choses du sexe et des nuits tenues, jusqu'aux derniers gestes le matin. Aussi un humour nouveau te vient, on ne te le connaissait pas. Ma soeur. La mort la mort la mort, c'est débile hein cette carrotte de trouille au bout du nez. L'humour il vient de là, de la carotte de trouille qui te pend au nez. Et puis vient le jour où tu fais le voyage. Tu pars au Mexique. Et malgré tout le groupe d'amants et la troupe d'amis, tu pars seule, tu pars seule au Mexique faire le voyage.

Tu baisses un peu le régime d'alcool, et tu marches des jours, la frénésie. Tu achètes des chaussures bleues, des chaussures fortes pour aller aux cailloux, et tu marches.

A ce moment tu ne parles plus. Tu remarques, alors, que la marche beaucoup, que l'alcool moins, et que la parole plus du tout, font tomber l'angoisse. Alors tu souris et les mollets pompent la route, et tu avances. Aussi tu poses la question. Comment, pourquoi l'angoisse tombe dans la solitude qui avance aux cailloux traversant les couleurs et la langue étrangère, espagnole, c'est la question tu te la poses. Le soir sous la tente. Pourquoi l'angoisse de la mort dans le sein, qui me bouffe, me quitte ici dans la marche, dans la solitude, dans la bière le soir. Tu sors les pieds des chaussures bleues. C'est le soir c'est sous la tente et tu fais la question.

C'est la question je le sais qui t'a ouverte, les derniers jours, en marchant, tu étais, tu es, complètement ouverte, devant la montagne de Taxco, tout toi regarde, je veux dire, tu regardes tout devant, ouverte une dernière fois, devant la montagne, le 3 novembre 2001, avant que tu meures, trente heures plus tard, le 5 novembre, dans un hôpital de Mexico, le coeur dans le sang nécrosés les métastases, juste avant que tu meures, donc, une dernière fois.

la forêt

il n'y a rien à faire, je laisse les cheveux pousser, la nature est grande autour et les choses se font, les ongles et le temps vers la mort avancent et je laisse pousser, les poils sont rien à faire, noirs,


la nature est manifeste, elle est une forêt autour de chez moi, je sors de chez moi il n'y a rien d'autre à faire, et je marche dans la forêt et dure des heures de marche et jusqu'au noir de la nuit, arrivent, bonsoir, les pensées viennent,


en marche les pensées viennent et pas les idées, ni les images ni les souvenirs mais les pensées seules dans la marche, je ne censure rien tous les clapets me sont ouverts et de tous côtés ce qui vient c'est les pensées,


la coule des pensées, blanches et rouges, la forêt, j'avance au balancement du pas dans les feuilles entre le coulement rouge et blanc des pensées, le miel derrière les yeux,


les pas sont dans le noir, les couleurs ici plus puissantes que les mots, ce sont elles qui pensent, et l'on pourrait dire envahissent, la mort n'existe pas dans la forêt, derrière les yeux le miel rouge et le miel blanc des pensées envahissent,


autour de la forêt est noire pour qui la mort n'existe pas, c'est en marchant comme ça au noir que souvent je me pleure, à cause du grand se-sentir-vivant qui me prend, les mots débandent dans la couleur, c'est par elle l'envahissement, et les pleurs de la marche, dans la sève, du se-sentir-vivant,


alors je me sens être sexe, et les pensées qui me viennent ont les filles dedans, et dans les pensées ce n'est pas l'image des filles mais le se-sentir-vivant des filles pour moi qui arrive,


alors il y aura des gestes, et nous irons faire les gestes dans la chambre, et la peau éteindra la lumière,


quand je marche dans la forêt dans le rouge et dans le blanc il y a mille gens, je marche en larme et quelque part je serai toujours vivant, je le dis c'est drôle mais c'est comme ça,


à la place des mots le rouge et le blanc pour les pensées convoquent les gestes, les gestes sont toujours des gestes de sexe, l'envahissement a lieu dans la forêt, à ce point on ne dit plus je,


pour les pensées les gestes font les phrases, des dessins dans l'air, aux mouvements de chauve-souris, les manières des mains singent l'ancienne manière des bouches, à ce moment là j'ai dedans mille gens,


alors je sors de la forêt, vers le chez moi, j'ai eu le sexe dans le noir par la marche, avec les deux couleurs, ma peau a tourné autour de l'axe de mon torse, je suis mort et le jeu a commencé, tant qu'on meurt toujours le jeu commence,

l'indifférence des sexes

les filles font les courbures, et c'est dans la pratique des courbures que les filles pratiquent le discours. les filles savent faire, car elles sont regardées. les filles savent que les garçons leur regardent les courbures, c'est pourquoi les filles ont appris à montrer la bouche. elles montrent la bouche dans l'énonciation. c'est, pour les filles, autant le fil de salive que le monologue de la ligne, de leurs courbures. elles apprennent : elles ont appris.

les filles disent les mots plus souvent que les garçons qui eux, trouvent toujours une bonne raison de se taire, avec leur bite tout dure, dans les mains. les garçons sont pleins de mains qui te cherchent, et qui t'agrippent, quand ils t'ont trouvé. les mains des garçons alternent entre l'agrippe des files et l'agrippe de leur bite. c'est comme un dialogue. le lieu du dialogue c'est l'adolescence.

l'adolescence des garçons est une histoire de main plus que de bouche. les mains tournent en nombre dans les salles de bain, les garçons essayent leur peau, ils touchent, et la bonde accueille. le lieu des mains est le corps de soi, du garçon. l'énonciation, il la trouvera plus loin, chez le docteur, lorsqu'une fois adulte il se répètera dans la névrose.

la femme - 1

la femme elle me dit "j'adore me faire attacher, bien sûr, comme tout le monde. être bien immobilisé, bien piétiné, bien souillé, pénétré, tout le monde aime ça, l'abandon" je lui réponds que "oui bien sûr beaucoup de gens aiment ça" et dans le coq à l'âne elle me dit "par contre, il y a beaucoup de femmes qui n'aiment pas qu'on leur éjacule dans la bouche, sans les avertir, et encore moins si tu es attachée, les yeux bandés, dans ton trip de soumise, alors là, d'un coup du sperme dans ta bouche, sans qu'il t'ait averti, là beaucoup de femmes n'aiment pas du tout" je lui dit que "oui c'est possible" elle me dit "en même temps, moi, ce n'est pas mon cas" je lui dis "vous voulez dire que ça ne vous dérange pas" elle me dit "pas du tout" je lui dit "ah" elle dit "en même temps, il y a une chose qui est cocasse à imaginer, c'est qu'en pleine montée d'exitation, l'homme en vienne à te demander "pardon, je peux jouir dans ta bouche?", c'est dur à imaginer, parce que ce serait ridicule, cette question là, à ce moment là" je lui dit que "oui effectivement, à ce moment là, il y aurait quelque chose de déplacé à poser cette question" elle me dit "à poser n'importe quelle question d'ailleurs" je lui dit "oui effectivement" elle me dit "surtout si la fille est attachée en plus, le fait qu'elle soit attachée, justement, permet cet excès de la part de l'homme, cette violence. l'immobilité offerte de la fille provoque l'homme, et lui propose de la violenter, le pousse. c'est une violence sur le corps attaché, consentie, une saisie, une vraie bestialité dans la saisie, une vraie liberté dans l'élan. et alors demander, là, s'il peut jouir dans sa bouche, à ce moment là, c'est ridicule." je lui dit "oui" elle me dit "au mieux d'ailleurs l'homme ne parle pas dans ces moments là, il pénètre, il malaxe, il frappe, librement, mais il ne parle pas, encore moins ne demande, à moins que oui, peut être il peut injurier" je dis "ah oui, injurier ça, il peut" elle me dit "oui il peut injurier, il peut traiter sa proie de tous les noms, elle est attachée, elle ne peut pas bouger mais elle peut toujours entendre, alors il l'injurie, il dit "salope, bouffe, bouffe ma queue, cambre-toi, cambre-toi comme un pute" il dit des choses comme ça", je dis "oui" elle me dit "absolument", je dis "oui, ce sont souvent ces mots là qui viennent, j'ai remarqué, "salope, pute" ", elle me dit "oui" "cambre-toi, cambre toi comme une pute", " oui", et je lui dis "c'est drôle de parler de choses comme ça, dans un café, devant tout le monde" elle me dit "oui, et surtout qu'en plus on ne se connait même pas", je lui dis que "oui, de ne pas se connaître, c'est encore plus drôle", elle me dit "oui, c'est encore plus drôle" et je lui dis "en même temps, si c'est sa femme à l'homme, son épouse, qu'il attache, il peut ne pas l'avertir qu'il va venir dans sa bouche, et elle, ne pas s'en offusquer, parce que c'est sa femme, et qu'elle connait ses habitudes érotiques, alors à ce moment là, elle n'a pas besoin d'être avertie" elle me dit "oui, dans ce cas là, bien sûr, non" je lui dit "là, ils n'ont pas besoin de se parler dans ce cas de figure", elle me dit "non, ils n'ont pas besoin là" je lui dis "à part pour s'injurier", elle me dit "oui, sauf pour s'injurier"

la femme - 2

la femme elle me demande "dans vos livres qu'est-ce que vous racontez" je lui réponds que "dans mes livres je raconte ce que je dis" elle me dit "je comprends pas" je lui réponds que "moi non plus je comprends pas" elle me dit "ah ben c'est embêtant ça si même vous vous comprennez pas c'est embêtant ça", je lui réponds que "oui c'est embêtant de pas comprendre ce qu'on fait mais qu'à la longue on en rigole" elle me dit "je comprends rien à ce que vous dites" je lui dis que "oui c'est normal de pas comprendre parce que même moi je le comprends pas" elle me dit que "là on tourne en rond" je lui réponds que "voilà c'est ça c'est que dans mes livres on tourne en rond" elle me réponds que "donc l'idée de vos livres c'est qu'on tourne en rond" je lui dis que "oui et non" elle me dit "ah ben oui bien sûr, c'est oui et non, bien sûr ça peut pas être simple" je lui dis que "oui voilà c'est le et qui tourne en rond dans mes livres" elle me dit "ben c'est compliqué" je lui dis "bof pas trop" elle me dit "ah oui le et qui tourne en rond, ça c'est compliqué ça" je lui réponds que "mais si ya rien à comprendre, ça peut pas être compliqué" elle me dit "ah oui, oui, ça c'est vrai ça", je lui réponds que "voilà dans mes livres je ne dis que des choses vraies" et elle me dit "et là ce qu'on dit c'est vrai non" je lui dis que "là oui c'est vrai ce qu'on dit" et elle me dit "donc ce qu'on dit là ça pourrait être dans un de vos livres" je lui réponds que "oui"

les gestes

je te raconte un jour il y a les choses et ce sont les choses que nous vivons et alors quelqu'un il arrive dans les choses je reprends

un jour il y a un gen et un deuxième gen arrive il vient vivre dans les mêmes choses et alors il y a un mot et on énonce le mot et c'est l'amour parce que le mot qui est dit est le mot amour, et alors les gens sont deux et le mot les lie et ils sont dans les choses qui sont dans le mot amour qui est le mot qui fait le sexe

un jour il y a deux gens qui font le sexe dans les choses que nous vivons, ils restent dans le lit avec l'amour autour et ils ne montent plus dans la voiture ils ont les jambes lourdes ils ne partent plus au matin pour faire le travail ils sont dans les choses disponibles qui sont dans le mot qui est dit, est le mot amour

c'est le mot des jambes lourdes et des bouches collées on ne peut plus monter dans la voiture et faire de la voiture dans le collé faire le travail dans le collé on ne peut que faire le sexe dans un lit ils font partir les semences pour se libérer des choses et du mot qui est l'amour des choses dites dans le lit

les jambes les mains dans la bouche pour faire dire les choses et les rendre disponibles qu'un jour les gens ont mis un lit entre eux et les choses un lit d'amour posé entre les gens et le monde pour que tout s'arrête un jour les gens se mettent à faire l'amour dans le lit dans le collé de toute chose s'arrête quand les gens disent le mot, dit l'amour

et le mot des gens est en retard d'un mot il est toujours en retard d'un mot car dès qu'il se pose il y en a un autre qui vient après lui pour faire la ligne si bien que le mot est toujours en retard d'un mot dit la ligne

je suis sur la crête dit la ligne et je ne pousse que sur la crête car la crête ne tient que sur les bords du haut dit la ligne et je ne suis bien que sur les bords car sur les bords je me sens mieux mais au milieu je me sens pas trop bien au milieu et les mots du coup ils ne viennent pas mais sur les bords ils viennent et là c'est bien dit le docteur

j'aime entendre les gens suivre la ligne mais j'ai remarqué qu'ils ne vont pas souvent sur les bords car sur les bords avec le vent on tombe et les gens d'ici ne sont pas dans le désir de tomber mais sont dans le désir du lit alors ils ne vont pas souvent sur les bords et c'est pour ça que les gens ne sont jamais prêt à sauter dis-je

les oeuvres sont inquiétantes car c'est l'inquiétude qui nous envoie le jus de réaliser les oeuvres, nous réalisons les oeuvres avec les mains, on jute sur le papier et c'est un beau dessin, comme j'aime, nous réalisons les dessins et aussi nous réalisons les gestes, avec la transparence des mots qu'on ne dit pas nous réalisons les gestes, c'est à dire qu'on fait l'amour en silence dans la chambre, et c'est l'inquiétude qui nous serre la crampe et qui nous tend les gestes à jus, c'est pourquoi nous avons les sexes inquiets et que l'inquiétude fait grincer les matelas

ici les gens fous passent tout le temps des coups de téléphone pour passer le temps à tenir le coup à parler, on raconte la journée passée à chercher l’argent pour la drogue et le loyer, le délire se passe rarement plus d’une fois par mois parce que le délire est maintenue par la chose de sexe et par la recherche d’argent et des médicaments, ici les gens fous sont comme les gens normaux ils ne font pas la difference entre l’amour et le sexe parce qu’il n’y a pas de différence c’est pour ça qu’ils sont les mêmes

normalement je m'arrête de bouger quand je jouis d’un gen fou et quand c'est fini je reparle au gen normal sauf des fois où je jouis en même temps que je parle alors ça fait une boulette dans la chambre et on entend du couloir le boucan d'une qui mélange le pinceau de la parole avec le baton de la jouissance

je trace les énoncés tel qu'ils viennent mais il n'y a jamais de violence dans mon cahier car la coulure de mon cahier ne dit jamais rien et quiconque viendrait boire à l'abreuvoir de ma fente s’entendrait roter que la prose n'est ni un traité ni un manuel ni un calmant ni un roman mais la douceur docteur l'impouvoir de dévier mon cours hors du mouvement du tracé

mais docteur mon cahier est calme il n'est pas énervé comme moi qui suis dans un état déplorable je le prends pour dessiner les figures qui sont les gens apparaissent à la surface et les gens sont calmes et moi je suis vrac et je suis foutue pourtant de mes mains nouées coule une trace calme que le cahier recueille

j'explique il y a le calme et il y a le vide et il y a aussi la vitalité du vide, et on agit là traversé de ce vide, et je m’ouvre à ça pour l’épuiser tout le vital l’épuiser et toute l’énergie l’épuiser parce qu'on n'a pas prise on est dansé de cette vitalité qu'est pure sexualité, elle te vide tu vois

c’est la suffoque quand les mots poussent dans le vide comme là, et malgré les suppos et le sirop le mot continue et le mot vient au lieu de moi et il épuise toute la vitesse et la suffoque gonfle et découille tout ce qu’on est

après c’est léger et ne pèse plus rien, alors on peut continuer dans un autre vide encore plus pire où rien ne pèse que le présent, où je voudrais ne plus avoir à tracer pour être

parce que chaque fois qu'on parle c'est pareil j'explique ya un noeud et on parle pour défaire un noeud car on est est un assemblage de noeuds coloriés par l'enfant qu'on était, et on défait un noeud rouge et un noeud bleu un noeud noir et on parle bravo ça marche ça tombe bien j'ai un noeud jaune dans le poumon et un noeud vert qui me bouche le tuyau, docteur

je vous dis les choses au cas où ça vous servirait un jour c'est que la pensée est dans les plantes et les cailloux lancés car elle se meut avec intensité même les jours fériés, bouge pas docteur je te dis les choses

parler est une crise qui met le poumon à la criture mais la criture ne calme pas son gen car elle aussi est une crise, qui se déroule tous les jours et qui charrie les lignes belles et laides en même temps, je te dis une chose qui t'enseigne la maladie docteur, quand on trace tout devient de l'être, l'être est une crise il est cassé et avance comme ça, c'est parce qu'on trace sans savoir, en inventant, l'être avance cassé bon, je pousse le cassé de l'être il va se verser dans la tête et se versant donne l'homme, ça a toujours été à peu près comme ça, ça vient de là que la tête verse son parler en se penchant un peu sur le probleme, en un bol, et et la parlure est une coulure de prose et la pensée est une éponge, la ligne avance de traviole, il me manquerait un pot de confiture docteur n'importe quel goût juste pour lui prendre la force

parce que je suis calme en fait sauf quand le sexe se dépose en moi là il me spirale je t'explique, je m'étends je suis calme les choses s'endorment mais d'un coup les aspires du sexe me soulèvent la plaque et je ne suis plus calme du tout et la vague de sexe mouvemente mon débit t’entends

ça claque et gicle puis coule en sexe jusqu'arno qu'arno est mon amant de nuit tu sais, mon besoin me besogne, je marche au besoin mais c'est le désir qui m'est besoin, puis rassasiée je dors la colone se courbe j'explique, la tige d’os du dos se courbe les deux bouts de la colonne s’arrondissent et se rejoignent alors la boucle du corps se ferme c’est le chaud, la boule tassée, tu groupes les mains sous le sexe au chaud des cuisses les poings avancent et tu rentres tes mains dans ton sexe le chaud, tu mets le chaud autour des mains dans le trou dans le sommeil aussi je masse la menbrane

je me fige toutes les cinq minutes, spasme au thorax, crampe à la moule, je suis une chose elle tombe à la structure, jamais née jamais morte, déjà là depuis que les lignes déraillent, aux stries des cervelles

c'est pourquoi ceux du centre tombent à la structure, on est dans le dérail des choses du sexe parce qu’on vit du déraillement des formes admises de la sexualité et on le dit dans le dérouillement des formes admises du discours, mais le docteur n’entend pas, on vit médicamentés et lui de coton aux oreilles, j’explique les choses

comme tout le monde j’ai passé dix ans possédée de langue et maintenant dans la chambre je dors douze heures de file dans le couloir si on me demande je bave sans son, la ligne mène au mutisme et la pensée au sommeil

parce que les mots et leur prononciation je ne supporte plus tout ça n'a aucun intérêt, sauf ceux que je me dis au cabinet du docteur et au cahier, là je me dis les petites choses et je sors plus forte, car faire sortir de grandes choses n'a ni l'intérêt ni l'avantage des petites, et puis on peut plus facilement se remettre au cul les petites que les grandes

tu traces ta langue de p'role pour toucher ta nymphographie, tu parles pour perdre tout lien de désense, va au bout de ta pensée prend pas la peur et finis-toi dans le geste, lâche la pensée et vide ta volonté fais la vivante jusqu’au bout maintenant

aujourd'hui j'ai rangé poliment ma chambre et tout à fait gentillement j'ai passé l'aspirateur je me suis allongée des minutes sur le lit pour me faire quelque chose dans la culotte qui m'a fait augmenter les tétons après j'ai fait la gymnastique sur le tapis et les étirements

alors mon âme s'est allongé au tapis à côté de moi et je me suis rencontré l'être psychique quelques minutes pendant que j'assouplissais les fessiers et les abdominos m'ont un peu fait mal

alors j'ai eu l'intention d'exécuter une sorte de danse lente sans musique et j'ai dansé presqu'immobile car je souhaitais secrètement pouvoir supprimer la place de mon être nerveux je cherchais à évaporer mon être de volonté et de nerf par la danse mais ça n'a pas marché

alors j'ai fait les observations sur la table et j'ai fait les observations dans le lit et j'en ai déduit que rien ne tient dans le sexe ni dans l'écrit, alors j'ai fait les observations dans la nature, le parc autour du centre, et j'en ai déduit que la science naturelle était la seule chance de connaitre les principes de l'énergie parce que les plantes et les animaux n'y vont pas de main morte à persévérer dans leur être sans parler

ici n'est pas l'endroit où l'on peut déborder, on est stabilisé par les médicaments alors on reste au milieu des raisonnements, on est pris dans les manières, entourés de fenêtres on fait la vie de manière froide, hier on n'a pas fait notre meilleure nuit, sans remuer je suis sous les choses tout le monde ici est sous les choses alors elles ne peuvent pas déborder

et les malades sans cesse regardent en eux ils sont présents et sentent la chose ils voient quand la crispe du faciès se résoudra en parole les malades comprennent les choses avant les paroles, parce que je dis les mots sans remord de n'avoir que les mots étant faible de gestes j'ai grand plaisir à me finir dans les mots, tu vois

les obsessionnels sont les gens les plus ouverts que je connaisse, je veux dire que personne n'assume vraiment d'être mort, c'est à dire que personne n'est dans le désir d'arracher, quelque chose à partager de soi avec les mots, avec les mots et les autruis, ceux des visages, j'écris sévère envers moi, le présent coule un voyage, le présent n'a rien sur quoi appuyer c'est pourquoi le présent je le repose, je vais continuer et si tu regardes alors ça va pouvoir continuer ensemble, morts

dans la ligne, c'est là que je vis, je suis vulgaire de bouche parce qu'ici je vis en pyjama comme tout le monde dit ses conneries dans des loques de plouc alors moi aussi je plouque du gosier, il n'y a pas de raison de restreindre le vulgaire au vestimentaire, aussi je sexuel donne aussi je criturel donne aussi social donne et métaphysique donne comme sujet vulgaire je me donne aux mots pas dégrossis

je réapprends à être, dans la maison parmi les choses, ce matin j’ai retouché les gestes dans la cuisine pour ça j’étais concentrée, sauf que j’avais les pets dans le ventre qui ne me sortaient pas, je réapprends les gestes mais en lavant la rape j’ai rapé l’éponge, je sens il ne me manque qu’un geste pour que je sois réalisée dans le geste de vivre, apprendre est l’entre de cette chorégraphie de vie, je suis entre la cuisine et les objets et dire les mots me donne à voir le geste

j’apprends à être à la main, dans le sexe les mots et les objets c’est tout, la mayonnaise la béchamel le sperme et moi, de tout ça je suis le bol, les gestes sont la guérison que les mots n’ont pu me donner à cause qu’ils sécretent toujours une nouvelle purée infectée

j’aime la purée et j’ai pris gout a la maladie parce que toute petite la catalgyne m’a donnée le gout qu’ont les médicaments de nous laisser tomber malade, alors j’ai trouvé la place de parler avec les sachets et avec les cachets à chacun qui vient, avec le gout du gen dans la bouche, les gens qui me viennent sont les bienvenus, sans qu’ils le sachent je fais ma mayonnaise d’eux, face a un gen je contracte le cerveau pour articuler puis je lache la machoire pour exister, claque, et j’existe avec eux

le temps je le passe à attendre car j’attends de mourir dans l’articulation, j’articule chaque jour et les gens sont les bienvenus pour attendre avec moi dans l’articulation, sauf qu’il y a des moments ou je me sens à l’étroit dans les relations qui langagent, articulent, je me sens à l’étau dans la machoire de pense qu’articule que du vent, parce que toujours il y a ce fait de la respiration sans bodruche, ce souhait du respirer sans soi, toujours pour moi et pour quiconque me vient, on aime comme ça vivre sans exemple, totalement abstrait de soi dans un présent de lignes qui ne veut rien ne demande rien

et j'ai le temps mais plutôt j'aimerais avoir l'argent juste pour me laisser pousser la chatte juste assister à la poussée de ma chatte seconde après seconde n'être attentive qu'à la poussée de ma chatte et ne voir personne passer les semaines à voir ma chatte pousser l'assister et l'observer, j'aimerais, docteur, et ne pas être obligée de faire rien avoir suffisamment d'argent pour n'être obligée à rien faire d'autre qu'être là avec ma chatte, elle pousse, et je suis là dans son temps à elle elle vit elle grandit et j'ai assez d'argent pour l'entretenir

et je reste ici immobile à ma surface les poils font une masse pour laquelle je vis

en face il y a une montagne et elle ne demande rien et autour il y a les choses les gens et les maisons qui sont laides et rien là dedans ne demande rien, toute chose tout être de gens est abstrait de soi dans un présent qui dure, le présent ne demande rien il dure en face il y a une montagne et c’est comme ça, la montagne est tanquée sur soi dans un temps de dureté qui ne peut pas hurler, moi seule suis en face de moi seule peut hurler, je mets les virgules un peu quand je veux, dans la hurle aussi je mets les virgules

il n’y a rien à demander les choses se font et les gens d’ici savent bien que les choses sans nous se font dans l’être, j’utilise les gros verbes, dans l’être se pose la montagne devant est face à moi les maisons laides autour et je dans la sensation d’être le milieu de tout ça, personne m’a demandé mon avis, rien m’a proposé d’avoir une sensation, moi-même ne m'impose jamais rien et pourtant je fais la jointure

cet acte

le sexe est la chose non seulement est la chose par laquelle on écrit mais le sexe est la chose sur laquelle on écrit car on écrit des histoires du sexe entre des gens sexuels fournis de l'envie qui suit : la mort est jolie est elle est bientôt pour nous, alors on se touche, dans l'attente de la mort nous avons le sexe pour vivre et pour connaître. le connaître du sexe est la science naturelle, l'aspect empirique d'accéder à la connaissance dans le sexe, du monde, avec les phénomènes la connaissance mondaine passe par le tamis des mains du ventre à la peau le touché qui tombe contre à contre les sexes qui poussent, le piston l'un dans l'autre, les yeux ouverts la nuit, on dit je t'aime, et on fait la connaissance. il faut dire je t'aime et puis le faire et une fois que chacun ensemble fait le je t'aime, alors c'est le contact de la connaissance des phénomènes qui nous relie à ce qu'on fait, cet acte.

truche et trichien

si je dis que robert walser est une autruche personne ne me croit et ils me rient au nez, et si je dis que sigmund freud est un autrichien tout le monde m'écoute et ne me rient pas au nez, ce qui prouve bien que c'est n'importe quoi, tout cela n'est pas très gracieux et c'est bien souvent n'importe quoi

la peau sur nous

pourquoi lire ou même pourquoi donner le change quand on peut faire de l’écriture faire de l’écriture comme parler sans rien de spécial et faire de l’écriture comme relacer ses chaussures parce que les lacets mots étaient défaits, c’est comme ça qu’on fait, c’est avec les mains, et c’est devant les gens, ils sont venus alors on fait quelque chose, ce qu’on fait n’est ni raté ni réussi c’est ni bien ni mal c’est en même temps plutôt pas mal dans le vrac du geste, d'écriture, plutôt pas mal, quand devant les gens un geste se met à penser comme ça, on peut sortir son sexe aussi, ça peut faire partie du geste de sortir son sexe et le montrer aux gens, surtout s’il est beau, surtout si c’est un beau sexe qui n’est pas dans la sueur et qui n’est pas dans la timidité, il aime se montrer, ce qu’on fait c’est ce qu’on a à faire, l’amour et l’écriture, la peau devant les gens est toujours élastique et les yeux sont fixes, la peau se déplace sur moi quand je suis devant eux, la peau est le mouvement de la parole qui se trace en écriture elle se déplace sans jamais friper, d’ailleurs l’écriture est cette seule possibilité je veux dire que l’écriture est cette seule chose qui est le fait suivant : déplacer la peau sur la carcasse de soi, elle glisse, on sent que la peau nous roule autour, on ne pivote pas pour autant on reste droit, les yeux lancés devant, mais on sent le pivot de la peau sur soi et l’écriture c’est ça c’est ce déplacement là de la peau sur nous

rouges

j’ai souvent fait des taches aux vêtements, de confitures, de sauce de tomates rouges de mayonnaise, et des trous, des brulures de cigarettes qui trouent une chemise un pull, j’ai souvent renversé le café dans le lit, en plus des taches du sperme du sang, j’ai souvent pas retenu les choses, ce qui est drôle je trouve, ce n’est pas grave c’est drôle les taches les traces les trous que j’ai fait, ils sont l’indice de mon passage, les restes de ma mort. tu ne m’oublieras pas dans la mort tu me penseras toujours dans l’amour. tu ne jetteras pas le pull tu ne laveras pas les draps.

la marche

bonjour. ce matin j’ai déjà joui deux fois en masturbe mais ce n’est pas la question, car aujourd’hui la question c’est la marche parce que nous allons parler de la marche. la marche, les gens qui écrivent ont déjà beaucoup écrit là-dessus, parce que souvent les gens qui écrivent sont des gens qui pratiquent la marche et qui pensent leur pratique. bon walser nietzsche et aussi beaucoup d’autres. la marche donc, c’est toute la relation entre le mouvement et le mental après tout. c’est toute la relation la marche, c’est toute la relation entre le muscle, l’entrain, la durée et la pensée. la marche est une chance pour la pensée dans la mesure où elle peut bricoler à vide pendant un bon moment, la marche c’est la bascule de la pensée, c’est le moment où la pensée se fait plus libre de n’être assignée à aucun réceptacle, je veux dire aucun récepteur. là, c’est le moment où la pensée n’est pas contrainte au ping pong du dialogue, alors ça, ce moment, c’est le grand mouvement de la marche, c’est le grand mouvement de soliloque au roulis des cailloux. la parole se consomme elle-même et se produit à perte, irécupérée. on voit bien de quoi il s’agit : on marche des heures et chaque détail que l’on voit, chaque accident du visuel est une bifurque du mental. le mental est ce sac de couille d’où chaque spermato est un mot. et c’est à mesure des pas que le rythme se branle. la syntaxe est la vieille élastique du slip qu’on va bientôt jeter. et le slip lui-même, on l’aura compris, est cette vieille affaire du discours. et donc là, justement, cette question du discours elle arrive, parce qu’au final, cette question du discours c’est ce qui taraude tout marcheur. au fond. tout marcheur s’expose à la vacuité de la question du discours, et d’ailleurs tout marcheur s’expose à la vacuité de toute question, car tout marcheur s’expose à l’inanité de tout discours, à l’artificialité panique de tout discours. parce que tout marcheur découvre que le discours, je veux parler de la raison raisonnante, découvre donc que tout discours est une affaire de pas, de fracas des pieds aux cailloux, et c’est tout. je veux parler de ce rythme, de l’instauration dans la durée de ce rythme. tout vient de là. et ça, le marcheur le découvre, en pratique, pratiquant. il découvre que tout dans la manducation du discours, tout vient de cette affaire de pas, menés dans la marche. et alors c’est l’effroi. de voir que tout provient de là, que cette affaire du discours est une affaire de muscle, de mental, de durée. et d’entrain dans la durée. c’est l’effroi. tout marcheur s’expose à la psychose d’avoir découvert le pot aux roses de la pensée qui discourt. c’est les pieds, ça vient des pieds la raison. le logos la raison la discursivité c’est des pieds que ça vient des pieds. et découvrir ça c’est l’effroi.

et donc alors, parlant du rapport tendu entre le pied et la bouche, et par bouche je veux parler de la baudruche du mental, donc, parlant de l’origine pédestre du mental, parlant d’un fait qui est le fait que cette affaire vienne des pieds, là donc, il me faut bien sur parler de manger. je veux dire de la bouffe. parce que dans la vie il y a deux choses que j’ai toujours aimé faire c’est : 1 dormir la nuit avec un t-shirt que je porte après toute la journée du lendemain, et 2 manger en marchant. je vais donc maintenant parler de manger en marchant, parce que c’est notre affaire désormais. la pensée qui naît dans la marche, à vide, dans la tête, dans la durée de qui marche vers rien, c’est un fait. et de ce fait, ce fait qui par la force même de son fait met à jour l’origine de la raison, à savoir que, ça vient des pieds, elle vient du pied la raison, et de la cadence des dits pieds dans la marche, la raison, dans la durée, ça c’est une chose ici désormais démontrée, qui est un fait. mais la bouffe, le manger. manger en marchant c’est une chose, et c’est une chose énorme. je veux parler du sublime. manger en marchant c’est comme pisser en buvant, c’est une chose-monde je veux dire, c’est une chose je veux dire un acte, c’est un acte qui contient en lui toute la puissance d’un monde, toute la réalité close d’un monde fait, d’un monde accompli. j’explique. je marche en mangeant, bon évidement une pizza par exemple pas à un gros truc dans une assiette. donc j’explique, je marche en mangeant et là, quelque chose se passe, que j’adore voir se passer cette chose, j’adore y être quand se passe la chose : c’est que là, la marche, la marche la durée le roulis des pieds le mental et le discours dans la tête en silence, qui file, parce qu’il file, pour lui seul, là, cet ensemble, cet ensemble là de la marche de la durée du roulis des pieds du mental et du discours, cette machine, je dirais sublime machine, ensemble, sublime machine d’ensemble assemblé dans le temps d’une marche, dans la durée, dans la durée d’un corps buccal, en avant, là, là ce corps qui en même temps mange, il mange, là je sais pas j’arrive au bout, mais ce corps qui mange pris dans cet ensemble de marche et de mental et de discours, cette chose là, pour moi, cette chose, c’est la plus sublime des choses au monde. avec le t-shirt qu’on porte après avoir la veille dormi dedans.

ambre de choses coulées dans la chambre

la décharge des sentiments dans la découille, et dans le spasme, regarde, un se malaxe dans l'autre, et ils se font le vice versa, sur le lit dans la chambre ils sont deux sur le lit à attendre, la décharge, dans les sentiments, dans la découille, regarde le sang monte, les lèvres rougent, la tête colère un mot dans la sortie, dans l'air droit dans l'air, il sonne, après lui suivent d'autres mots qui sortent, suivent le premier lancé, et font la phrase, dans la colère, une ligne où chaque grelôt se suit, pour dire, l'amour dans une chambre dans une phrase de colère, entend la phrase de l'amour dans l'énergie, dépossède, c'est la phrase dans la morve et la découille, dans le lit des deux qui s'aiment les sentiments, salissent le drap, la sueur le yahourt le mot et la découille, avec aussi la morve, regarde tout est bien,

docteur

la parole de la prole à l'a qui pend le long de la ligne, un grelot, ici on
entend le tchak de l'aparole qui castre, j'avance comme un arbre, son
seul, j'ai le gen castré derrière la forêt et je coupe les rondins, je sève
l'unité des mots, la ligne longe les gouttes, je n'aime ni les gens ni les
mots, je travaille comme un bucheron, son seul, je n'aime ni les gens
ni les mots car j'ai réglé mon gen au compte des mots et j'en est fini
et de l'un et des autres

je suis pas particulièrement quelqu'un ça m'intéresse pas d'être
quelqu'un qui croit des choses je crois rien sur moi je suis une fille
autour de la fente, mais freud lui avait un vagin denté, il n'avait que
ça à la bouche, freud avait un vagin denté et un anus-guillotine,
pour sectionner ses étrons-péniens, je sais les choses parce que
j'entends très bien ce que je dis, le son est découpée dans mon
oreille, je sais ce que j'ai et freud ce que j'ai il ne le savait pas, c'est
pourquoi du début à la fin il est resté autrichien

un autrichien c'est quelqu'un de bien et moi je ne suis pas très bien
quelqu'un, j'ai fenté un coup, la parole vient de la castre, toujours
ouverte je suis pas particulièrement quelqu'un n'étant fermée à rien
être quelqu'un ne m'interesse pas, je ne me prends pas pour moi
autrement qu'aliénée à la chose de sexe paroxystique en montée de
criture, j'écris à la psychose en dessinant les phrases dans la crise du
trait

crise écrit pour la noble gen de la prole, dans le noble jus de la prose,
mais les gens brisent la ligne et ne tiennent pas la prose c'est
pourquoi les gens font la paranoia et la paranoia cache le panorama
de la crise, sinon les gens seraient normaux c'est à dire ouvertement
et constament dans la psychose

je pense pas je sens, je sens couler la mouille je suis l’arbre je veux
dire je suis un arbre c'est comme ça que je sens, je veux dire que c'est
comme ça que je sève, je sens les montées de psychose c'est pourquoi
je peux sentir plusieurs sensations en même temps car l'ascenseur à
psychose monte en moi plusieurs étages en même temps il
embrouille les seuils, j'écris et la sensation monte, je veux montrer
au cahier ce que sont les nerfs alors j’écris ce que les nerfs veulent
montrer, ce sont les nerfs qui sensationnent quoi dire, les nerfs et les
branches, la sève monte selon mon affluence de mouille alors
souvent la glaire souille la culotte, l’écorce

avant c'était la constipe et maintenant c'est la chiasse parce qu’avant
je traçais tout serré et le docteur me lisait mais maintenant je coule
la prose et le docteur ne lit plus ma psychose, avant je vivais dans
une chambre qui n'était pas ma chambre mais qui était la chambre
de la ville et je te dis docteur comment c’était, on pouvait pas faire
l'amour, on pouvait pas écrire, pas de cahier trituré pendant un an,
et pas trituré pendant cinq ans dans la chamber on restait sans rien
faire je veux dire rien énoncer

faire le travail et faire la cuisine et faire la conversation et dormir
beaucoup dormir mais pas faire mouillure, aucune aucune, et rester
comme ça au sec à la rétention à la mutique, rien laisser paraître rien
laisser sortir tout retenir comme ça, et les lèvres serrées aller
travailler au matin aller aux poireaux aller livrer la marchandise aller
au bureau à la caf s’offrir à la médecine aller faire la formule comme
ça, tu vois, mais pas faire la ligne, rien tracer pendant un an et
pendant quatre rien et un jour on se rend compte la chose ça fait
cinq ans que j’ai tenu comme ça sans pomper ma gicle ni faire mes
comptes

tenue au vide mutique mais qui n'était pas docteur le vrai vide de
criture non, je veux dire il y avait toujours les choses à faire qui
remplissait le vide, le faux vide tu vois, c’était les gestes de tous les
jours gestés sans soi, c’était le pur faire docteur c’était le coq à l'âne
du faire, le coq suivait son cours et entraînait l’âne batté des jours,
l'âne bourrait la pensée obstruée et les gestes au travail de salariat, et
le sexe docteur, c'était le sexe qui tapait, c’était la besogne du sexe
qui bourrait le trou, fallait faire danser son mulet dans le trou des
jours, avec les hommes, c’etait se lever du lit et sortir au loyer,
gagner le loyer tenir le paiement rémunéré et pas lâcher, et sans
ployer que si ya ployage ça lâche, il fallait pas lâcher le pet du
déroulé des jours, cinq ans sans gester, être chose et prise aux
coulées des chiasses qui te perdent

et maintenant dans la vie sociale tu es morte me dit le loyer qu’il n’y
a qu’en giclant que tu peux viser le vivant, alors tu sors la gicle et elle
dit la simplicité le trait au cahier sur les genoux dans la chambre,
vivre d'être au mouvement de dire te pousse hors membrane au trou
de sortie est l’entrée en gestes

la gestance naît de la poussée, on naît pas qu’une fois docteur mais
plusieurs, il y a des morceaux qui naissent pas en même temps, d'où
qu'il faut parler haché pour les faire sortir, et je dis les mots qui

passent et c’est les mots sans distinction qu'aucun mot n'a sa couleur
docteur, ils viennent et je dis franco la coulure, je connais pas les
distinctions parce qu'à un moment donné on reconnaît plus ni les
particularités ni les distinctions

et je le fais volontiers je suis pas du genre torturée j'ai la bonne
nature quand je parle c'est dans l'annonce d’un coup sec ne me
mortifie pas je suis archique, et quand je bouge c'est d'un geste je
bois d'un cul et ça descend d'un coup et quand je me touche c'est
tout de suite là où il faut je fais pas de détour qu’avant je faisais les
détours et ça m'a mené à des égarements mais maintenant je me
dirige avec ce que je me sens de gestes, t’entends

des fois il y a des choses et c'est les choses elles viennent, et je suis
plus toute seule avec les choses qui me font l'angoisse et alors tu
angoisses les choses leur donne le grain, et aussi des fois il y a des
choses qui me font faire l'action la nuit dans les endroits avec les
gens et le matin je préfère ne plus rappeler la chose, et aussi des fois
il y a des choses qui viennent et qui me font pleurer et alors je pleure
les choses et je demande pas pourquoi, que quelque part je sais très
bien que j'ai rien à décider pourquoi les choses viennent je les reçois

les choses viennent aussi en voix déjà là dire un langage continu,
t’entends, qu'alors le son noue les mots en lignes simples qui sont
vraiment simples comme là

je suis maigre peau douce j’ai vingt huit ans j’ai pas de sein pas
besoin les mains sont longues les bras sont frêles je suis sexuelle
parce que je suis pas morte qu'avant ça allait pas trop bien et j'étais
un peu morte mais maintenant c'est le présent, je passe les jours à 1
triturer le cahier 2 faire l'amour et 3 parfois les deux en même temps
je suis tritureuse sexuelle docteur j'explique, je passe du cahier fluide
au sexe, dérouler les jouis d'un côté, les mots de l'autre

ici au centre il y a un gen il me fait jouir et je passe en lui de la
jouissance au cahier, j'écris à mesure de mon appétit des choses de
sexe monsieur, quand on vient de jouir l'un de l'autre après je fais la
lecture au gen qu'on vient de jouir ensemble l'un de l'autre dans le lit
qui est un petit lit pliable, je dessine la lettre à la table et je sexe au lit
je suis mince, je tiens pas de place beaucoup dans la chambre

mes hanches étroites tracent les mots de mon être sans limite
docteur j'ai pas peur du sexe il ne fait pas peur il est doux je te dis, le
sexe est pudique mon cahier n'est pas obscène mais pudique car il
n'est pas dans la peur je ne me laisse pas entraver par la méduse c'est
pourquoi je me donne à la chose de solitude je me dis que la solitude
est sexuelle dans la phrase sans peur et dans la minceur de qui
mange peu docteur mais bois, je bois le vin pour me donner la force
de piner dans la chambre, le sexe est doux docteur et donne du
chaud, j'excite le sexe en buvant la boisson, j'agis froidement sans
plus appartenir à moi

c’est pourquoi je te prends les bouteilles d’eau minérale docteur car
ce qu’il y a de bon dans l’eau minérale ce n’est ni l’eau ni le minéral
mais la bouteille de plastic qu’une fois vidée je vais remplir de vin au
pinardier du coin

je suis une fille dans la maigreur qui aime se laisser parler par la
chose de ligne aime se laisser agir par la chose de sexe aime les gens
qui parlent de la chose qui les déporte leur corps, et vous imaginez
bien que c'est pas pour mon plaisir que j'écris toute ces conneries, je
suis pas dans le plaisir je suis pas dans la douleur je suis dans
l'absence de sensation

et la pensée non plus ne sent rien docteur, la pensée est une maladie
de fièvre, la pensée ne sent rien la pensée c'est le mal docteur je le
sais, la pensée ne change jamais elle te reste toujours en panse et elle
te mâche comme ça de l'intérieur, malheureusement la pensée ne

chôme jamais et c'est pour ça qu'il y a trop de pensées et de réalité
pas assez, il faudrait obliger la pensée à pointer à l'anpe et laisser la
réalité travailler au noir

mais la pensée t'exploite et elle tire de toi la réalité et quand tu
énonces c'est de la réalité qui te sort au gosier, et quand tu travailles
c'est de la réalité qui te sort des mains ça sort de l'usine et même le
chômage est de la pensée qui pistonne dans les caisses de chômage
pour reproduire de la réalité salariale

et dans ta chambre dit la parole, et dans ta chambre tu bois l'alcool
et c'est la réalité qui s'arrête plus de pisser, au sol la flaque de pisse
s'appelle madame prose et tu la bois, c'est pourquoi baigné d'alcool
de prose ton foie distille de la pensée frelattée qui s'évapore en pur
présent, le présent est un bouillonnement de l'inconscient et
l'inconscient est une fille bourrée du matin au soir dit la madame, et
la fille dit tu à la réalité mais vouvoie le mutisme, et dans la chambre
docteur vous imaginez bien que c'est pas pour son plaisir que la fille
écrit toutes ces conneries

je suis en train d'exister dans la ligne que je trace devant toi docteur
la coulure, j'ai quitté la vie et je te touille le savoir depuis la mort
docteur je te dillue la vinaigrette directement dans ma fente de
cagole, je ne pose pas les blocs de formes mais les merdes dans la
phrase, ma moule n'est pas formée qu'aucun savoir ne me tient la
forme et ma vie démoulée ici est pure flaque docteur qu'en vérité
aucune vie ne tient au moulage, et le présent bourre ma chatte et il
fait la spirale et la spirale me déboulonne dans le mouvement de dire
et de jouir, et je fais ça pour personne car le cahier n'a pas le désir
d'être lu il n'y a pas désir de toi dans la trace c'est l'affaire de la lettre
d'amour que personne ne doit lire te dis-je

et tous les jours ouverte tout le temps trop ouverte et morcellée
cassée je me prends tout sans rien pouvoir filtrer monsieur la force
du monde je la reçois trop vite ça vient trop fort je tiens pas le coup,
je suis niquée par la force car j’ai la pine du monde dans la tête en va
et vient ça fait plotch plotch dans l'oreille et tout le temps j'énonce en
plotch, je suis au tout venant il me va et me vient et je peux rien faire
que tous les jours recevoir la pine de merde qui me perfore la tête
docteur ya rien à faire que recevoir ça et le parler et c’est tout

ya rien à inventer docteur l’invention c’est pour ceux qui ont le
temps moi j’ai pas le temps j’ai l’espace du monde dans mon oreille
je le mâche et je digère tout ce qui passe puis je fais un texte
monsieur à savoir je revomi le vomi du monde et avec ça je fais la
beauté et c’est la beauté du texte monsieur, et tous les jours je
textualise le vomi du monde et vomir c’est pas facile il suffit pas
d’ouvrir et de laisser aller non vomir c’est un travail, c'est purger
l’ascétisme au travail, c’est pas de la rigole mais de la centration de
l’isolement et de l’abstinence, je m’abstiens de participer au monde
parce que je dois le vomir d'abord me le bouffer puis le vomir

il ne peut je t’explique il ne peut y avoir de laideur dans le gerbique
jet donné au monde car la beauté est de recracher le vomi du monde
pour pas y participer, je gerbe pour me sentir moins pleine, cracher
est la beauté, tant que je suis en monde je me cracherais tu sais, j’ai
pas à exister c’est ailleurs que ça se passe, exglutir dehors la pensée
incontrôlée, j’ai rien à contrôler on m’a vomi tu sais, je suis le vomi
que l'autre n’a pas contrôlé son jet en me faisant être, je suis le vomi-
monde, du jet jeté, et c’est de ce jeté que je vais maintenant parler

la jetée travaille en toute insécurité, l'insécurité est sa force et les
trouvailles de son insécurité elle les affirme en jet bien épais qui sort
gicler à la face des gens d'ici j'explique, ici les gens ont l'insécurité
mais pas la force de l'affermir alors les gens sont dans le problème de
la tête et ils ne trouvent pas de solutions et ils persévèrent dans les
noeuds de tête que c'est les torsions nouées de l’en tête qui font
problème, et les gens ne trouvent pas de solutions, rien rien rien,

pourtant ils lisent mais les gens s'entêtent et quand ils s'entêtent
vraiment beaucoup beaucoup j'enlève les virgules pour les
encourager j'enlève la queue de lézard de la phrase et je leur fait
parler la phrase, et ils plongent au cahier et la parlent d'un coup d'un
seul pour voir si dans le fusé de la ligne leur bouchon de noeud ne
partirait pas en éclats et c'est le cas

les gens comme nous sont assis à la cantine et on nous change de
place alors les gens comme nous sont assis à la bibliothèque on lance
la main et on attrape le livre on l'ouvre regarde et le regard fait la
lecture c'est les yeux

on reste un brin comme ça et le gen pense son lu et on repose le livre
on cesse la lecture et repense son lu tu penses les choses revois le
geste de lancer le bras prendre le livre les gens comme nous ça pense
au geste

tu brasses le langage tu le touilles à l'aveuglette de force de bras et il
donne de belles giclures au cahier

c'est pourquoi le centre est rempli de langage de pyjamas et de
médicaments, tu mets l'oeil dans les traces du pyjama et l'oeil ne fait
pas d'histoire, ce qu'on énonce sans histoire vient de la touille
aveugle du bras, nous n'avons qu'un bras à gester pour écouter un
bras ne raconte pas d'histoire

docteur je ne suis pas muette mais simplement j'ai arrêté de parler il
faudrait que tu comprennes l'étendue parle pour moi et elle a cessé
de vouloir, je crois qu'il y a des choses enlève ta blouse que tu devrais
t'ouvrir à comprendre

que nous sommes des vagues faites d'eau qui n'est pas de l'eau mais
de l'alcool de mot qui saoûle autre chose que nous qui n'avons rien à
narrer mais pourquoi je dis nous pour je

je sors de moi dans l'alcool et je me laisse vide derrière, sortie de moi
depuis mes mots rotés avec les images qui sortent des yeux, tant
qu'ils regardent je trace, tu vois, au présent je me sors le vide du
regard c'est quand je le sens qu'il me sort

avant c'était pire j'explique j'avais le travail le matin et l'enfant à
nourrir le midi puis retour au salaire l'après midi l'enfant le soir dans
le soin d'être mère de mon enfant accouché et qui n'en fini jamais
d'encore accoucher

parce que les gens ne sont pas simples ils sont dans la bifurque, un
coup ils sont dans les supermarchés et un autre dans les champs à
ramasser le légume, on mange ce que la main ramasse les choses,
puis ils sont dans la chambre

regarde un gen entre dans la chambre et c'est la chambre de l'enfant,
l'enfant est la parole pure, est le pur perlement qui ne sait pas parler,
et encore il faudra lui apprendre à parler, à compter le perlement des
gouttes de son lait

les gens ne sont pas dans les choses simples, c'est compliqué, on est
coupé en 4, en 8, en 16, en 16000 et il faut penser, la situation va
s'éclaircir si on pousse, il va falloir cogiter alors les gens lisent
heidegger on lit plotin lit heraclite

les gens lisent la philosophie mais le soir on rentre du travail et il y a
encore du travail à faire le soir on parlemente le mot qui n'est pas le
même que celui du jour au travail car le travail est le mot qui ne vise
rien

la journée c'est esclave que je suis et le soir je dois trouver le ton que
l'enfant comprenne, il faut que l'enfant comprenne que la journée je

suis une morte au travail, maman est une morte dans la journée est
niée, est coupée en 4 en 8 qui font 8 bouts d'esclaves qui font 16000
mamans niées la journée font une meute d'esclaves maman je veux
dire une meute de 16000 esclaves de journée

puis tu ranges la chambre de l'enfant car l'enfant doit apprendre à
parler, il faut une belle chambre propre pour que l'enfant daigne à
parler, puis il faut préparer le diner, maman est dans les gens parce
que tout le monde va à la caf, maman se fait parler par les hommes,
ils sont dans les maisons car ils sont propriétaires des gens qui
travaillent

les hommes ne sont pas heureux dans leur maison alors ils sortent
dans les femmes, les hommes sont des proles car ici tout le monde
est un prole, un prole ce n'est pas tout simple car il y a beaucoup de
choses à faire quand on n'a que les gestes pour survivre, il y a trop à
faire et ça déborde, les objets débordent du supermarché et les mots
se dégueulent il y en a trop, c'est étouffé il y a trop d'espace et de
temps pas assez

les gens ne sont pas dans le possible mais sont refoulés du possible
et c'est le travail qui refoule, le travail est la pompe du jour qui
refoule son gen hors du possible, il faudrait arrêter de parler, dit,
arrêter le meurtre de la palabre, le discours usine de jour et nous tue,
il faudrait un silence la nuit qui ne soit pas le silence d'absence de
bruit mais qui soit le vrai silence du mutisme, l'arrêt du sens, et
l'arrêt de l'autre, et l'arrrêt du travail

qu'il n'y ait plus de chambre et plus d'enfant dans la chambre, l'arrêt
de la lumière, il y a besoin d'arrêter le travail du capital, si les proles
sont aux supermarchés c'est que les proles ont le besoin d'achat, et
les proles ont les mêmes besoin que les riches mais en pire parce
qu'on les oblige à avoir leur besoin de prole alors que les bourges
croient créer leur propre besoin

la maman a les besoins de mamans identifiées, les besoins d'homme
et d'enfant aussi sont identifiés car c'est totalement identifié, tout le
réel est passé au possible et tout le possible est complètement
bousillé parce que tout a été identifié

l'enfant ne le sait pas encore mais bien sûr il est déjà identifié, il
faudrait que l'enfant refuse une bonne fois d'apprendre à articuler
pour ne pas être identifié, à savoir mis à mort

mais l'enfant ne refusera pas d'apprendre à articuler, car l'enfant
aura envie d'apprendre à articuler ce qui est normal surtout pour un
enfant, car on oblige l'enfant a avoir les envies et l'envie d'apprendre
à articuler est la première envie

extrait de traduction

Andreas Münzner / Arno Calleja : à la bétonnière



„die wahrheit sagt das mädchen die wahrheit ist dass der kopf ein übel ist der kopf ist ein übel für das denken und umgekehrt ist die wahrheit dass der körper ein gut ist sagt das mädchen der körper ist ein gedankengut und drum ist es gut weit weg vom kopf und nahe beim körper zu denken sagt das mädchen denn das denken ist die zentrifugale innere bewegung des betonmischers und es ist gut weitab von der zentrifugalen kopfbewegung zu denken denn denken heisst den körper vom kopf entfernen und der gute denkabstand ist die entfernung sagt das mädchen und ich suche die absolute entfernung zwischen mir und mir sagt das mädchen denn der gute sprichabstand ist die trennung und drum darf man um kopflos zu sprichen gegenüber der wortspritze nicht in rückstand geraten die uns aus dem hals unserer flasche spritzt sagt der junge und um ohne gegenüber der spriche in rückstand zu geraten denken zu können muss man innerhalb der spritze sprichen ohne sich um das dabei herauskommende denken zu kümmern denn das dabei herauskommende denken ist ein spritzunfall und um ohne durch sein denken verwirrt zu werden sprichen zu können muss man all die klebe in seiner spriche weglassen die uns an den bindet der man ist und drum muss man um sich zu entbinden muss man verschwinden und ich verschwinde ein bisschen sagt der junge und die worte helfen mir zu verschwinden die worte schlagen eine bresche in mir die mir hilft in der luft zu verschwinden sagt der junge und im wasser und in den wänden und in den tropfen in den wassertropfen die von den wänden perlen zu denen ich werde in den worten die mich in anderen betonmischern voller wasser verschwinden lassen in dem ich mich nicht mehr spiegle und drum schwitzt mich das sprichen spricht’s mich löst mich auf und verdampft mich verdampft mir das fleisch und drum habe ich kein ich mehr im fleisch und kein fleisch mehr im kasten sondern nur tropfen ich hab nur schwitztropfen tropfen die den raum überschwemmen und der ganze raum schwimmt im getropfe und das licht nimmt zu und nichts spiegelt sich in den tropfen ausser das licht das bleibt denn das licht ist bilderlos und das ich fliesst ins bilderlose sagt der junge und das licht ist reines denken denn das licht kommt nicht vom himmel sondern das licht kommt direkt aus den gegenständen und die gegenstände kommen aus dem denken der menschen denn der mensch macht die gegenstände und der mensch macht keine bilder sondern nur gegenstandsdinger für die hände und drum ist das denken bilderlos sagt der junge und drum mache ich gestendinger ohne dabei die worte zu sagen sagt der junge aber ich komme allein mit den gesten nicht aus mir heraus denn der wortbetonmischer rührt mir in den eiern und das rühren hilft nicht den sand aus dem eiersack zu kriegen denn der betonmischer rührt im mark und bringt den sinn in den menschenbrei aber der betonmischer hilft nicht weiter und man kommt nicht aus sich heraus und drum komme ich nicht aus mir heraus sagt der junge und so bleibe ich so“

revers

il y a toujours un revers à toute chose, c'est à dire que la représentation que l'on a de toute chose a toujours un revers, la représentation d'une chose en tant qu'elle est la représentation que s'est faite la majorité des personnes a toujours un revers, et elle est toujours fausse, c'est le revers qui est toujours vrai en définitive, c'est le côté biaisé de la représention que personne ne perçoit qui est toujours vrai, le côté biaisé personne ne le perçoit et c'est dans ce côté là (que très peu de personne percoive) que se passe vraiment la chose en fait, que ce passe l'évenement de la chose en fait, par exemple si je prends un exemple on verra bien ce que je veux dire et on verra bien que ce que je dis est vrai en fait, par exemple si je prends l'exemple du 11 septembre, par exemple, il suffit que je dise les mots 11 et septembre pour que d'un coup tout le monde ait les mêmes représentations, par exemple tout le monde voit, si je dis 11 semptembre, tout le monde voit deux tours qui s'effondrent, ça c'est évident que tout le monde voit ça au même moment dans sa tête deux tours qui s'effondrent, et aussi on voit des gens qui se jètent par les fenêtres, des gens en chemises blanches qui se jètent des fenêtres des tours, encore que là déjà on soit un peu plus au bord de la représentation parce que le fait est qu'on aie pas vu trop les images des gens qui sautaient par les fenêtres et qui se crachaient en bas, parce que c'est images là ça n'allaient pas trop, et là ça commence un peu à être le biaisé de la représentation les gens qui tombent des fenêtres en chemises blanches parce qu'on a pas trop voulu nous laissé entrer ça dans nos têtes, là ça commence à être un peu le revers, et les survivants, si je dis survivants tout le monde a la réprésentation des survivants du 11 septembre, des gens traumatisés dans la rue tout enfarinés de plâtre ou d'on ne sait trop quoi et qui marche et qui sont perdu dans leur trauma, et qui ne comprenne pas, complètement commotionnés, et on imagine, autre représentation, on imagine les gens dans la tour qui bossaient le matin et qui on vu un avion d'un coup en face leur venir dans la face mais là aucun survivants ne racontent ça, le revers de la représentation de l'évenement il est dans ce que disent les survivants en fait, quand on les laisse vraiment parler, quand on les laisse vraiment parler longtemps et qu'ils arrêtent de réciter et qu'à un moment ils commencent vraiment à parler de leur expérience à eux, de leur expérience de survivants, par exemple les escaliers, les survivants ils étaient dans les tours ils travaillaient et ils on entendu un bruit de dingue, et ils sentaient qu'il fallait pas trop resté par là et alors ils ont pris les escaliers, parce que les escaliers ça va plus vite que les assensseurs, contrairement à ce qu'on pense, parce qu'il y a pas à attendre un escalier, il est toujours là l'escalier, et la plupart des survivants qui ont pris les esclaliers et qui on réussi à sortir des tours ils disaient tous que selon eux, le gros bruit et tout qui tremblait dans les tour c'était un tremblement de terre selon eux, certains avaient déjà eu l'expérience d'un tremblement de terre dans leur vie et tout de suite ces gens là ont dit ''c'est un tremblement de terre ça, il faut descendre par les escaliers'', et l'eau, ça personne n'en parle de l'eau, parce que personne ne peut imaginer que dans les tours qui allaient bientôt s'effondrer, il y avait de l'eau qui coulait de partout, de l'eau partout coulait dans les escaliers, dans les couloirs yavait des ruisseaux, partout de l'eau, sans doute des canalisations des tuyaux je sais pas des choses comme ça qui avait éclaté et partout de l'eau coulait dans les escaliers, ça on peut pas s'imaginer ça dans nos représentations du 11 septembre, parce qu'il est dur de percevoir le revers biaisé de l'évenement qui est la vrai représentation de l'évenement, l'eau, qui est dans les petits détails pas très spectaculaires, et le calme, ça le calme personne peut l'imaginer, mais les survivants descendant l'escalier l'ont raconté le calme, le calme de la descente, les survivants qui étaient dans la tour et qui en sont sortis sont sorti par les escaliers, bon, des gens pétaient les plombs et d'autres gens assurés et ils prenaient en charge un peu la descente les évacuations, ils appelaient dans les téléphones, ils organisaient au mieux tout ça, de façon improvisée, ils essayaient de calmer les gens qui pensaient à la mort et qui hurlaient mais globalement les escaliers tout le monde les descendaient dans le calme, il y avait même des gens qui rigolaient, une survivante raconte je l'ai lu qu'à un moment donné un groupe de gens rigolaient en descendant les escaliers, ils y avait des personnes qui déringolaient en descendant les escaliers, les personnes un peu grosses ou les personnes un peu âgées dégringolaient dans les essaliers mais globalement c'était calme, et avec de l'eau, avec de l'eau régulièrement qui coulait dans les escaliers, la descente était longue et calme parce qu'il n'y avait aucune alternative, il fallait sortir, les gens ne savaient pas si c'était un tremblement de terre ou un incendie mais il n'y avait même pas vraiment à se le demander parce qu'il n'y avait rien à demander, il n'y avait qu'une chose à faire c'était : descendre les escaliers, et on ne laissera jamais un survivant jamais on ne laissera un témoin dire ''pendant que les tours s'écroulaient pendant que c'était la pure atrocité moi j'étais dans les escaliers et je suis tombé et quelqu'un m'a aidé à me relevé et on a rigolé et il y avait de l'eau qui coulait et je descendais un escalier avec beaucoup de monde et c'était calme'', personne aucun journaliste aucun politique ne peut laissé cette personne dire ce qui est le revers de l'évenment, personne ne peut la laisser dire la vérité du revers de la représentation majoritaire et hégémonique, à savoir ''pendant que les tours s'écroulaient pendant que c'était la pure atrocité moi j'étais dans les escaliers et je suis tombé et quelqu'un m'a aidé à me relevé et on a rigolé et il y avait de l'eau qui coulait et je descendais un escalier avec beaucoup de monde et c'était calme, et j'en suis sorti, et sorti calmement, et arrivé dans la rue on s'est habrité dans un café'', cette survivante, elle ne peut pas raconter son expérience, parce que le pouvoir est batti sur des représentations très fortes et que la simple expérience de cette femme pourrait ébranler les fondements de ce pouvoir, le simple faits de dire '' pendant que les tours s'écroulaient pendant que c'était la pure atrocité moi j'étais dans les escaliers et je suis tombé et quelqu'un m'a aidé à me relevé et on a rigolé et il y avait de l'eau qui coulait et je descendais un escalier avec beaucoup de monde et c'était calme, et j'en sui sorti, et sorti calmement, et arrivé dans la rue on s'est habrité dans un café et on nous a donné des bouteile d'eau '', le simple fait de dire ça, ça va pas, ça cloche, ça fait clocher la grande représentation, ça montre le revers de la grande représentation et ça la biaise, parce que les gandes représentations se font toujours biaiser par la vérité, les grandes représentations ça se fait toujours biaiser bien profond par les micro vérités, mais très peu de gens le savent, par définition,

le cahier le matin

on est dans le défait et on pleure, sauf le matin où on s'arrête de pleurer pour se lever travailler, on cesse et dans le matin au travail, je veux dire dans la machine on met l'essence, parce que la machine aussi fonctionne dans le défait et elle avance avec les hoquets et les fils en pendouille, le phare il n'a plus de phare, c'est pourquoi on ne roule que le jour sur les routes au travail, le matin,

dans le jour seulement qu'on peut rouler à la vue la radio le matin une mère de famille de 35 ans tue ses enfants, c'était hier, une mère de famille de 35 ans a tué hier ses deux enfants de 5 et 9 ans avant de se tuer elle même à Saint-Aulèste dans l'Hérault près de Montpellier, c’est le mari qui a découvert les trois corps au domicile de la famille en rentrant de son travail à midi en voiture, avec la radio, il rentrait pour manger chez lui avec la voiture, tout ça selon le parquet qui a lui-même confirmé une information donnée par France Bleu Hérault,

le matin le travail peut se faire, une fois qu'on arrive,

les deux enfants ont été tués avec un fusil de chasse selon les premiers éléments de l’enquête la mère aurait retourné l’arme contre elle ensuite, c'est ce qu'on imagine en ce moment car aucun document n’expliquant le geste n’a été retrouvé à ce stade des investigations dans la maison,

après à la radio les filles on leur fait l'interview, elles disent les gens misent sur le business, c'est clair maintenant les filles travaillent pour les nouvelles compagnie, et un double anal ça leur fait peur au début mais rapidement elles surmontent la peur, elles ne le font pas toujours au début et ils ne faut pas leur mettre la pression mais finalement elles le font sans pression, juste en voyant que les autres le font par mimetisme elles se disent c'est bon je le fais je peux, disent les filles,

pourquoi tu veux faire ça, parce que j'aime baiser elle dit, il dit ah ça c'est une réponse, elle rigole, et quand as tu commencé le sexe, à quinze ans elle dit, tu crois que c'est jeune, oui, combien de gars as tu eu, quarante trois, ah, et le plus vieux avec qui tu sois allé, trente deux, ah, mais tu sais que j'ai plus de trente deux ans, ah bon, ils rigolent, bon on n'a pas à compter tout le temps non, oui c'est vrai, bon il dit, bon tu sais jai vu des photos de toi il y a deux semaines de ça, oui, et je crois savoir que c'est les premières photos que tu as faites, oui c'est la première fois, ah je suis honnoré alors, oui, oui mais le photographe a essayé d'aller plus loin, ah, mais j'ai pas marché, ah très bien, et alors le type était vexé et puis toute façon c'était un pauvre type et vous avez bien dû voir que ces photos elle sont râtés, non tu es canon, oui d'accord mais les photos elles sont mal faites je veux dire le mec il avait rien dans la tête aucun talent dans la tête il a shooté avec son appareil ce qu'il y avait devant lui et basta alors qu'il aurait pu vraiment faire des pures photos parce que j'étais vraiment prête à aller loin et à passer du temps et tout parce que ça m'intéresse l'art et bon même l'art érotique ça m'intéresse sauf que lui l'autre râté de photographe il a fait ses cinquante clichés pourraves et tout de suite après bien évidement il pensait qu'à ma tringler que c'était gros comme une maison que tout son baratin au mec c'était juste pour en arriver là que je le suce un coup et qu'il me tringle un coup sauf que moi quand je l'ai vu venir je me suis vite rhabillée je me suis vite repris mes affaires je me suis allumée ma clope en me remettant mes pompes et un gros coup de mégot dans la joue que je lui ai donné juste comme ça juste comme une vengeance anticipée juste d'avoir vu qu'il voulait me sauter je me suis auto vengée en anticipé au mec, ah et après, ben et après rien,

le matin une fois qu'on est arrivé le travail il peut se faire

je suis la jouissance car je suis l'être et que

je suis la jouissance car je suis l'être et que tout être est de jouissance, aussi je sais faire le mal car c'est la parole qu'on fait mal, et je suis la jouissance de l'être qui parabole dans le discours car le mal tient à la ligne je veux dire le mal est le corset de mots qui nous tient le bide.

l'être est dans le mal on peut dire que l'être est dans le mot mal mais tout aussi bien on peut dire que voilà l'être est dans le bien car c'est tout versible cette histoire de mots de bien et de mal. c'est tout réversible dans la même farine et c'est pour ça que, goncé dans le corset de mots, on sent le bien un moment et on sent le mal un autre, et on sait jamais sur quel pied parler, la raison un jour la déraison un autre, et c'est cette alternance que j'appelle versibilité, toute cette versibilité est le propre de la jouissance, pour nous qui sommes, qu'on le veuille ou non, jetés dans l'être du discours, de l'école primaire jusqu'au rayon frais du supermarché.

les supermarchés sont des entrepots de manger et l'entropie des produits frais est plus fulgurante que j'usure des boites de conserve. nous défilons dans les entrepots pour se nourrir les enfants, les enfants sont insupportables au rayon hifi c'est pourquoi nous les cageons dans des caddies de feraille. le caddie fait la course au rayon hifi et se scratche dans les courgettes, c'est pouquoi les enfants naissent dans les choux et meurent dans les courgettes.

nous supermarchons très souvent les week end, je veux dire c'est irrémédiable que tous les week end nous supermarchons super vite et la semaine très lentement nous nous laissons dicter la liste des courses du week end on se recopie sur une grande feuille la liste des courses du week end et alors le week end c'est bon 1 2 3 partez.

je me suis retiré du supermarché et je suis allé dans l'être qui tournait autour de moi. depuis ma naissance je sentais l'être et je savais la dimension de l'être parce que depuis tout petit je sentais derrière moi et plus précisément je sentais derière ma tête me tourner un être qui s'est révélé être l'être lui-même parce qu'un jour je suis rentré en lui, en me jetant très fort la tête vers l'arrière je suis rentré en lui et alors je me suis rendu compte que tout ce qu'on raconte sur les mathématiques est faux, tout ce qu'on raconte sur l'adn est faux, tout ce qu'on raconte sur la biologie cellulaire est faux et d'une manière générale je me suis rendu compte de toutes les faussetés qu'on nous a forcé à apprendre et je me suis rendu compte que tout le régime général est une grosse fausseté générale.

alors j'ai cessé de tourner autour des supermarchés et l'être s'est mis à me parler parce qu'il y avait d'un coup beaucoup de silence loin des supermarchés et dans le silence l'être pouvait me parler.

et ce qu'il me disait était dans une langue incompréhensible qui est la langue de l'être et je ne comprenais rien à ce que l'être me disait et j'étais bien embêté. mais comme je ne comprenais rien à ce qu'il me disait je me suis mis ç lui répondre j'étais très énervé j'étais sorti des supermarchés et j'avais laissé toute ma carcasse quelque part et je l'avais suivi alors maintenant j'étais là et je me suis mis à lui parler et tout ce que je lui disais il ne le comprenait pas parce qu'il n'entendait pas parce qu'il n'entendait que la langue de l'être et que je n'y était pas mais le mouvement y était et le mouvement s'est mis à basculer de mon côté et j'ai continué de lui parler dans ce mouvement d'élocution à moi qui passait par dessus la séparation et par dessus l'incompréhension pour toucher quelque chose de moi et plus précisément quelque chose du temps parce qu'en passant sur l'être je m'adressais à cette entité du temps dont j'étais la coordonnée dans l'espace si bien que je me retrouvais dans le mouvement du discours qui m'énonçait moi-même tel quel en trois dimensions nappées d'une quatrième qui est celle du temps.

j'étais une partie parlante de l'ensemble et en même temps j'étais l'ensemble muet de toutes les parties parce que je venais de trouver la dimension du temps dans laquelle j'avais trouvé la mobilité absolue, tout cela grâce à l'être que je n'avais pas compris et ne comprenais toujours pas.

le temps se déroulait en moi selon une loi de désorganisation des crystaux moïques à reflexivité crisique, qui était une loi du temps que je subissais et que je ne comprenais pas, mais qui était une jouissance de cette loi du temps en action en moi, dont j'étais l'être de jouissance je veux dire l'inteface par laquelle le temps spatialisait sa jouissance.

cahier

, un arbre est un cerveau simplifié, c'est à dire que je parle de bois ramifié, mais je veux aussi parler d'adn, je veux parler de ce codage sous pression dans la transmutation de la viande, pour ne pas dire sa fabrique. Je veux parler de ce transfert sans âge du contenant humain, d'un point à un autre plus loin. Un arbre déplié de feuilles est un cerveau simplifié, une vieille machine à voir, pour ne pas dire à parler, une ancienne machine à fonctionner cassée. Les gens voient que l'arbre s'est arrêté de parler, il y a à peu près dix millions d'années, parmi les dinosaures, alors que l'homme ne s'était pas encore relevé.
Les vieilles choses retournent à la mer alors que pour l'homme c'est l'inverse, un beau jour il en est sorti. Il ne s'appelait pas encore monsieur l'homme. Mais aujourd'hui que nommé, pour ne pas dire chosé, l'homme est déjà une vieille chose et les gens pensent régulièrement à en changer.
Le calendrier nous unit, nous fait homme humain autant que les mots de la colle du cerveau.
Le transfert est la maladie de l'homme humain qui ne s'est pas reconnu dans la boule d'angoisse qui lui colmate le vide. Alors il fout tout le pressage de sa boule d'angoisse dans la gueule de l'autre, alors que bien sûr l'autre il a rien demandé. Aussi, le plus désublimé des découillages ne va jamais sans un transfert bien emporté.
Je ne sais plus où j'ai mis mes bottes mais c'est pas ça qui m'arrêtera.
Je perle à raison d'un caillot par ligne, je cahiète le caille du mot et je le rend à son lait par succésifs pressages fluidifiés.
Je vis de rien et c'est de cette force que je tire tout.
Je vide tout de mon être vacant et le vidage est sans fin, et chaque jour je vais à la traite, et le lait-cahier sort toujours neuf, chaque jour, le lait duquel le nourrisson s'engendre, son sperme propre, les mots les sons, la leçon du vide : que tous les jours il y a beaucoup à boire.
Je presse et ma peau suinte le lait et le grain.
Je presse et j'assiste la sortie, mon rôle de vie : assister le pressage du texte de la beauté.
Les choses se font. Je reste de marbre.

cahier

l'angoisse est le signe que l'objet s'approche. quand on sent l'objet dans le serrage de l'angoisse, il faut s'auto-tourniqueter un coup, et trouver la force dans le pivot centrifugeur pour passer l'angoisse à la langue. là, parler la boulette, qui est l'informe roulette, dans la vitesse, à la langue. c'est le moment de la naissance de l'amour. tout le monde le sait mais on l'oublie vite. personne ne veut trop longtemps trainer par là. l'amour aussi donne les angoisses et l'angoisse passée à la langue libère de l'amour-névrose.
dans l'angoisse il y a un geste à faire, c'est la touille. la touille de la moelle est le geste, comme un geste patissier. touiller constament la langue met à distance l'hémorragie. mais une fois la langue a l'arrêt, l'hémorragie réapparait et c'est l'inonde. en général l'hémorragie n'a rien où s'arrêter, dans les mains coule du nez la moelle à parler, le perlement ne cotérise jamais. les mots à la bonde l'écoulement de l'évier le débouchage à la soude.
aujourd'hui l'évier est bouché et quand j'aurais bien touillé je te chercherais partout pour te rendre tes cheveux.
derrière les yeux est le mode d'emploi : le sang monte, les lèvres rougent, la tête colère un mot dans la sortie, qui est vitesse, suivent des mots qui sortent, il suivent le premier rot lancé dans la colère, une ligne où chaque grelot se suit, pour dire la sortie dans la colère.
la bonde regarde ce qui passe, mot cheveu bave, à fond le couteau dans l'oeil. alors la vue laminée, on continue dans le couloir les mains lissent les murs.
ici un exercice de décharge.
le couteau fond dans le feu, dans la fièvre on est dévié de la raison, le couteau fond dans le feu et la lame coule par terre une flaque d'argent, l'argent est l'angoisse, est l'angoisse + la circulation.
'' les objets cessant de s'identifier avec les symboles verbaux par quoi nous les possédons, les faisaons nous, pensant Qu'est-ce que c'est ?, pensant Mais qu'est-ce qui m'arrive Qu'est-ce qui se passe ? ... "
les camions sont des murs mobiles les murs sont des camions à l'arrêt.
toutes ces années à marseille où je ne faisais rien, véritablement rien, vraiment emporté vers rien, mais emporté par des choses. ce sont ces choses qu'aujourd'hui, mises à jour, je laisse parler.
maintenant je dessine les cahiers. l'écriture des phrases donne quoi dire au dessin.

je pompe ma mayonnaise depuis que je suis enfant ( cahier )

je pompe ma mayonnaise depuis que je suis enfant dans la chambre enfantine, qui est la chambre enfantine, dans la criture intestine, je zone en moi et je macère parce que je macère dans l'attente j'attends ma phrase attends un commencement de phrase qui fasse de moi un être qui commence, l'enfant débutant attend qu'une poussée l'extirpe d'ici et le pousse au dehors d'un commencement à faire, l'enfant dit j'attends et dit que cette attente c'est de l'écrit, du bon vieux tracé, l'enfant dit je zone en moi dans la vacuité d'être là dans le névrosé qu'on a fait d'moi à peine enfant et d'jà vrosé l'enfant dit je suis le sculpté dans la nécrose qui tient la pose sans bouger je ne bouge pas puisque j'attends et qu'attendant je dis que je fais la criture qui est une vraie criture de passivité une vraie œuvre de nullité j'attends le tremblement du commencement j'attends d'me faire perforer par le jaculé du trait d'écriture commencé dit l'enfant on écrit quand on écrit pas on écrit dans la nouille d'impossibilité dans la nouille de non-pensée on écrit quand on ne peut rien faire des mots on n'écrit dans le trou d'empêche où ne pouvant rien faire on peut tout faire où ne pouvant parler les mots on peut tout dire c'est le retournement étrange qui fait de l'impossible une chose qui commence qui commence à se faire là devant nous dans l'écrit d'la vie commencée

ça commence toumonde i passe à la langue on baigne au passage dans l'humeur d'la langue est de la salive on criture à la salive toumonde parle dans son bain on est traversé de la même humeur toumonde perler pareil et les humeurs d'la langue te traversent fluide tu es pris à la fluidance je suis le fluide du monde tu dis je suis vécu à la fluidance de langue agi les humeurs m 'avancent elles me parlent en fluidance s'étirent en moi je suis là tranquille émile fluidité d 'langue étirée jusqu'au sang l'humeur est le sang on criture au sang passent les humeurs coulent au corps la langue perle la force de ce qui coule arrive à toumonde est pris dans le coulis on ne se noie pas on boit

on nage dans l'alcool de criture je pousse ma brasse j'éclabousse mon monde je fais gicler crachure de giclure je pleus aujourd'hui il pleut et toumonde est émerveillé de la beauté c'est la beauté de la pluie la giclée rebondit et toumonde émerveillé des rebonds de la beauté l'émerveillement est regardé toumonde n'est qu'un seul oeil concentré dans le seul regard sur la beauté toumonde est merveille et regarde la giclure qui est une giclure de pluie et toumonde est mouillé de ce qu'il voit dans l'oeil une giclure de pluie est une giclure de sperme qui tombe du ciel et qui est une giclure d'eau et une giclure de pétrole et une giclure d'éther qui gicle on est émerveillé par une giclure d'éther qui est un mélange de sperme à l'éther avec de la salive d'urine il y a de l'urine dedans qui nous gicle dessus et nous inonde la vue du ciel c'est l'oeil qui regarde il est mouillé il est émerveillé de la beauté d'une giclée pure qu'on dit giclure et qui est une giclure de sperme et qui est une giclure de jus d'orange et de pétrole et de larmes qui ne sont plus salés pour avoir macérer trop longtemps dans la gouttière qui nous gicle dessus une giclure rouge qui est une giclure de sang avec dedans de la giclure de gicle qui est une pure giclée de rien sans couleur sans matière sans odeur et qui est un émerveillement d'être dans le rien qui gicle tout son saoûl

on est soi-même d'la masse en jet je veux dire du corps giclé on est soi-même toumonde toumonde est ça même que je disparce que je me sens le bouillon toudedans qui boue et l'enfant dit je suis un amas un amas tassé un tassé lancé un jet d'force qui s'élance poussé par de la drogue diffusée directement en giclure de drogue giclée dans ma peau en giclure intra-veinée dans le sang directement giclée dans le sang où circulent mes globules ordonnent aux muscles la contraction d'action pour me lancer au devant comme seul peut s'élancer un corps drogué je parle dit l'enfant dans l'élancement de la drogue elle me donne un corps animal la drogue dépoile la conscience la drogue nie la conscience et ouvre la giclée de drogue la drogue déplie le grand voile du cerveau reptilien sur lequel s'éclatent les molécules de langage qui giclent en retour et se répandent et giclent partout autour sur le sol et sur les murs et sur les toiles de peinture et sur les visages d'autruis et les giclures de molécules remplissent les pots vides d'une pluie de drogue qui nous aidera à perler quand les nuages viennent on est content mais c'est nous même qui pleuvons on est soi même d'la masse à jet et dl'a giclée droguée et c'est ça qui nous fait parler comm'on l'fait à savoir comme un piston drogué

en parlant je pistonne ma moelle pour en faire de la mayonnaise et quand je trampe mon zob dans la mayonnaise je fais rire les enfants et c'est déjà ça de gagner car la mayonnaise est une matière en expanssion constante et ça einstein s'est bien gardé d'le dire et d'ailleurs dans le mot einstein il y a le mot pierre c'est pourquoi einstein aimait se rouler dans la farine einstein aurait aimé être un beignet et ça ça n'a jamais fait rire les enfants les enfants sont cons mais pas au point d'aller voter d'ailleurs ils le feraient qu'ils ne le pourraient pas car ici majoritairement les enfants n'ont pas la majorité les enfants sont pourtant volontiers de droite c'est pourquoi si un jour je retombe en enfance je militerais chez les anarcos-pompistes

je pompe ma mayonnaise depuis que je suis enfant et les adultes mâles viennent volontier planter leur zob dans ma mayonnaise je ne suis pourtant pas un pot bien que je tienne droit d'ailleurs plus je parle plus je tiens droit et je n'ai pas l'intention de me taire ni d'être allongé je fais toujours l'amour debout pour pouvoir continuer de parler ce que je voudrais c'est dormir debout dans la parlement et continuer le mouvement dela ligne sans savoir et ne pas faire de vague et pouvoir tout penser sans bouger et sécréter moi même ma propre mayonnaise droguée et être l'oeuf monté de la parole droguée voilà ce que je voudrais

tas

tu parles d’un tas à savoir de ce que tu es c’est simple tu te sens tassé et la p'role te fait un moi et te constitue en tas de mots qui est de mots sensés de sens figé le parlement fait son tas en toi son tas d’égoïté fermée tu te sens le tas et ce sentiment tu l’appelles moi c’est comme ça que tu te vois et te sens c’est comme ça que tu te perles au tas parce qu’il est plein de mots de lignes et tu crèves ce gros tas lui troues la panse pour faire sortir le trop plein que les mots de lignes prennent l’air un peu qu’ils sortent et se détassent et parlent d’autre chose que toi par exemple qu’ils parlent un peu d’eux qu’ils s’autonomisent un peu et qu’ils aillent voir ailleurs si tu y es dans le tas de mots de lignes enroulées


parce que tu ne parlementes pas trop dans les phrases mais plutôt dans ton tas avec les moyens du bord tu te tasses pour faire rempart à la p'role et te condenses en gros tas compact qui fait face puis tu te lances jetant d’un coup la parle pour être autre chose qu’un tas de lignes et penser avec un autre matériau


puis tu enlèves les décombres et tu les mets dans le pré tu encombres un tas dans le pré et c’est le tas de toi je veux dire que c’est toi en tas et tu te transportes à la pelle tu te débarrasses et te liquides et ne veux plus entendre parler de toi tu te soldes en l’état et te poses dans le pré


après tu dis je tiens bien en moi je suis bien tassé et tiens droit je me débarrasse du quelqu’un et je passe à quelque chose à savoir au tas je suis quelque chose de transporté à la pelle un tas dans le pré j’ai choisi le pré et je me suis choisi en tas et quand on me passe devant on ne me voit pas je veux dire qu’on ne voit pas que c’est moi qu’on ne me reconnaît pas on ne reconnaît pas le quelqu’un que j’étais mais ceux qui ne me connaissaient pas ils reconnaissent un tas et donc il me découvre et donc on fait connaissance sauf si ya du vent si ya du vent je disparais et on fait plus connaissance on fait plus rien du tout on fait une promenade sans croiser son tas on marche on flotte dans le vent on est détassé de soi et décombré de son roi on a disparut on a réussi son coup on laisse le pré tout propre i reste plus qu’un pelle qui servira pour un autre


un tas ça sert à ça ça sert à dire à dire je donc ça m’sert de corps de grammaire ça m’forme un corps ça sert à faire un mot qui fait un corps une forme de corps venue du mot qui est le mot tas formé et qui corpore un je dans la p'role un je dont j’ai bien besoin pour besogner le je j’ai bien besoin d’être un je sinon chui un ça et on me met dans la poubelle alors faut que choi un je pour qu’on me mette en boite qui est la dans la boite à pronom où on prononce mon identité où on m’emboite à l’identitaire et que je jète ma boite à la poubelle c’est moi qui doit faire le geste ça sert à ça ça sert à s’mettre soi dans la poubelle pour que l’ordure dise je pour identifier le jeté pour que je me décompose et que je compose un tas ça sert à faire son tas pour faire front pour faire face et effacer sa parle pour n’être qu’un tas un tas bien à soi et s’arrêter d’parler


je suis de la masse cellulaire d'un corps de cellules perlantes un corps formé un tas de cellules amalgamées en corps suis une forme cellulaire et ne suis pas dans du moi mais dans du tas je suis parlé par ce gros tas qui dit je et je ne suis pas le je que je dis je suis l’informe du tas cellulaire formé qui ne parle pas depuis moi mais depuis mon tas


c'est pourquoi je combats la censure je ne filtre pas mon perlement je suis l’anti-filtre je suis le filtre-filtre je décensure la perle de ce gros amas de cellules en tas qu’on appelle moi et qu’on appelle corps et forme et homme homme formé à être être formé d’un moi je suis le mouvement de décensure qui fait de la p'role un geste qui ne se retient pas et je m’identifie à l’acte du parle décensuré m’identifie absolument à cet acte de libération décensé de pure pensée non attribuée de pure intensité de pensée décentrée du moi du corps formé au moi du moi formé à l’être j’éradique le mort censé qui parlait en moi et m’identifie au vivant insensé qui geste en moi et que je ne retiens pas et que je pose devant moi en tas


là je suis cloué en moi mais parfois je sens un mouvement et je le comprends pas mais je le sens et j’ai peur j’ai peur que ce soit le mouvement d’la mort et je morfle le mouvement sans jamais avoir rien demandé bon avant j’avais questionné mais j’avais jamais rien demandé et maintenant je me morfle le mouvement et ma tête c’est la dévastée et là le mouvement a passé il a saccagé et j’ai plus rien vu et j’ai plus rien compris et me suis fait saccager le mouvement est passé et i m’a morflé et là i revient encore c’est pas fini ya des restes ça revient sans que j’le demande le mouvement c’est ce qui vient quand on ne demande plus rien et je me morfle le mouvement je comprends pas l'en moi ce qui le meut le mouvement tamise ma tête c’est une plaine déserte ma tête une plaine où ça souffle ça emporte le sable des cellules ça nettoie le reste l’emporte ma tête est mue par ça qu’elle comprend pas pourquoi elle se meut en pensées qu’elle ne comprend pas ma tête ça souffle dans la plaine ça souffle et c’est la purge et je purge ma joie de morfler le mouvement soufflé qui saccage ce qui me reste plus rien que le souffle en mouvement c’est terrible le souffle que je sens c’est terrible parce que je l’entends dans le souffle terrible que je ne comprends pas c’est terrible c’est lui c’est le souffle qui me fait parler et je ne le comprend pas tu dis

subvention

la maladie est dans la bouche et quand on parle ça fait sortir la maladie, je suis sain d’esprit parce que je sais où est la maladie, personne ne me croit quand je dis qu’elle est dans la bouche, personne ne se retourne sur son creux pour vérifier ce que je dis, personne ne pense porter la maladie personne ne la voit sortir de lui personne ne voit sortir la maladie de son parlement à lui donc personne ne parle vraiment puisque personne n’entend le son malade du perlement de son creux, yen a qu’un qu’entend sortir la maladie yen a qu’un qui parle qui parle dans le savoir de la maladie

dans ta bouche il y a la maladie il te faut te retourner sur ta parole il te faut aspirer le parlement pour retourner ta maladie, tu ravales ta perle pour touner autour de ta guérison, sortir la maladie du creux ça pose la guérison, c’est pas compliqué on doit continuer de perler même si yen a qu’un seul qui perle sa bave et même si c’est pas très sain de tourner autour de son esprit on doit encore se retourner dans l’esprit pour récurer la maladie, comme si ça démangeait fort le tube et qu'on grattait pour récurer l'épidémie, on écorche sa momie intérieure on lui fait prendre l’air c’est pas compliqué ya un geste qui doit être fait on doit pas hésiter on le fait on a localisé la maladie maintenant i faut intervenir c’est pas compliqué on doit continuer de presser la perle on doit continuer de perler

c’est la maladie qui donne la pensée, c’est la maladie qui donne l’envie de parler, la maladie est une force une singularité une nouvelle manière de sentir et de penser la maladie redouble la pensée, par la maladire je peux me voir penser je me vois sentir je me vois différente par la maladire je m’obsèrve je vis et je me vois vivre je sens la différence dans la maladie, la maladie donne un autre corps la maladie est une expérimentation je ne suis pas un individu je suis une vie qui s’expérimente je n’ai rien à choisir je suis comme en laboratoire je suis observé je mets une blouse blanche et je m’observe derrière la vitre, je suis des deux cotés, la maladie est en vis à vis avec la vie, je vois la vie la vie malade et je lui dis oui je dis oui à l’expérience avec ma blouse blanche je tente d’exister dans la maladie, la maladie est une possiblité de perler est une possibilité d’expérimenter différemment sa parole la maladie est une possiblité de s’entendre penser à savoir de voir la pensée, la maladie est une possibilité de penser par la vue d'observer la pensée derrière la vitre, je mets la blouse dans le laboratoire pour rester propre pendant l’observation, pour être crédible aux yeux des subventionneurs, je reçois l’argent public pour penser ma maladie pour vivre différent en expérimentant la pensée malade, je ne suis plus un individu je suis un protocole d’observation je suis une chose malade qu’on observe et depuis que je suis devenue une chose l’Etat me donne de l’argent pour me mettre derrière une vitre pour me vitrer dans la maladie pour observer mon corps parlant et expérimenter mon corps parlé, l'Etat me donne de l'argent pour me cloitrer dans le laboratoire, l'Etat me donne une blouse l'Etat me créé un emploi fictif pour que j'expérimente la fiction de la parole, et je multplie la fiction en me voyant penser en double de l'autre côté de la vitre, l'état me dit : observe le malade que tu es pour faire parler le symptome, et j'observe la malade que je suis pour parler dans la maladie que j'ai, l'Etat me dit : observe la malade que tu es pour intensifier la parole malade que tu parles, et j'observe la malade que je suis pour intensifier la parole de la maladie que j'ai, je fais mon rapport, je passe devant une commision, je rapporte mes découvertes à l'Etat et l'Etat subventionne la révolution et la maladie est l'avenir de la révolution

cahier ( adolescence )

et j'ai mis mes poils dans une enveloppe. le développement de moi-même je l'ai vu à quinze ans dans les poils qui me venaient, et j'ai commencé à écrire à quinze ans, dans les cahiers de la pornographie pour mes amoureuses dans le secret j'ai commencé à écrire, je me suis développé le langage dans les cahiers, je me suis développé les poils sur le torse et autour des couilles, et sur les jambes. alors aujourd'hui pour forclore la forme je t'envoie toutes mes lettres avec dans l'enveloppe tous mes poils je veux dire tous ceux que j'ai pu m'arracher.

la conception de moi-même je l'ai eu je veux dire, la conception de moi-même m'est apparue dans la tension des autres en moi même, je veux dire dans le resserrement du cercle physique et du cercle symbolique des autres sur moi, et alors j'ai pu me concevoir dans la paranoïa, à savoir dans la tension, dans le mouvement centrifuge du noeud au centre du cercle. la conception de moi-même je l'ai mise en oeuvre je veux dire qu'elle s'est mise en oeuvre par la dialectique du noeud et du cercle, dans la centrifugeuse de la raison.

l'agacement nucléaire de ma peau, l'acné, et le pullulement dermique de mes poils m'ont donné l'écriture.

alors avec elle j'ai pu me confondre le caractère à la lettre, j'ai pu me mourir en fondant le délire à la raison, via la ligne. je parle de la ligne au cahier. les messieurs et les madames pouvaient se détourner de moi, je n'étais plus dans le champs de vision, et alors je pouvais me mettre au travail. je repoussais les idées dans le cercle du délire. je ne voyais que des lettres et jamais des idées. la notion c'était pour le monsieur et l'idée pour la madame. j'étais entre, et non vu d'eux.

le pathos de soi était strié de mots, de lignes, et c'était la joie. la fausseté n'était pas plus vrai que le sérieux était du jeu. j'étais enfin inadapté. c'est à partir de ce point que j'ai pu parler. la sociabilité l'adaptabilité le regard de monsieur et le doigt pointé de madame formaient un carré mais j'étais à côté. je commençais à vivre dans l'adolescence et les choses coulaient. souvent j'en pleurais car je n'étais pas étroit je venais de naître et déjà je ne passais plus ni dans la porte ni dans l'escalier. les morts étaient psychorigides et les vivants étaient protestants, il ne fallait pas trop s'attarder par là. je ne regardais pas les statues que je savais venir d'un moule. j'aimais les peintures car elles étaient coules, et les livres étaient mes centrifugeuses. je donnais mon jus sur les livres car j'étais sans méfiance. les rues n'existaient pas encore. mes vertèbres déviaient bien et supportaient le délire.

sais quoi faire

je sais quoi faire dit l'enfant je sais tres bien quoi faire c’est les phrases je sais que c’est les phrases que je dois faire et je sais pas comment les faire ni ne sais pour qui les faire les phrases ni ne sais pourquoi les faire ni ne sais dans quel état les faire les phrases mais bon je sais que c’est les phrases qu’il me faut faire et c’est une ligne de mots dit l'enfant c’est du mouvement dans une ligne de mots voilà c’est ça je sais quoi faire avec ma bouche parce que c’est ma bouche qui le fait et je sais pas comment elle le fait c'est à dire que je sais pas comment elle se place la bouche je sais pas dans quel état elle est mais bon je sais que c’est la bouche qui sait le geste elle sait le geste à faire elle sait que c’est ouvrir car elle sait qu’il faut s’ouvrir en bétonnière la bouche c’est simple elle le sait dit l'enfant elle doit sortir les sons ma bouche doit sortir les sons en ligne car ça doit sortir en ligne tout bien propre mais ça marche jamais et aussi ça doit sortir tout bien droit mais ça marche jamais et ça elle le sait la bouche que ça marche jamais et que c’est jamais droit et que ça part toujours de traviole et ça c’est toujours pareil la ligne elle avance toujours de traviole et par exemple là on voit bien que déjà c’est en train de partir de traviole là déjà ma bouche s’ouvre de traviole et elle voit bien ma bouche qu’elle dégringole et que c’est n’importe quoi elle le voit ma bouche qu’elle sait pas comment faire et qu’elle le fait à l’arrache et que c’est n’importe quoi et qu’elle dit toujours la même chose et qu’en plus elle se répète elle le voit ma bouche qu’elle répète toujours le n’importe quoi dit l'enfant ma bouche elle sait que son geste il est là dans le n’importe quoi et elle le sait ma bouche qu’il faut faire le geste maintenant il faut faire le geste de traviole et que s’ouvrir au geste c’est dégringoler elle le sait et elle le voit qu’elle dégringole ma bouche elle sait quoi faire faut dégringoler et elle sait qu’on tombe au commencement on tombe car si on ouvre ça tombe et on a plus rien dedans car tout est tombé c’est tout tombé par terre et la parole de ma bouche est tombée par terre et ce que dit la parole de ma bouche tombe aussi ça tombe par terre et on peut jouer au foot avec ce que dit ma bouche dit l'enfant on peut shooter dans sa parole à ma bouche tellement que c’est tout qu'est par terre et ma bouche elle sait que ya tout qu'est par terre et qu’il faut encore ouvrir tout ce que ya par terre il faut creuser encore il faut y aller avec les dents ma bouche elle a de la terre plein la bouche dit l'enfant elle enfonce ses phrases dans la terre ma bouche elle creuse à la truelle elle creuse avec des phrases avec des lignes de mots elle y va c’est ça le geste c’est de tout défoncer avec les mots on a que ça on n'est qu’une bouche on n'est que des mots d’bouche toumonde il est dans ma bétonnière et toumonde i sait quoi faire toumonde doit s’ouvrir dans ma bétonnière et toumonde il est dans mon trou et toumonde me travaille le trou et mon trou il sait quoi faire dit l'enfant il sait qu’il faut faire le geste et toumonde doit faire le geste à la bétonnière toumonde doit faire n’importe quoi parce que c’est là que ça se passe

cahier

Alors je me suis mise à être seule. J'ai donné les gestes aux gens et les gens les ont pris. J'ai donné la main pour branler les sexes et j'ai donné la bouche pour le gland, pour la jouisse, et les gens ont pris, et c'était la jouisse pour eux. Mais j'étais dans le seul pour eux, vraiment j'étais dans la seule à faire ça, pour eux. Et ils étaient là et ils prenaient. Dans ma façon il n'y avait pas de manière, je faisais les gestes comme on m'avait appris.

Il n'y avait dans ma manière ni plaisir ni préciosité, je ne faisais la chose ni dans la transe ni dans le délire, ni dans le délire de grandeur ni dans le délire de persécution ni dans le délire de me punir parce qu'il n'y a pas de délire dans mes manières de gestes, parce qu'il n'y a pas de pensée en moi, quand je le faisais. Il n'y avait que l'éxécution d'être dans les gestes, être aux gestes sans rien à faire délirer, que les gestes. L'autre y trouvait sa jouisse, puis la touche cessait et l'on se séparait. C'était facile.

C'est après avoir prostitué mes gestes que je me suis retrouvée mal. Quand ça s'est arrêté, là je me suis rendu compte. J'ai commencé une analyse pour ne pas sauter par la fenêtre parce que j'avais les envies de mort et j'avais peur de le faire alors j'ai commencé une analyse. Au bout de la première séance je me retrouvais vivante, je parlais beaucoup dès la première séance et je sentais que j'étais en train de me sauver. Je veux dire me sauver la vie. Parce que je n'avais plus le soi-même, et je me découvrais à la place du soi-même, du vieux soi-même, un gros bloc de vibration de souffrance. Et j'ai commencé à parler loin, et j'ai commencé à comprendre ma souffrance, et alors je me suis mise à sentir, sentir et comprendre s'entrainaient. Et je me suis mise très fort à sentir les choses dans le sexe. Je n'aimais personne mais je couchais beaucoup. Sans paye, gratuit. Ca changeait beaucoup, tout. Le commencement de l'analyse m'a dicté une forte envie de me mettre à coucher avec un maximum. Je trouvais facilement les personnes pour le faire avec, et ça changeait tout. Ca changeait beaucoup, je veux dire beaucoup de monde, changeait souvent. Au plus je sentais au plus j'étais vibrante, ça se mettait à ne plus jamais cesser, pour moi. Je couchais beaucoup et au plus je faisais au moins j'aimais, les gens, les garçons, ceux qui me faisaient. Je m'attachais à une sensation, qui était très pleine de moi pour moi, et je me défaisais des autres, des contacts. J'ai compris que j'étais prête pour la mort, je veux dire la vraie mort, et je l'ai dit à l'analyste, ça faisait trois ans, et je l'ai dit et il a compris, j'ai vu qu'il avait compris, et alors je suis partie et j'ai pu mourir dans la mort pour la première fois et la dernière. Pour de vrai. Et aussi c'était facile.

travail

c’est dans la crise qu’on travaille on n’est travaillé qu’en crise et c’est là qu’on parle vrai dans la vie travaillée il ne faut pas se libérer de la crise non non non il faut s’aliéner à la crise encore et encore parce qu'on est crise et puis c’est tout on avance à la crise et on cherche pas le sens on prolonge la crise on est une persévérance crisique et si ça prend du sens on n'y peut rien on s’continue en crise on s’fait une percée sans rien organiser on s’fait une percée à l’arrache la crise n’organise rien la crise enlève ce qui ne tient pas on reste là une épluchure un p’tit copeau crisique qui parle tout seul on avance en parlant on questionne la parole qui nous sert de crise et qui préserve la question elle ne s’arrange pas de réponse la crise produit d’la question parler c’est questionner la parole crisique la crise fait du corps une chose qui questionne librement une chose libre une chose de force libre se libérant au parler un corps libre c’est un corps qui travaille ses aliénations et la crise c’est ce mouvement au travail c'est le mouvement du forage c’est l’avancée en force du mouvement d’aliénation le moment du grand forage tous les jours il vient on peut pas dire que ce soit agréable mais on peut pas dire non plus qu’on veuille autre chose

cono

parmi les conos je suis une être supérieure, je suis parmi les
conos parce que je vis avec, je vis avec les conos de france
votent en france mangent les légumes achètent ils parlent la
langue de france le français


je suis quant à moi je suis une être supérieure, ma supériorité
est ma faiblesse, est mon incapacité, je suis incapable de
travailler, je suis incapable de me présenter c'est pourquoi je
suis libre, mon incapacité est ma liberté


Ma liberté est de tout le temps triturer. Je peux mettre les
virgules, et puis d'un coup je peux mettre un point. Et alors je
peux mettre la majuscule. où ne pas. Je Peux Mettre Tout Le
Temps. Ma faiblesse est de ligner


je criture en nostre belle langue de france. La france c'est le
cono français, il parle. J'écris la prose écoulement. prose
s'écoule loin du français, mais je ne veux pas faire la
bougnoule, je ne veux pas inventer un mot comme ça pour
faire bougnoule


je parle langue bougnoule quand j'ai besoin, je ne force pas
ma bougnoule, je la laisse, bougnoule est supérieure de se
laisser parler, ma passivité s'écoule libre en france en la belle
langue de france, la france ne voudrait pas la voir passer mais
n'y peut rien, creuse son propre sillon


le couillon est au français ce que le cono est au gaullois,
criture bougnoule coule au sillon, la france voudrait pouvoir
la ralentir mais elle est de grande finesse et coule aux doigts
la faiblesse fait piston dans la prose, le piston pistonne, c'est
normal, pistonne a fond les ballons pour sortir le produit, la
faiblesse est une nouvelle langue dans le français, faiblesse
est à la langue ce que bougnoule est au français


je n'ai aucun intérêt à me contrôler et je n'ai aucun plaisir ni
aucune jouissance dans le contrôle je mets les mains sur le
visage en même temps que main droite dessine je mets main
gauche sur le visage comme ça, dans le dépli, la chaleur vient
au visage il ne se déchire pas quand criture passe


je suis ici dit le présent je suis ouvert à la psychose est une
chance pour la présence est un risque dis-je, la psychose est
un risque dans les mains


quand je vis il n'y a pas la ligne mais quand j'écris il y a la
ligne, et alors suis morte, sans ordre la ligne arrive avec la
pensée en désordre, comme dans la mort, et alors je ne vis
plus dans ma pensée ni dans la pensée des choses, mais dans
la ligne, morte


les phrases sont faites aux médicaments, dans le cahier et
dans le couloir, les médicaments aident à tenir debout le
temps qu'il faut pour s'endormir, le docteur parle pour penser
comme nous marchons les médicaments aux poches du
pyjama pour nous abandonner les forces et dormir


je dors le cahier sous le matelas, je m'occupe de moi comme
de n'importe qui d'autre


ce qui rentre dans la ligne c'est que le cul n'en voulait pas,
mais rien ne rentre dans la ligne qui ne fît ses tours de footing
au stade anal, je retiens quoi dire pour faire la ligne, où rien
ne peut plus se confier, que la matière, la matière est vidée de
toute forme, la poche à dire


d'abord on est con et après on est intelligent mais dans
l'intelligence on se rend compte qu'on ne peut parler que dans
la connerie et qu'on ne pense vraiment que dans l'être-con, à
savoir jeté dans la vie avec un con dedans qui écrit, je suis la
conne qui écrit pour mener l'intelligence à terme et


l'intelligence étant sans fond j'ai remarqué l'intelligence étant
sans fin il faut beaucoup de connerie et beaucoup d'assiduité
dans sa connerie pour mener l'intelligence à terme


le fond sans fin de l'intelligence n'est que la persévérance
dans la gicle et la conne persévérante mène la criture aussi
loin qu'il faut pour s'y voire naître, à savoir y disparaître, sauf
que les phrases ne m'enseignent pas à disparaitre dans la
connerie mais à la travailler encore plus dans la naïveté de ma
mouillure, ma coulure ne sait pas ce qu'elle dit ma coulure
n’énonce que la conne qui la produit, et je ne suis docteur que
la conne qui conduit la connerie et l’éconduisant m'y enfonce
tu vois


et ma disparition montre le gros con à autrui car je me dévoue
pour être madame-du-con qui se marie à m’sieur giclure et
nous sommes messieurs madame les cons de la connerie et
nous enseignons à l'homme comment se regarder en face, et
moi aussi si je n'avais disparu dedans je pourrais me regarder
en face


faire un cahier c'est porter des vieux pulls et je me comprends
je suis peut être la seule mais je me comprends quand je dis
qu'écrire c'est porter les vieux pulls et dans la chaleur du
vêtement je n'écris pas des poèmes mais des notices de
médicaments qu'on peut voir j'écris tel qu'on peut le voir


des petits bouts de boulettes de prose je fais des petits blocs
prosés que t’appelle texte et que j'appelle boîte docteur et je
vais te dire une chose c'est que je peux finir ton texte quand
je veux qu'il n'est qu'une section de bout de temps que je
peux couper tu vois le texte il nait il meurt quand j'ai besoin
de le faire mais à la fin je le mets dans la boîte


et ça docteur c’est une manière de voir et c’est la mienne et
c’est pas une manière de juger parce que les choses sont
jugées depuis là où on est et je ne suis nulle part alors je peux
pas juger les choses, je peux pas dire si c'est bien fait ou mal
fait je peux pas dire qui fait la chose je ne connais pas celui
qui fait la chose parce que je m'intéresse à la vérité je ne
m'intéresse pas aux personnes, je ne sais pas si c'est une fille
qui fait la chose je m'intéresse pas au genre je ne suis pas
civique je ne m'intéresse ni aux bonzommes ni aux bonne
femmes ni à l'emboîtement des deux, je ne m'intéresse pas à
l'amour physique des bonzommes et des bonne femmes à la
vérité je ne m'intéresse ni à l'amour physique ni à l'amour
affectif ni platonique ni névrotique parce que je ne
m'intéresse qu'à bouffer docteur parce que je veux continuer


je continue le cahier et dans le texte on est toujours deux c'est
le bourge et le prole le prole fait l’écrit et le bourge lit, le
prole donne la giclure au cahier car il chôme son temps le
prole n’a plus l’impulsion d’usiner et sans salaire il clabousse
son cahier, le bourge dans son temps fait lecture des textes
proles car le bourge est libéré du travail de salaire


l’argent du prole n’est pas encore là et en vérité il ne sera
jamais là et le prole partout se charrie la bouche car le prole
est au matin la criture vient au réveil dans le collé des yeux
vient à la bouche passe le gosier étroit les doigts se déplient
on ouvre c’est le matin et ça vient, on masse la membrane et
les vibrations viennent et s’ouvre la membrane et se déplie et
vibre et c’est la vibrure de dame criture


écrire c’est quitter sa classe mais je veux pas quitter ma
classe de prole au contraire je veux au cahier me creuser
toujours plus la prole et pas tomber à côté mais pile dedans je
veux pile tomber en mon languer de prole, c'est pourquoi je
suis maintenant dans le centre


et que je veux des feuilles devant moi du papier avec les
choses dessus je veux devant moi du papier blanc et du papier
recouvert je veux toucher et regarder et respirer le papier et
découper je veux lacérer le dessin froisser le papier et
marcher sur du papier souillé mouillé de ma fente, je fais
couler ma souille au papier puis le colle au mur tu vois
je ne bougerais plus tant que je n'aurais pas une quantité de
papier devant moi je ne vivrais plus qu'avec du papier je
n'agirais plus qu'au papier je dormirais roulée dans du papier
fumerais des miettes je ne vivrais qu'au papier, je me mouche
je fais la honte au papier le dessin les plans les notes les
courses j'échange mon manger contre des bouts de papier il
ne peut rien m'arriver la boulette est tout ce qui m'arrive et
tout ce qui pourra m'arriver est déjà chié dans le papier il ne
me reste qu’à l'essuyer et le refaire et je vais le refaire et tout
viendra de mon geste tout viendra du papier


et là j'écris petit parce que le papier coûte cher, je phrase
court parce que c'est cher mais c’est surtout que j'ai plus
beaucoup envie de vivre alors


et aussi ce que je veux dire tient en une ligne, car il y a
toujours moyen de faire passer quoi que ce soit n'importe où
du moment que n'importe quoi occupe une place quelque part
que ça occupe une fonction quelconque n'importe où, il y a
toujours moyen que ça circule d'un endroit à un autre d'une
fonction à une autre il y a toujours une ligne qui se déplace et
improvise un déplacement d'une identité à une autre d'un
point du temps à un autre devient possibilité qu'avance une
ligne, ici







texte paru dans la revue GPU, numéro 3

cahier

monsieur lome et monsieur persone font l'amour et ça donne une dame qui est une petite dame qui s'appele madame toumonde et madame toumonde fait l'amour avec ptigen et ils ont deux enfants qui s'appelent madame-toumonde-et-msieur-ptigen-ont-fait-l'amour, c'est leur nom, comme ça on peut pas se tromper sur leurs fornicateurs, et puis aussi jojojulo regardent madame toumonde et msieur ptigen faire l'amour touletan et c'est pourquoi on appele jojojulo rince-l'oeil dit la gambade parce qu'il marche difficilement à cause d'une jambe trop courte que l'autre qui est taille normale et c'est pourquoi jojojulo a une jambe en pantalon et l'autre jambe en short-éponge car quand il pleut on appele jojolulo qui est marin-pompier à cause que dans marin-pompier ya marin et c'est pratique car jojojulo à le pied marin mais c'est malheureusement le plus court des deux jojojulo regarde monsieur lome et madame persone faire l'amour car jojojulo n'a pas la télé et jojojulo regarde madame toumonde et msieur ptigen faire l'amour car jojojulo ne trouve personne pour faire l'amour avec et jojojulo regarde oblige et néglige faire le masturba car jojojulo a le bras encore plus court que sa jambe en short et jojojulo regarde schizo et schiza faire leur mots croisés car c'est vraiment très drôle de regarder schizo et schiza faire leur mots croisés et jojojulo regarde arno et nora faire l'arbre droit car arno et nora ne savent pas faire l'arbre droit et jojojulo regarde leo et lea faire un trou dans la terre pour s'enfoncer ensemble dans la disparition car jojojulo ne comprend pas pourquoi leo et lea font un trou dans la terre pour s'enfoncer ensemble dans la disparition jojojulo a de la curiosité et la curiosité est un vilain défaut sauf quand on s'appele jojojulo qui est un homme de taille moyenne et de jambe courte et qui est un regardeur de l'amour quand il leur prend aux gens de faire l'amour jojojulo écarquille l'oeil pour regarder et pour essayer de comprendre pourquoi leo et lea font un trou dans la terre pour s'enfoncer ensemble dans la disparition il y a tellement d'autres endroits pour disparaitre

les garçons et les filles

et le garçon dit je commence et c'est dans les roulis que je commence comme ça commence aux roulis de la bétonnière de parler et dire je commence de dire parce que je dis les choses au tourni parce qu'on est pris aux roulis de la bétonnière et le garçon voit que je dis les choses au tourni parce que je dis les choses pour que les gens se rendent compte de racler que je commence de racler le gosier des gravillons de la phrase roulent la phrase roule ses gravillons dans la bétonnière et concasse la bétonnière concasse les granules du mot en sable de phrase et la phrase prend et c'est le commencement dit le garçon et la phrase accélère et elle se fluidifie aux glaviaux et elle est prise aux roulis et le ciment prend dans la granule du mot et je tiens là dit je tiens droit dans la phrase et je jète dans la bétonnière je jète la salive qui est l'eau de gache de gachage de la bétonnière tourne la bétonnière roule et le garçon pense je ne m'arrête pas sur ce que je dis et continue et glisse à la salive et le sens roule que le sens est ce qui ne s'arrête jamais le sens de ce qui est dit roule aux glaviaux dans la bétonnière et c'est maintenant qu'on glaviote la phrase et qu'on commence dans le sens où on dit les choses on dit les choses pour que les gens se rendent compte du sens boulé on est boulé aux roulis réguliers de la bétonnière et on dit les choses cul par dessus soi comme ça on dit les choses et on dit les choses parce qu'on dit les choses mais on n'en sait rien en fait parce qu'on n'a pas de retour on n'a pas le retour dans les roulis on n'a pas le retour du sens avec le bruit des gravillons dans la phrase on n'entend pas le parlement dans le boucan de la bétonnière mais on y a va quand même on va à la phrase et on y va avec les mains comme ça on lance les mains et on prend la phrase et on la modèle comme ça la phrase on la boudine au commencement avec les mains on la boudine puis on la tranche à la truelle puis aux roulis la phrase se fluidifie en morceaux de bouts de phrase qui se mélangent à la bétonnière où le sens encimentée se fluidifie et donne le commencement dit le garçon et le développement de la phrase qu'on passe aux roulis on la passe aux roulis des galets de gros gravillons de galets qui pouse la phrase et la phrase n'attend pas le sens et elle avance et elle se fait et c'est le développement dit le garçon et le phrasé se continue au tourni des galets continue au roulis des galets de glaviaux qui continuent et maintenant on continue parce qu'on peut pas arrêter arno dit on ne peut pas arrêter la machine on ne peut pas arrêter la machine et on ne peut pas arrêter les choses et on ne peut pas arrêter les images dans la tête et les mots dans la bouche on ne peut pas empêcher les mots de rouler dans la bouche et on ne peut pas empêcher les galets de rouler le sens dans la farine et on ne peut pas empêcher les filles d'aller aux garçons on ne peut pas empêcher les filles d'aller aux garçons car bien avant leur naissance les filles bien avant de naître les filles vont aux garçons et bien avant d'avoir un sexe les filles vont aux garçons avec les images avec les mots et avec les choses qui sont les choses à faire qui sont les gestes les filles connaissent les gestes à faire bien avant de savoir les gestes d'amour les filles y vont car on ne peut pas arrêter la machine on ne peut pas arrêter la machine des gestes et on ne peut pas arrêter la machine de l'espèce qui se perpétue dans les gestes qui sont les gestes d'amour dans la nécessité les gestes ne peuvent pas s'arrêter dit le garçon on ne peut pas arrêter le grand mouvement du monde car l'homme ne peut pas crisper l'homme ne peut pas crisper son geste sur le grand mouvement de nécessité du monde car l'homme ne peut pas agir l'homme ne peut pas intervenir sur le monde car l'homme ne peut intervenir que sur l'homme et pas sur le monde l'homme ne peut pas intervenir sur le monde et le chantier de l'homme change la forme du monde mais ne change pas le grand mouvement du monde et ne change pas la nature profondément nécessaire du grand mouvement du monde mais seulement sa forme et les filles peuvent les filles peuvent changer la forme du sexe des garçons mais les filles ne peuvent pas changer la nature profondément constante du sexe des garçons mais seulement leur forme et les garçons de même les garçons connaissent le geste qui change la forme des filles car les garçons de même bien avant de naître les garçons vont aux filles avant même d'avoir un sexe les garçons vont aux formes des filles mais ne peuvent pas aller à la nature des filles car la nature des filles est dans la nature du grand mouvement des choses du monde et l'homme ne peut pas changer la rotation de satéllites de bétonnières au dessus de sa tête car l'homme ne peut pas intervenir sur le grand mouvement nécessaire des choses du monde qui régissent les images dans les têtes des filles et des garçons et les garçons ils ne peuvent pas agir ils ne peuvent pas intervenir sur le grand mouvement nécessaire qui régit les mots qui roulent dans la bouche des filles et les filles et les garçons se disent les mots dans les gestes qui sont les gestes d'amour et les filles et les garçons disent l'heure est grâve les filles et les garçons disent on vit sans but et on vit pour rien et non seulement on vit sans but et non seulement on vit pour rien mais en plus on parle pour rien dire alors maintenant l'heure est grâve disent les filles et les garçons l'heure est grâve car on peut pas faire demi-tour disent on peut plus faire demi-tour dans le vide du non-sens car c'est toujours déjà trop tard pour faire demitour dans la parole disent les filles et les garçons on ne peut que continuer à faire les gestes et on continue à faire les gestes sans crisper l'homme disent les filles et les garçons dans la douceur des gestes à faire on lance les gestes d’amour au vide et on continue car on ne peut rien faire d'autre que continuer de vivre pour rien en se faisant exister à parler et c'est pour ça que l'heure est grâve disent les gens et alors l'angoisse monte dans les gens et avec l'angoisse la beauté parce que c'est lié et alors la beauté monte et elle tourne dans les gens et la beauté des gens est dans le corps des gens la beauté est dans le parler disent les gens la beauté est dans les gestes de creusement de creuser la beauté est de creuser à la truelle sa propre rigole et les gens creusent à la truelle les gens creusent une rigole pour voir s'écouler la beauté car les gens disent que la beauté est de voir le monde s'écouler dans la rigole du chantier et chacun creuse sa rigole et ça toumonde i le sait que la beauté s'élève la beauté s'élève dans le gosier et sort la beauté sort du parler disent les gens et ça les filles et les garçons le savent car bien avant de sortir de naissance les filles et les garçons savent que la beauté est de vomir son parler dans la bétonnière de l'autre et alors la beauté tourne et elle tourne dans le corps de l'autre disent les filles et la beauté se réalise comme ça la beauté se réalise dans le désir qui est désir de corps dans le désir de langue se réalise dans le désir du corps de bétonnière qui est désir de langue de truelle et il serait plus conforme dit la fille il serait beaucoup plus conforme à la réalisation du désir d'être délivré de la différence des sexes dit la fille et il serait beaucoup plus conforme à la réalisation du désir d'être délié de son sexe qu'il serait beaucoup plus conforme à la réalisation du désir d'être coupé de sa langue dit la fille qu'il serait plus conforme à la réalisation du désir que personne ne soit quelqu'un et personne n'est tout a fait quelqu'un dit la fille car la fille voit la vibration voit la vibration dans les gens quand elle regarde les gestes la fille pense je ne m'arrête pas sur ce que je vois et continue dit les gens sont vibratoires et les gens vibratoires font une ligne un noeud un enlacement de lignes et les gens entrent en vibration et boivent les gens entrent en vibration dans la grande bétonnière de pastis et l'alcool les perle dit l'alcool perle les gens dans les gestes aux roulis dans l'alcool un mot entre dans la bétonnière et ils le boivent les gens boivent le mot quand le mot entre en verbation dans le gen sonne un mot sonne sa verbation dans la bétonnière et les gens font la bouche et un noeud de bouche donne une boule de phrase roule et se fluidifie et sonne sa verbation et tout gens sortent d'eux comme au premier jour sortent dans un verbe qui est un verbe de vibration de lignes de noeuds et c'est la première fois remarque la fille c'est la première fois que les gens vivent dans les choses du chantier avec la vibration dans les gestes d'alcool qu'on sort de soi disent les gens on sort de soi comme au premier jour pour boire les gestes au goulot de la ligne dans le dépôt des noeuds qu'on vomit disent les gens à la bétonnière disent les gens et la bétonnière nous vomit en retour et elle nous revomit dans les mains et le vomi dans les mains fait des noeuds et les noeuds nous parlent ils parlent aux gens pour faire la vibration et les gens ouvrent les mains et regardent la vibration regardent les noeuds vibrer dans l'enlacement des lignes qui se mélangent avec l'alcool et les gravillons mélangés avec les gestes dans la grande bétonnière de pastis avec la bouche dans les roulis les gens font les gestes et les gens disent on fait les gestes à cause des guêpes mais la fille sait tres bien que les gens ne font pas les gestes à cause des guêpes mais que les gens font les gestes à cause de l'alcool et que dans l'alcool les gens ne savent pas les choses dans l'alcool parce que les gens n'écoutent pas le roulis des choses et qu'ils s'échinent les gens s'échinent à tendre le tendon de leur tête dans la bétonnière parce que les gens s'échinent à connaître les choses par la tension de leur tête alors qu'ils n'ont qu'à laisser couler leur écoute à la gachée de la bétonnière mais ils ne le font pas les gens ne le font pas et c'est pourquoi les gens ne savent pas les choses c'est pour ça en fait et aussi les gens aussi les gens ne savent pas les choses à cause de la mort car la mort impressionne beaucoup beaucoup les gens et elle les empêche de s'ouvrir à connaître et aussi les gens ils ne savent pas à cause de la vie car la vie aussi impressionne beaucoup les gens et la vibration de la vie les méduse complètement et les empêche de connaître et c'est pourquoi les gens sont enfermés dans l'oeuf et qu'ils ne sortent pas de l'oeuf car les gens ont trop de pression dans l'oeuf et la pression interne empêche les gens de se jeter à être hors de l'oeuf et les empêche de barbouiller l'hors du réel d'une belle barbouille de jaune de glaire d'oeuf ça les empêche complètement et alors les gens restent les gens restent pris comme ça dans la pression et ils ne sortent plus de l'oeuf mais les gens explose de ne pas pouvoir sortir les gens explose parce qu'on peut pas tenir comme ça dans la bouillotte de l'oeuf sans vivre dehors alors les gens pour se sortir de l'oeuf ils se font mourir dedans les gens s'ouvrent les veines des bras avec des cailloux de gravillons ils s'ouvrent les bras et alors les gens coulent de soi en dedans de l'oeuf les gens coulent de soi mais bientôt la pression du sang des gens dans l'oeuf brise la coquille de l'oeuf et alors les gens sortent de soi en sang ils se sortent de l'oeuf en mourant dans la coulée de sang et alors les gens vivent mais ils vivent mort dans le réel parce que le réel c'est la mort et le réel n'a pas le goût d'être dans l'oeuf car le réel n'a le goût d'être qu'hors de l'oeuf dans la mort et c'est pourquoi la mort est partout hors de l'oeuf et que le réel est un noeud et que le noeud trempe le noeud est une mouillette qui touille le décalotté de l'oeuf de la tête des gens et les gens sortent de soi de se laisser briser la coquille d'être à coups de cailloux de gravillons les gens sortent de soi et c'est pourquoi le bruit de sable du ciment qui roule dans la bétonnière est le même bruit que celui que font les gens en mourant dans la bouillotte de l'oeuf de leur tête dit la fille la vérité dit la fille la vérité est que la tête est un mal la tête est un mal pour la pensée et à l'inverse la vérité est que le corps est un bien dit la fille le corps est un bien pour la pensée et c'est pourquoi il est bon de penser loin de la tête et près du corps dit la fille car la pensée est le mouvement centrifuge interne de la bétonnière et il est bon de penser loin du mouvement centrifuge de la tête car penser c'est écarter le corps de la tête et la bonne distance pour penser c'est l'écartement dit la fille et je cherche l'écartement absolu entre moi et moi dit la fille car la bonne distance pour parler c'est le séparé et c'est pourquoi pour perler sans tête il ne faut pas être en retard sur l'éjacula de mots qui nous sort du goulot dit le garçon et pour arriver à penser sans être en retard sur la parole il faut perler dans la parole sans se soucier de la pensée qui sort car la pensée qui sort est un accident du perlement et pour arriver à parler sans être distrait par sa pensée il faut sortir de son parler tout le collé qui nous lie à celui qu’on est et c'est pourquoi pour se délier il faut disparaître et je disparais un bon coup dit le garçon et les mots m'aident à disparaître les mots font une trouée en moi qui m'aide à disparêtre dit le garçon dans l'air et dans l'eau et dans les murs et dans les gouttes dans les gouttes d'eau qui suintent des murs où je passe dans les mots qui me font disparaitre dans d'autres bétonnières avec de l'eau dedans où je ne me réflète plus et c'est pourquoi parler me transpire dit le garçon me transpire me dissouds et m'évapore m'évapore la carne et c'est pourquoi j'ai plus le moi dans la carne et j'ai plus de carne dans le tiroir mais que des gouttes j'ai que des gouttes de transpire de gouttes qu'innondent l'espace et tout l'espace baigne aux gouttes et la lumière gagne et rien ne se reflète dans les gouttes que la lumière qui reste car la lumière est sans image et le moi s'écoule dans la pensée sans image dit le garçon et la lumière est de la pensée pure car la lumière ne vient pas du ciel mais la lumière sort des objets directement et les objets sortent de la pensée de l'homme car c'est l'homme qui fabrique les objets et l'homme ne produit pas d'image mais des choses d'objets pour les mains et c'est pourquoi la pensée est sans image dit le garçon et c'est pourquoi je fais les choses de gestes sans dire les mots dit le garçon mais je ne peux pas sortir de moi avec seulement les gestes et je ne peux pas sortir de moi car la bétonnière de mots me touille la couille et le touilli n'aide pas à sortir le sable du sac de couille car la bétonnière touille la moelle et tanque le sens dans la purée humaine mais la bétonnière n'aide pas à sortir de soi et c'est pourquoi je ne peux pas sortir de moi dit le garçon et alors je reste comme ça je reste dans la phrase avec les gestes et dans mes mains je ramasse les choses au sol et je prends des perles elles sont par terre et je les ramasse et ce sont des perles de mots que j’enfile à mon zob et je m'enfile des mots en perles de zob et alors les mots tournent autour de mon zob en roulis comme ça et alors mon zob donne l’élan à la phrase et les perles composent des phrases qui peuvent être très compliqués et très longues et compliqués et alors des fois pour simplifier j’inverse la vapeur des perles et alors je phrase dans un sens différent et je fais une autre phrase qui est plus simple et que toumonde comprend car la phrase même dans un sens différent elle est plus simple et on la comprend et mon zob sent bien qu'il y a une infinité de sens différents dans la phrase et je compose et de mes mains j'enfourne les perles dans ma bétonnière et ma bétonnière aussi peut composer et elle compose le sens dans des sens différents dit le garçon il y a une infinité de sens et les mots se mélangent et tournent dans ma bouche et une phrase sort une phrase sort de mille sens différents une phrase en mouvement qui sort de moi est un jet de zob aux roulis de perles mais moi ne peut pas dit le garçon moi ne peut pas sortir de moi car je ne peux pas me découiller moi-même par mon propre zob alors je reste comme ça dans l'écart qui est l'écart de danse nécessaire à la vie du mouvemement pour que le vide écarté ouvre un escarre de sens et montre une danse et donne une danse aux choses pour qu'elles flottent en l'air au mouvement de danse de l'air au fond des choses le ciment danse dans l'air du fond des choses dans la phrase maintenant la phrase se forme parce que la phrase est touletan en train de se former la phrase danse dans le chantier qui penche vers la rigole de l'instant et l'instant tourne dans la grande bétonnière de sperme avec les gestes qui touillent aux roulis réguliers la grande bétonnière de mayonnaise qui gonfle aux glaviaux et qui disparait dans la coulée dans la liquidité d'une phrase aux roulis réguliers d'une phrase qui disparait dans la grande bétonnière de cyprine dit la fille

les filles et les garçons

le viol déforme le gen et le laisse en sac, le sac gonfle et comment le sac gonfle ? , c'est par le viol, le sac gonfle d'un trauma mais les mots qui naissent du trauma sont pires que le trauma, à dire, le sac gonflé de mots pète, la rage, personne ne sait crier parce que personne n'a appris à crier, aucun enfant n'a appris à couiller je veux dire qu'aucun enfant n'a appris à presser le noyau d'expression, aucun garçon et aucune fille par exemple aucune fille n'a pu se remonter le noyau car personne n'a appris à aucune fille à se remonter le noyau d'ovaire jusqu'à la gorge de l'expression, où baigne l'éther, aucune fille n'a appris à s'élever les organes lisses dans les airs, qui sont les airs pulseurs je parle de la partie moteur, aucune fille n'a été enseigné dans le maniement du vocal dans le mental c'est pourquoi toute fille est dans la terreur et que tout garçon est dans la méduse c'est parce que toute fille ne peut pas se sortir le mot du gosier que toute fille ne peut pas se sortir le mot de trop qu'elle est dans la terreur de l'angoisse de la boule close et que tout garçon, c'est parce que tout garçon devant chaque fille voit le carnage de la boule d'organe en prison qu'il reste pétrifié devant toute fille la méduse, et les garçons et les filles restent pris dans la coince et les filles sont définis par la castre et que la sanction de castration est l'héritage parental qu'on ne peut qu'accepter car on ne peut qu'accepter la vie et qu'on ne peut qu'accoupler les couples à filles et à garçons à hu à dia et qu'on ne peut qu'unifier les genres et que faire dialoguer les masses de fentes, le dialogue est le carnage et le carnage c'est de rentrer à la maison et la carnage c'est de s'assoir et les filles et les garçons sont assis sous la douche qui coule et ils ne bougent pas et ils nettoient la peau et les boutons perlent les boutons sont une fleur dans le sexe des filles sous la douche dans la cabine la salle de bain de la maison du carnage l'héritage parental est la carnage la passation de la castration nette sous la douche la coulure dans la cabine le rouge dans la bonde des sexes des filles qui ne savent pas crier devant les garçons dans la méduse les poils du torse partent avec l'eau dans la bonde ouverte la fleur

le pas

on continue on est pas lié on a pas le lieu on a pas la tête on a pas la moto pour avoir le casque qui irait sur la tête on a pas le casque pour nous protéger de ce qu'on dit on a pas la moto on continue sans mot on enlève le o et les mots continuent dans la poussée sans lumière les yeux partent en mots quand on dit le mot œil on a pas les yeux pour voir ce qu’on vient de dire on parle en aveugle on régresse au noir qu'est l'noir d’en soi où on tombe au plus on parle au plus on tombe à la régresse et la parlure nous aspire et on tombe dans la bétonnière on tombe au noir on est pas déclaré pour parler et on reste là à la bétonnière on s’dépoile de soi sans forme sans figure on peut continuer sans rien parce qu’on a rien à formuler on a pas de forme pas de face on a pas la couleur on est en noir et blanc on a pas le câble et pas le trou on peut pas être branché le fil vient pas jusqu’à nous on a rien à dire rien à se sortir du trou et personne peut nous bourrer le trou on est au fond de rien on peut pas toucher le fond on a pas les pieds au bout du corps pour toucher le fond on a pas les mains au bout des bras pour toucher le plafond on a pas la maison où que yaurait un plafond on a pas les meubles où que yaurait nos affaires on a rien à faire rien à dire on a pas les yeux où que devant yaurait la chose à dire on a pas la chose à vivre on est décollé on est pas collé à ça qu’on est on s’est décollé de soi on a plus la colle pour se recoller à nous on a pas la soude pour se ressouder à soi on a pas la glu pour se réengluer à soi on a pas les mains pour s’enduire de glu on a pas l’argent pour s’acheter le pot de glu on a pas le métier qui nous apporterait l’argent pour s’acheter la glu pour se recoller à soi on est décollé du soi qu’on est on a pas la parole on a pas les vêtements on a pas la tête qu’i faut on a pas la langue on a pas les papiers on a pas l’identité tchao

work in regress

on continue sans soi on n'a pas de forme pas de figure on n'a pas de face sur la figure pas de fond on n'a pas de lieu pas de formule on peut continuer sans rien parce qu’on a rien à formuler on a pas de face pas la couleur on est en noir et blanc on a pas le câble et pas le trou on a pas le trou par où faut brancher on peut pas être branché le fil vient pas jusqu’à nous on a pas la bouche on est pas formé à dire étant sans forme on peut pas toucher le fond on a pas les pieds au bout du corps pour toucher le fond et on a pas les mains au bout des bras pour toucher le plafond on a pas la maison où que yaurait un plafond on a pas les meubles où que yaurait nos affaires on a rien à faire rien à dire on a pas les yeux où que devant yaurait la chose à dire on a pas la chose à vivre on a rien d'autre à faire qu’être ce qu’on est on est décollé de soi on a pas la colle pour se recoller à nous on a pas la soude pour se ressouder à soi on a pas la glu pour se réengluer à soi on a pas les mains pour s’enduire de glu on a pas l’argent pour s’acheter le pot de glu on a pas le métier qui apporterait l’argent pour s’acheter la glu pour se recoller à soi décollé on est décollé on n'adhère pas on a pas d'soi pas d'forme on avance dans l’informe régresse on régresse en soi on retranche quoi dire on s’annule en parlant l'aparole à personne et dans l'mauvais sens on n'aparle pas dans le bon sens mais dans le mauvais sens où nul écho ne nous revient une chose aspire dans le souffle qu'on pousse pour se faire être on n'enfle pas on s’invagine en soi et tourne dans la bétonnière work in regress

cahier

la fuite, rien de spécial à faire couler ici, à répandre, je veux dire faire pendre, rien de spécial à faire pendre au noeud, je constitue le pendu, le mot à la potence, ici moi vidé, les oeufs du vidage de la truite, la douille vide de couille qui pendouille, à la potence, à la ligne, je vais dire quelque chose : c'est que la littérature écrite à la main est la fiction de rien, la psychose je vais dire, la psychose constitue mon vide je veux dire elle le contient, elle le contient en signaux, c'est les signaux d'ici, la page, l'animal est docile il est docile à faire parler, l'animal est mon angoisse, l'angoisse est le seul noeud auquel mordre, le seul moignon à saliver, c'est le seul vrai sentiment de la parole l'angoisse, la parole est le seul outil cassé à fonctionner cassé sans rien réparer, fait que détruire, avec elle maintenant je vais dire la vérité.

le grand piston

les gens pensent qu'un gen qui énonce bien comprend la vie mais bien sur ce n'est
pas vrai car souvent un gen qui écrit bien est à côté de la plaque il ne comprend
pas la vie


et souvent j'ai noté qu'un gen qui écrit bien est un gen qui a le temps d'énoncer
bien il a le temps de faire les belles lignes avec les belles formes dans la phrase
c'est des riches c'est à dire il a de l'argent c'est un riche et un riche c'est mauvais


d'accord c'est pas sa faute qu'il est riche mais il aurait pu faire gaffe il est riche ça
fait rien du coup il est mauvais je veux dire sa tête est mauvaise elle est penchée
d'une mauvaise manière


moi je suis pauvre et j'écris tout ce que je pense je n'énonce ni bien ni mal mais
dans la pensée j'écris la pensée c'est ma pensée c'est moi qui la forme c'est elle
qui me pense c'est un élan entre elle et moi


je suis pauvre je trace tout ce que je pense du coup ça bellie la pensée que
j'énonce et elle est plus belle car j'ai pas le temps d'écrire bien je suis pauvre
j'écris par à coup


ma pensée est pauvre mais elle est belle et les gens riches ne sont pas très très
beaux ils n'y peuvent rien je sais mais ils ont un visage qui ne va pas souvent
c'est un oeil bizarre un oeil lâche qui fait un regard du lâche


la criture des riches qui est la belle criture est un énoncé qui n'est pas dans la vie
il est dans le faux et d'ailleurs souvent les gens riches écrivent de la critique
d'ailleurs


car la triture de la critique est une écriture sans sentiment je veux dire que la
triture de la critique est un énoncé qui connait le sentiment de celui qui va le lire
c'est un autre riche c'est un féru de criture qui va la lire il est féru il va la lire et
donc c'est mauvais


c'est mauvais et c'est moi qui le dit et du moment que c'est moi c'est vrai parce
que je suis pauvre


les gens riches écrivent parce qu'ils ont le temps et ils énoncent dans une pensée
qui n'est pas à eux les gens riches sont possédés et quand un riche écrit c'est qu'il
est possédé


un pauvre écrit quand il est en lui il a peu le temps cinq minutes comme ça il
écrit et alors il a le sentiment de son être il est dans le vrai de son être de pauvreté
et alors son écriture est vraie et elle est dans la beauté


c'est comme ça que l'énoncé des pauvres n'est pas dans la critique mais dans les
choses d'amour et ça c'est des choses on peut pas les dire tous les jours


tous les jours il y a de quoi dire mais je n'ai jamais le temps de le sortir parce que
je suis pauvre et qu'on se permet de me voler la vie on vole la vie des gens
pauvres même s'ils veulent énoncer on leur vole la vie ça a toujours été comme
ça


et d'ailleurs en fait je vais dire une chose les gens pauvres sont les seuls qui
peuvent vivre parce que rien n'est fait pour eux ils ont tout a inventer ils ont leur
place a creuser tous les jours tu creuses ta place pour tenir droit sinon on te passe
dessus


et les riches tout est fait pour eux et c'est pourquoi je dis que les riches n'ont pas
le droit à la vie parce que c'est dégueullasse de pas mettre les mains dans la
merde les mains propres c'est dégueullasse


on peut pas écrire les mains propres sinon rien ne se trace sur la feuille les riches
n'ont pas le droit d'être c'est pouquoi quand ils écrivent ils ne font que répéter ce
qui a déjà été dit ils répètent ce qui a déjà été fait et c'est pour ça qu'ils sont de
trop ils n'ont pas à creuser leur vie


je ne suis pas de trop parce que je suis ici pour faire quelque chose et c'est
quelque chose qui n'était pas là avant


les riches ont tout le temps pour faire les choses et ils ne les font jamais et quand
ils font une chose ce n'est jamais une chose nouvelle c'est en ce sens que les
riches sont des gens dans le mal


dès que je fais quelque chose on me dérange et je ne peux plus le faire c'est
pourquoi j'écris des petits bouts de choses mais ce sont des petits bouts à moi qui
sont de la philosophie


je me souviens heidegger me disait toi ce que tu fais c'est de la philosophie ou
alors je m'y connais pas il disait
je ne fais pas de la critique mais je fais de la philosophie brute et ça c'est moi qui
le dit


la philospophie brute c'est des propositions directes c'est à pendre ou à laisser et
ça n'existait pas avant parce que je suis pauvre


la philosophie brute est une nouvelle métaphysique me disait heidegger mais la
métaphysique est une biologie de la langue je lui disais et si je lui disais la chose
c'est parce que j'étais et que je suis pauvre


les riches changent tout le temps de style alors que les pauvres ont toujours le
même style aussi toujours les mêmes vêtements ils ont souvent aussi les mêmes
rides même les jeunes pauvres ont souvent aussi les mêmes rides


alors que les riches ont toujours de nouvelles rides qui viennent ils essayent de
les cacher mais toujours il y en a d'autres qui reviennent


les pauvres n'ont qu'un seul temps pour vivre et alors il faut y aller d'un bloc et
vivre une fois un bon coup et pas faire le malin et avoir un style un seul et tout
tracer d'une seule ligne sans se retourner


les pauvres ont le style de ceux qui manquent de temps et les riches n'ont rien en
moins c'est pourquoi ils vont bientôt disparaître


parce qu'on peut pas continuer sans rien je veux dire le domptage des espèces et
tout ça avec rien dedans on peut pas et d'ailleurs les pauvres ont des plus belles
bites que les riches


les pauvres ont de plus grosses et de plus belles bites que les riches et je parle
d'expérience parce que toutes les bites que j'ai touché les plus belles et les plus
grosses c'étaient celles des pauvres et dans leurs bites les pauvres lâchent tout et
dans leur corps et dans leur vies les pauvres lâchent tout parce que les pauvres
n'ont rien a sauvé


je veux dire les pauvres n'ont pas d'argent à sauver et c'est l'absence d'argent qui
fait le pauvre et sans argent les pauvres n'ont pas de projet et n'ont rien a réaliser
et habiter comme ça sans projet c'est un bien me disait heidegger


et ne pas avoir de bien est la grande force me disait moi-même car on peut alors
tracer une ligne d'un coup d'une seule gicle dans la pensée elle même
et c'est sans rien projeter que la ligne sort et ça c'est un pauvre qui me le disait
j'énonce quand j'ai rien à dire c'est là que j'ai beaucoup à faire et alors je le fais
c'est simple


je me mets au travail et c'est ma ride qui me met en action c'est le vide de ma
fente qui me fait dire des choses et je me laisse dire les choses de sexe palpitent
je laisse dire les choses noires de sexe et tu te fais dire des choses limites et je dis
les choses à la limite de ne plus parler et je pousse les choses dans la ligne à la
limite de ne plus penser et je presse les mots alors c'est fait


la ligne est passée et laisse le vide le long de la ride il n'y a là rien d'obscur
qu'après avoir parlé je n'ai plus rien à dire c'est dit c'est dit et je n'aime pas que
quelqu'un redise après quand j'ai giclé


je suis pas là pour dialoguer je suis ici dans mon temps de pauvreté qui n'est pas
un grand temps devant soi mais qui est mon temps d'ici que je creuse en giclurant
c'est ça que je fais c'est creuser mon corps de pauvreté dans la page maintenant
pour me faire naître de me débourer la fente


je n'aime pas les compliments une fois que j'ai parlé je n'aime pas entendre les
compliments je n'aime pas les formes j'aime quand quelqu'un rougit mais je
n'aime pas les formes ni les riches qui s'inclinent aux formes


je ne me sens vivre que dans l'informe je n'ai pas peur de la forme c'est pourquoi
je ne m'incline pas devant la forme mais j'ai peur de l'informe parce que c'est le
tout de la vie qui est là


l'Etat ne subventionne pas celle qui vient ici se faire naître
c'est ici que je viens quand j'ai quelque chose à faire gicler j'aime quand
quelqu'un rougit et c'est toujours les pauvres qui rougissent


je ne sais pas ce que je dis et je parle de ça exprès pour qu'on comprenne bien
qu'on n'a rien pour s'anoncer je veux dire je veux que les riches comprennent
qu'ils n'ont rien


il donne son usine je me souviens d'un riche il avait une usine c'était un riche
italien et il a donné l'usine aux ouvriers ensuite il est allé se perdre dans le désert
parce qu'il avait découvert l'aparole


je veux dire c'est pas qu'il avait découvert la parole de dieu non c'est qu'il avait
découvert le vide de la parole qui passe il avait découvert que je ne sais pas ce
que j'énonce et ça l'avait profondément marqué


et c'est bien je trouve que c'est bien parce que je veux que chacun donne son
usine c'est pour ça que j'écris les choses c'est pour que chacun donne quelque
chose qui lui appartient et qui le constitue donne l'objet qui le constitue comme
sujet c'est bien comme sujet social donne comme sujet sexuel donne c'est donner
qu'on fait et après on n'a plus rien et alors c'est à ce moment là qu'on peut
poumoner


je poumone ma voix dans le coton des lignes il est épais et faut forcer et je tousse
ma voix et elle troue le coton et elle trouve sa place au milieu et défait toute la
fausse forme de dame criture tu es défaite et tu n'existes plus madame criture
je veux dire des choses simples et je veux dire des choses qui paraissent trop
simples des choses qui ne paraissent pas être des choses mais des boulettes de
vide


je veux dire des choses de boulette de rien du tout que personne peut reconnaître
mais seulement sentir comme ce qu'il a de plus profond en lui c'est pour ça que je
parle d'une petite boulette de vide infravisible que certain appelle dieu mais que
moi je n'appelle pas dieu mais que j'appelle parfois énergie ou mieux piston
d'énergie j'appelle ou même encore parfois j'appelle ça le grand piston
mais la plupart du temps je me garde bien de mettre un mot sur cette sensation
qui est la sensation constante en moi qui m'est la sensation bien plus constante
que l'idée du moi que d'ailleurs je n'ai pas


je n'ai pas eu l'idée du moi et n'ai toujours pas d'idée pour vivre ni pour faire des
choses je n'ai pas d'idée pour la révolution je crois pas qu'elle déboulera avec la
réunion des inéluctables conditions


je ne crois pas aux histoires et je ne crois pas à la parole que je fais pas confiance
à ce matériau dont je n'écoute jamais les histoires


je n'écoute jamais les histoires de madame criture et c'est pour ça que je fais du
dessin sur du papier plutôt que de me retourner les pensées dans les lobes du
cervelet je fais du dessin plutôt


et l'écriture de dieu est dans le dessin car le dessin est une nervosité de main qui
saisit un crayon et dieu parle dans ta main il parle dans le tracé il n'y a rien à faire
c'est comme ça


il parle dans le dessin on l'entend qu'orale est la triture de dieu on sent le geste de
dieu et si on ne sent rien c'est que dieu n’est pas


dans le dessin il y a des lignes qu'on ne voit pas c'est dieu qui s'y colle l'oeil et
fait le trait tu es assise à la table tu es concentrée il y a une feuille le trait est
lancé d'un geste qui est le tracé de l'écriture de dieu


quand dieu vient dans un dessin le trait s'égicle dans la nervosité avec le sang qui
se charge de fer


avec le geste de la main qui trace le sang se charge d'un taux de fer en contre-don
ce qui s'en va en sueur reviendra quelque part dans les veines


lorsque dieu vient certains disent dieu et d'autres disent vibration mais c'est la
même chose dieu est la même chose dans tous les noms


il reste il est un il n'a besoin de personne pour se manifester sauf la criture dieu a
besoin de la criture pour débouler dans le dessin


et quand je dis criture et dessin je vois la même chose partout j'entends des lignes
et quand je dis dieu je vois une certaine chose qui est un certain état du dessin
une certaine habitation nerveuse de la vibrure


quand la criture dessine dieu vient se manifester parce que dieu ne peut pas rester
longtemps caché il sort maintenant et l'égiclure de dieu devient une chose de
crise


j'ai remarqué que dieu est une crise qui te regarde dieu est la phase présente du
tracé qui te bascule en phase crisique


je veux dire que l'espèce humaine se réalise dans le règne crisique et le règne
crisique c'est le sublime en fait pour une main qui trace sa coulure de criture dans
une appréhension de dessin le règne crisique c'est le sublime


dieu est à sa crise car dieu ne parle qu'en criture il est toujours déjà passé à la
criture puisque la giclure le manifeste dans le dessin qui est un tracé crisique c'est
pas plus compliqué j'explique


dieu n'est plus une parole soufflée mais une incrustation de la criture par le dessin
dieu n'est plus un verbe avec de la chair dessus mais il est l'os de la main qui
trace une ligne de présent qui est la ligne de présent de maintenant


c'est maintenant que tu construis les choses de tes mains et c'est des hommes tu
construis des hommes avec tes lignes tu les fais être et tu construis les yeux la
tête tu leur encastres les yeux en tête et tu les fais voir c'est comme ça que les
hommes se regardent le premier geste c'est que les hommes se regardent
ils ont la fente à image dans la tête et les images font des médicaments et les
hommes peuvent en eux regarder la médecine car la boite à image fait office de
boite à médicaments aussi


je ne construis pas les pensées avec les mains les pensées se construisent d'ellesmêmes
depuis les images et pour certains la boite est cassée et les pensées sont
crisiques et alors ceux là sont des hommes crisiques


et pour les autres la boite n'est pas cassée et les pensées sortent souples j'explique
souple c'est normal et compréhensible et ceux là sont des hommes normaux
il y a une manière normale de faire fonctionner et une autre manière qui n'est pas
une manière normale mais crisique


cependant crisique fonctionne aussi mais à sa manière c'est la manière crisque et
normal fonctionne aussi mais sans manière crisique a plus de style crisique a plus
de personnalité


la crise n'envoie pas d'informations car de la boite sortent les pensements et les
pensées ne sont pas des informations car jamais les pensées ne font des
informations


les pensées poussent des déformations et les pensées sont en regard les unes sur
les autres mais les pensées ne sont pas des images je construis des choses avec
mes mains et après c'est à l'homme de construire ses propres déformes je peux
pas tout faire


c'est que le pensement ne se fait pas directement avec les mains du dessin il faut
d'abord passer par la boite de la tête où sont les images pour ensuite ressortir la
pommade et alors à ce moment là seulement on peut prendre la pensée dans les
mains et la modeler et les hommes d'un côté modèlent une pensée souple et
normale et informative ils n'ont rien choisi mais c'est la fatalité c'est à eux que
revient de modeler la pensée normale


et les autres dans leurs mains ils modèlent la glaise de l'instant ils ne l'ont pas
choisi mais la glaise qu'ils modèlent devient la pensée crisique qui est vrac et
prosaïque


j'écris pareil dans toutes les langues je ne macère pas au français on est toumonde
dans les bougnoules on est moi-même turc et portugais


j'écris pareil dans toutes les gicles parlent de ce que je cherche dans la crise est
un mouvement traversant toutes langues


je dessine pendant que je parle parce que c'est dans la vie la criture est dehors il
faut courir


je suis pas fiche pour travailler et je suis pas fiche pour faire la société et je suis
pas fiche pour grand chose sauf que je sais que je suis fiche pour le sexe et même
je sais que je suis très très bien fiche pour le sexe mais par contre je suis pas fiche
pour rencontrer quelqu'un alors je reste comme ça dans mon pas fiche


mais pourtant je suis une fille belle et tout mais bon je suis pas fiche de rien alors
c'est comme ça quoi on est pas fiche on n'est pas fiche


je suis pas fiche pour me faire rencontrer un gen alors je reste dans mon pas fiche
à rien et c'est là dans le pas fiche de rien qu'est mon pas fiche à la nulle que la
triture me vient et alors quand elle arrive je la prends et je la mets au cahier
et c'est dans le pas fiche que je la fais et elle se fait crisique et alors c'est bien je
sais pas trop pourquoi mais je trouve ça bien


et alors je continue docteur comme ça je fais criture un maximum et là quelque
chose me dit qu'il faut continuer la ligne et que l'important c'est pas ce que j'écris
mais que l'important c'est de criturer un maximum de temps sans s'arrêter et ne
pas interrompre la parlure


et je me sens bien que quelque chose bourre et je ne peux pas arrêter la ligne je
voudrais que j'y arriverais pas et je continue la ligne sinon on perd l'état et on
perd la concentration et je ne sais pas vivre sans la concentration car la
concentration de ma vivante est une action constante de ma parlante


je triture tout le temps un dire qui ne dure que le temps de ma giclure qui est le
temps de mon enfermement dans le déroulé des lignes qui est une spirale où je
me perds mais où je ne suis pas fiche d'être complètement perdue une bonne fois
pour toute que c'est pour ça que se continue toujours la ligne


je me concentre dans la séparation parce que je suis pas fiche de me tanquer face
à l'autre et de lui envoyer des vibrations compréhensibles


et d'ailleurs personne n'est fiche de se tanquer devant l'autre et de lui envoyer des
vibrations compréhensibles


et d'ailleurs même l'autre avec lui-même il n'arrive pas à se faire circuler du
compréhensible et puis d'ailleurs l'autre il a qu'à criturer dans le séparé s'il veut
rendre supportable l'incompréhensible et intensifier l'incompréhension à savoir
suivre la ligne


l'autre il a qu'a suivre la ligne dans son pas fiche a lui comme moi qui suis là à
giclurer de plus en plus dans l'incompréhensible où ça n'a l'intention ni de se
clarifier ni de s'arrêter


je n'arrêterais pas ma ligne est en train de faire une grosse boulette et je ne
m'arrête pas à la boulette mais je la lance au devant et je lui court après dans le
couloir


je ne ramasse pas la boulette mais je marche dessus et l'aplatie et je la tasse j'en
fais une ligne qui est maintenant est ma ligne de fente

et la ligne passe au four de la raison

je ne veux pas mettre la majuscule au début de la phrase parce que j'ai les sensations et je veux suivre les sensations je veux dire que je veux rester avec la même sensation qu'au début de la phrase, après quand je bande je veux bien mettre une majuscule dans la phrase avec un point devant la majuscule mais pour le moment je suis calme et je reste avec la même sensation qu'au départ alors pour le moment je mets pas la majuscule dans la phrase, il faut que les choses soient claires quand on écrit les choses sinon on dit n'importe quoi et on met des majuscules partout dans la phrase pour faire croire qu'on a plusieurs idées avec plusieurs départs d'idées dans la phrase mais c'est qu'en réalité on est perdu, les majuscules c'est les cons qui font les malins et qui osent pas avouer qu'ils sont perdus, et au moins avec les virgules on triche pas, et ça ça veut dire qu'on reste dans la phrase avec la même sensation qu'au début de la phrase et comme ça au moins on peut pas faire semblant d'avoir à part soi une idée derrière la tête parce que sans les points et sans les majuscules on est obligé de se fixer sur l'idées de la phrase et elle seule car c'est la phrase qui mène son idée et c'est ça que je voulais dire alors c'est bon je mets le point. Majuscule. Après on est là dans le deuxième moment c'est le deuxième départ de la phrase et alors c'est qu'on a eu un deuxième départ de sensation d'une autre sensation et alors la phrase d'écriture est repartie et nous avec derrière on a suivi voilà.



et aussi je vais dire une chose qui est une autre chose c'est que le rapport au texte est un rapport à la mort et ça je le sais parce que je le sens le rapport à la pulsion de texte est un rapport à la pulsion de mort et la mort on comprend pas c'est la violence qui vient du dehors et la mort alors n'est pas dans la compréhension et je criture touletan pour que la parole ne soit pas un rapport à la compréhension mais pour que la parole soit un rapport à la mort qui est du dehors et ma criture envoit la mort et la mort est la vie en vibration car la mort est le plus haut degré de vibration de vie et alors je veux que la parole soit un texte je veux que la parole ne soit qu'un texte qu'un condensé de texte pour que la criture du texte soit un mouvement en rapport à la mort et pas un mouvement en rapport à la compréhension c'est pour ça que je criture je veux dire que je criture contre moi-même c'est pour que le texte ne soit pas amoindri par la compréhension et que le texte ne soit pas amoindri par la morale sociale qui est compromi passé avec la vie et c'est pourquoi je veux que le texte garde son plus haut rapport à la mort qui est la vie en vibration et c'est pourquoi je ne veux pas en criturant être en rapport de compréhesion avec moi-même et je ne veux pas être en rapport de moralisation avec moi-même en criturant je ne veux pas être en rapport de séduction avec toi-même je ne veux pas être en d'autre rapport que celui qu'induit la mort dans son mouvement de mort qui est le mouvement même de la ligne de criture



et aussi je dis que la mort est de la vie en vibration d'ébulition et je fais l'ébulition maintenant et alors l'oreille je dis et l'oreille m'entend car l'oreille entend les choses dites qui sont les choses cuites au grand chaudron de vie car la vie ébulitionne la compréhension dans le chaudron et les choses dites dans le chaudron sont les choses vécues dans la vraie mort de vie hors de la compréhension et l'oreille entend le texte qui n'est en rapport qu'à la mort et qui est beau car l'oreille dit que tout ce qui est en rapport à la mort est beau et c'est pourquoi le texte aussi est beau quand il s'écrit dans le chaudron et qu'il embouillante la croûte des mots loin de la compréhension il est beau dit l'oreille et aussi le texte il est crisique dit l'oreille car tout ce qui est beau est altéré par la beauté est crisique et on peut faire quelque chose de la crise on peut l'écrire car la crise est une criture impure de triture d'altération et la triture nous vient de la mise en crise de vivre au chaudron alors je vais dire encore une chose



c'est que la crise sait les choses et légen eux ils ne savent pas les choses car seule la crise sait les choses que la crise n'est pas occupée mais légen eux ils sont occupés touletan ils sont occupés par le travail et ils ne sont pas prêts à savoir les choses parce qu'ils ne sont pas prêts à arrêter le travail je veux dire que tant qu'ils travaillent légen ne sont pas prêt à mourir voilà légen tant qu'ils travaillent ne sont pas prêts à mourir pour les choses et la crise elle elle est prête à mourir pour les choses et c'est pourquoi je sais les choses dit la crise et que je ne fais rien d'autre qu'être dit la crise sans travailler et c'est d'être que j'encrise le réel et le réel crisique seul peut connaître les choses et le réel crisique seul est vivable car on ne peut parler vraiment que dans la crise et dans la parole crisique le réel répond et il s'ouvre au devant et le réel est beau dans la pensée crisique qui l'ouvre et le réel ouvert est une ébulition de choses mortes qui sont pires que la vie et que légen ne peuvent pas connaître je veux dire le réel est une ébulition de choses mortes qui sont pirement plus belle que la vie que légen ne peuvent pas connaître car légen sont tout à leur travail et on ne peut pas connaître le pirement plus beau que la vie quand on travaille et qu'on n'a pas le temps d'écrire quand on travaille à salaire on ne peut pas écrire la beauté du texte dans la tension au salaire on n'a pas le temps de courir au devant du réel pour tracer la beauté crisique d'un beau texte car le réel ne s'ouvre pas dans l'ébulition des choses de vie quand on travaille à salaire



mais il y a toujours du réel au devant car le réel est en avance sur la parole et on ne peut pas montrer du doigt les avancées du réel sur la parole car le réel n'existe pas le réel est un assemblage factice de fantasmagorie à deux sous et la parole est une petite boulette de merde inutile la parole est une petite boulette roulée des doigts du réel la parole est un petit doigté roulé par les doigts de monsieur réel et monsieur réel connait bien madame parole parce que madame parole est mademoiselle prose c'est la même en fait et mademoiselle prose est la rouleuse de boulette et monsieur réel est le pet monsieur réel est le pet de mademoiselle prose est un pet à deux sous est le pet de la fantasmagorie de ses dessous car le réel est à la parole ce que le pet est à la nonne le réel est un petit pet de croyance car le réel pour y être il faut y croire et qui a intérêt à ce que toumonde croit au réel hein qui a intérêt hein : madame parole



et les formes elles ne sont pas en forme je veux dire elles ne vivent pas d'énergie car les formes n'osent pas encore tomber à l'informe alors elles ne vivent pas car elles ne se flaquent pas mais bientôt les formes elles accueilleront la flaque et ça je le sais et les formes elles tomberont dans l'informe et elles vivront à l'énergie de l'informe qui est de vivre dans un piston flasque qui gicle sa bouilli tout de traviole en vrac mais pour l'instant les formes sont gelées les formes sont encore en gelée dans leur jus qui est un jus de contour je veux dire qui est un jus d'évitement les formes macèrent dans leur jus qui est l'image de leur jus et les formes regardent comme ça les formes regardent la belle image gelée de leur jus dans le beau cadre de la représentation parce que le jus est le contraire de la flaque je vous dit les choses le jus est le contraire de la flaque et les formes accueilleraient leur flaque qu'elles ne macèreraient plus dans leur jus ça c'est sûr elles ne macèreraient plus dans leur jus et elles jaculeraient dans leur jet mais pour le moment les formes ne jaculent pas dans leur jet mais macèrent dans leur jus de représentation les formes macèrent dans les représentations d'images de représentations d'objets de reflets d'images sur les objets et de projections d'objets sur les images mais les formes ne parlent pas que les formes n'ont pas accès à l'informe de la parole elles sont trop grosses pour passer au gosier les formes sont trop formées n'ont pas accès au jaculé car les formes sont formellement trop figées et ne peuvent pas accueillir le tourni de vitesse qui donne à la tête son informe jet de pensée qu'aucun robinet ne peut réguler



et je vais dire encore une chose c'est que légen font des fautes parce que légen vivent et qu'on ne peut vivre qu'en faisant des fautes qui sont par exemple les fautes de ne pas savoir quoi faire ou par exemple la faute de ne pas savoir bien faire ou qui sont par exemple la faute d'aimer le sexe de plusieurs personnes à la fois et de rendre toumonde triste à l'arrivée voilà par exemple les fautes que font légen font légen font le vrac avec dedans la confusion et c'est pourquoi légen meurent parce que la confusion pousse au crime et que l'amour est toujours une histoire de crime parce que quand on n'arrive plus à neutraliser l'autre on le crime et alors c'est très dommage et c'est pourquoi légen sont dans les prisons à ne plus savoir quoi faire pour être dehors dans l'amour des sexes et c'est pour ça que légen font des fautes et c'est pourquoi légen se criment dans l'amour de la prison parce que légen pense que l'amour c'est aimer l'autre mais l'amour ce n'est pas aimer l'autre l'amour c'est neutraliser l'autre en fait l'amour c'est neutraliser l'autre dans le formol de sa nevrose à soi et ça légen ne le savent pas vraiment mais ils le font légen le vivent sans le savoir et c'est pour ça que légen vivent dans la prison de l'amour et qu'on fait des fautes d'action et des fautes de goûts dans la prison de l'amour et c'est pour ça que légen sont dans la séparation de la prison de l'amour mais la prison n'empêche pas de se donner le sexe car l'impossiblité de la donnation d'amour n'empêche en rien la possibilité de la donnation du tourni de son sexe et c'est comme ça que légen se rencontre et c'est comme ça que légen se donne la sensation c'est à dire j'explique on lance son sexe dans l'autre gen et on malaxe son sexe dans l'autre gen et alors voilà l'autre gen est content car ça lui donne la sensation et l'autre est content donc en retour il contre donne et il nous fait tourner son senti de sensation en notre sac et la donnation de son piston-senti en nous dénoue le noeud qu'on est car on est un noeud de sac puisqu'on écrit touletan dans la tête sans les mains on écrit les choses qui fabriquent l'image de soi et l'image de la communauté et c'est pourquoi nous ne sommes pas au comble du réel mais que la criture elle est au comble du réel car c'est elle qui le fabrique et c'est elle qui le nie à la fin criture est négatrice du réel



et si tu veux vivre alors tu dis les mots et c'est tout et si tu veux vivre tu pousses les mots qui veulent rien dire les mots veulent pas les mots ne veulent rien du sens a dire parce que les mots ils veulent vivre juste vivre et c'est tout et toi tu veux vivre avec eux pour tout flaquer ta forme et tout te détruire à coups de mots mais tu sais pas trop avec quoi trop comment dire les mots sauf pousser tu sais comment faire un pousser de vie de mots ça tu sais mais tu sais pas trop vers quoi trop comment pousser vers qui ne sait pas trop alors


la ligne, arno calleja - texte paru dans la mer gelée numéro 4, 2007

le moteur

j'ai besoin de mes fluides, je veux dire que j'ai besoin que circulent mes fluides et les gens j'ai besoin que mes fluides circulent au travers les gens je veux dire les amis, les gens au travers desquels circulent mes fluides sont les amis bien évidement. le contact avec les amis donnent des idées et donnent des bons moments, le contact est un passage au travers par les fluides. c'est un passage mutuel je veux dire que ça passe pour toi l'ami et que ça passe pour moi l'ami. dans la réciprocité et dans l'alcool, parce que l'amitié fait boire, l'ami offrant à boire. les fluides c'est les tiens et c'est les miens, ami, on se sert. on se sert de soi pour avoir les idées, j'ai besoin de l'ami et j'ai besoin de l'écrire et j'ai besoin de boire, tout ça en même temps les trois choses en même temps l'idée l'ami la boisson. c'est les coordonnées de ces trois choses dans mon espace-temps qui me donnent les fluides je veux dire qui me donnent la possibilité de fluidifier. je fluidifie et alors j'ai le plus grand bonheur à vivre, c'est la sensation, je veux dire c'est la sensation qui me le dit.

la sensation ne fait jamais de tâche ni de boulette je veux dire que la sensation ne ment jamais, elle ne ment jamais dans l'écriture elle ne ment jamais dans l'amitié et elle ne ment jamais lorsqu'on est sous boisson c'est pourquoi on fait et on dit des choses étonnantes sous boisson c'est parce qu'on suit la vérité de la sensation.

mes fluides sensationnent en moi un mouvement de vérité qui est mon mouvement de vérité si je me mets à l'écrire.

je n'ai rien d'autre à faire que ça, et si j'ai des idées des amis et toujours de l'alcool chez moi c'est pour faire écrire ce mouvement en moi et vivre la sensation de vérité.

le moteur d'une voiture aussi a sa vérité mais il n'a rien pour la sensationner.

le moteur n'est pas là pour faire le mariole et dans l'amitié non plus on n'est pas là pour la mariole mais pour l'idée je veux dire la puissance de l'idée qui prend acte sous la dictée de la fluidité.

remise

quand j'étais petit avec le bol de myrtilles je cherchais les choses qui écrivent sur la peau et les myrtilles coulaient dans le cou au petit cahier j'écrivais les choses qui font enfler le sexe en secret j'écrivais pour julie en secret j'écrivais pour alexandra j'écrivais les choses qui parlent pour aller aux gestes vers les gens et vers les jupes c'était toujours l'été et dans l'été toujours les vacances l'espace n'était jamais assez spatieux et je craquelais souvent j'étais aux gestes dans l'atelier du sexe je mâchais les myrtilles et coulait le jus d'écriture et je crachais les choses qui colent dans la remise du fond qui était l'atelier des gestes de sexe et je tuais les pies en leur mâchant le cou les plûmes ne volaient pas collées de salive au coin de la bouche il y avait les montagnes la porte de l'atelier du sexe n'avait pas de trou à sa serrure et l'espace faisait des lignes séparées quand je rentrais alexandra avait les choses collées aux dents elle me disait le sperme est du nougat et je lançais les morceaux à sa bouche il y avait les montagnes tout autour et les bites étaient gonflées de choses catholiques et les petites cuillères en argent sorties de la boite au fond de la remise touillaient dans les chates alexandra et julie étaient en vacances et c'est pour ça que alexandra et julie étaient nues dans la rivière elle se baignaient et julie disait les dents sont des choses écartées qui sintillent dans la nuit sans serrure on rentrait dans l'atelier du sexe les lignes étaient gonflées de choses bonnes et julie savait que les choses qui vivent sont contentes quelque part en secret une nuit j'avais quatorze ans avec la corde julie était dans sa chambre retrouvée morte et le matin dans la remise c'était la première fois alexandra me donnait toute sa bouche pour que je gicle et je lui avais tout giclé

tient

je triture la ligne et elle donne, maintenant, la ligne triturée donne le trait, à savoir la littérature d'un jet. jectile est un trait non préparé, un jet de vie cassée dédié à la crise. la triture est la crise du trait qui trace la pensée. le morceau de présent tient.

journal

, la pratique de la prose dans les couilles, le coulis, le roulis, le jet du jus, la pensée dans le coeur d'une rivière, dans le sillon déversé, la pensée déborde et elle imbibe la terre. parler dans une automobile. voyager dans un sac de couchage. faire l'amour dans les fougères. l'écriture gagne à perdre tout son jus dans le quoi dire. je travaille dans la société française et l'on me donne un salaire, je suis clivé dans mon anarchisme mais l'écriture me donne un supplément de division par lequel je peux me vivre mort, à savoir parler et regarder, de l'extérieur donc, ma pensée. je dis ma pensée et non la pensée car le sang que pompe mon coeur est le sang et non mon sang. le jeudi je ne travaille pas alors le jeudi je garde ma fille et quand le jeudi ma fille dort un moment je dessine au cahier et j'écris comme là. je passe mes jours à maigrir je ne sais pas pourquoi. le dressement du sexe et l'enfrissonage des poils des bras c'est pas toujours au même moment. je me souviens tu me parlais dans le noir et les seules paroles m'avaient fait bander, sans rien voir de toi, de peau. pareillement je peux frissonner au téléphone. je dors dans le sang parce que je l'entends battre mes veines, mon oreille interne me circule dans les jambes, au thorax, quand je suis allongé. je dis les choses pour me rappeler quoi vivre, dans l'avenir. je ne sais pas quoi vivre, quoi me faire vivre. j'ai des amis que je ne vois plus parce qu'ils m'ont dit violent et alors ils ont cessé le contact. ma violence est nouée à ce pas-quoi-vivre que je me sens chaque jour. la sexualité et la prose d'art viennent répondre, viennent remplir ce pas-quoi-vivre, ce fond d'angoisse plus tassé que tout fond, que tout centre. je me jète à la peau pour répondre, comme je me jète à la phrase. la réponse est juste, pour vivre.

consigner

le mieux qu'on peut faire c'est faire une réclamation le mieux c'est qu'on se réunisse tous que yé un maximum d'entre nous qui se réunisse pour faire une réunion et on écrit une lettre de réclamation pour faire entendre notre revendication le mieux c'est qu'on choisit celui d'entre nous qui parle le mieux et qui a l’écriture la plus lisible et qui écrira au nom de nous tous il écrira qu'on en a mare et que si ça continue comme ça les cadences comme ça à ce rythme là avec les vestiaires complètement dégueulasses et super froids en hiver dans une ambiance d'équipe complètement déprimée à cause de ce que fait la direction en ce moment et complètement épuisée que quand ya une équipe en quart qu'arrive pour relever l'autre le chef d'équipe il est tellement épuisé d'avoir passé sa nuit dans la salle de contrôle complètement frigorifique et complètement dégueulasse qu'il a même plus la force de passer les consignes à l'autre chef de quart qui arrive tout fripé de chez lui l'autre i sort à peine de son lit i s'est levé à 3 heures du mat' il est complètement décalé il est complètement détraqué au niveau bio-rythme et puis i se gèle les couilles même avec son gros col roulé et alors les vêtements les salopettes 10 fois trop petites qu'on se traînent depuis 10 ans jamais i se décident à nous les changer elles ont plein de trous, alors faudra qu'i mette tout ça dans sa lettre l'autre,et les salaires qui veulent même pas nous augmenter et qu'en plus l'autre con le mois dernier qu'il a perdu l'enveloppe avec les payes dedans qu'il était complètement bourré sur son vélo et qu'il a perdu l'enveloppe avec les payes de toute l'équipe que le temps qu'i nous refasse les chèques ça a mis 15 jours de temps alors tu vas voir qu'i va nous mettre tout ça dans sa lettre l'autre qu'en plus les mecs i zont des crédits sur le dos et des femmes et des gamins et puis i zont des courbatures parce que pour aller ouvrir les vannes des produits dans la nuit à l'autre bout de l'unité ou alors quand faut vider une cuve que on doit traiter un nouveau produit dans l'unité et ben les vannes elles sont carrément cachées derrière le gros tuyau de PO3 qui est super brulant alors en plus de te niquer le dos de pleins de courbatures eh ben en plus tu te brûles la main avec le tuyau surtout si t'as oublié tes gants parce que toute façon personne mets ses gants là dessus faut pas se leurrer hein personne i les mets ses gants parce que sinon tu peux pas fumer avec les gants mais bon, tout ça c'est pour dire que ya deux trois trucs à mettre au point sur les i et que faut trouver celui d'entre nous qui serait le plus apte et le plus capable à consigner toutes nos réclamations pourqu'on dise dans sa lettre à l'autre toutes les choses quia à dire pour que ça aille mieux

la dame

hier j'étais dans ma chambre à faire rien et puis le téléphone sonne et i me dit maintenant faut que t 'en finisse le téléphone i sonne dans ma chambre et i me dit maintenant i faut que tu te fasses le suicide c' est l'hôpito qui téléphone et qui parle dans le téléphone et qui me dit allez maintenant c'est bon c'est le moment que tu te fasses le suicide je réponds dans le téléphone non mais ça va pas ça va vraiment pas le service public et alors je prends mon manto je sors et je vais à l'hôpito à pied parce que ma moto elle est cassée et je dis à la dame à l'entrée derrière le comptoir de l'hôpito non mais ça va pas de dicter des choses à faire par le téléphone à gen qui est chez lui je lui dit ça va pas de dicter des choses mortelles à un gen qui est chez lui à faire rien que rien faire je dis non mais c'est pas un service que vous rendez au public je dis ça et elle me demande c'est un parent à vous je dis non je suis pas un parent à moi je suis même pas de ma famille elle me dit si vous êtes pas de votre famille c'est que vous avez essayé de vous suicider avec des médicaments blancs et des somnifères et des tranquillisants et qu'on va te faire un lavage d'estomac parce que t'as l'infection qu'est généralisée toquard! et elle me dit et puis d'abord les vrais hommes i s'tirent une balle dans la tête alors t'as qu'à rentrer chez toi toquard! alors je lui dis non mais le service public ça va vraiment pas alors on se regarde sans rien dire et puis elle sort de derrière son comptoir et puis alors on s 'embrasse et on s'embrasse longtemps mais sans la langue parce qu'on est au service public et qu'avec la langue c 'est privé et alors on se regarde de très près et alors on dit non mais ça va pas là et alors je rentre chez moi parce qu'entre elle et moi ça n'allait pas

merci d’accélérer

merci d’accélérer les matières les matières partent devant elles s’élancent devant nous merci d’élancer les matières devant soi non qu’elles restent aucune matière ne reste en nous les matières partent au devant on s’part particules en vitesse merci d’accélérer les matières en partance merci d’envoyer on envoie vitesse on élance dehors les rues s’écoulent et trois gens se regardent sans comprendre électrons particules merci d’accélérer et dehors les rues s’écoulent en elles mêmes et trois gens se regardent sans comprendre et dorment et meurent et sourient quand leurs visages s’échappent par leurs bouches qu’emportent les rues merci d’accélérer et traîne au sol un visage encore utilisable comme masque portez le masque portez vitesse merci d’accélérer particules électrons particules de vitesse on se discipline à la vitesse on ne se dissout pas on envoie vitesse on perle dans la vitesse envoie perlure et partance et jectance qu'on jecte on est jectile envoie salive se jète salve d'un bout de soi qui part dans la salive si en fait on s’dissout merci d’accélérer merci de précipiter les matières dans la pente merci de précipiter le monde à la perte les matières partent en pente on s’perd dans les devants merci d’accélérer on lance les matières on élance particules devant tension d’électrons lancés dans la danse on s’éjète dans la pente on ne dit rien posées dans la danse les matières ne disent rien qu'un tas tensif de matière jetée là devant intensément dans la pente dans le monde nervuré en labyrinthe intensif les matières circulent elles sont jetées et elles circulent merci d’accélérer dans l’impersonnel labyrinthe du monde qui ne signifie rien qui ne va nulle part et qui jamais ne stagne et personne ne stagne personne ne ramène les matières à soi on élance on ramène pas merci d’élancer les matières sortent toumonde avec un bout de nous s’en va on s’part nos organes déguerpissent not’peau fuguit un morceau de soi dans le labyrinthe est parti on jouit dans not’jet on accélère merci d’accélérer de la salive un œil un pied un sexe un pied de sexe chemine dans le labyrinthe des matières humaines on régresse pas on enfle et on expulse là bas un bout de soi dont on ne veut pas merci parti on n’en veut plus s’engrosse et découille là bas un bout de nous merci perdu on n’en veut plus on s’jète jectile d’humaine matière à toute vitesse merci d’accélérer not’corps se décloisonne la frontière d’ego not’bouche la vomit la frontière d’ego que vomit not’bouche circule dans l’égout du grand labyrinthe de personne où les matières volent tournoient et pulvérisent not’bouche qui mâche la matière de langue que vomit le chant on chante merci d’accélérer et d’étirer la grande bouche anale merci le corps s’ouvre et se défait du trou d'ouvert s’expulse le corps qui là bas se refait dans la coulée des matières humaines à toute vitesse dans la coulée merci d’accélérer la tête prend vitesse dans la circulation générale la tête n’est plus qu’un glaviot parmi les matières impersonnelles l’humain n’est plus le maquereau de la tête elle prend vitesse merci d’accélérer

audrey

c’est bien quand t’es là, quand t’es là ça fait que c’est beau quand t’es là, ça ouvre quelque chose de beau j’aime bien et ça me fait drôle comme c’est beau quand t’es là, c’est à cause que t’es beau, si t’étais laid si ça se trouve ça s'ouvrirait pas et ce serait laid quand t’es là, mais là comme t’es beau ça ferme tout le laid qui pouvait rester et ça ouvre tout le beau qui s’ouvre quand t’es là c’est si beau pour moi te voir là devant moi tu ouvres en t’avançant quand que tu viens c’est si beau que ça te fait encore plus beau que t’es à la normale parce qu’à la normale sans moi sans doute que tu serais un tout petit peu moins beau à la normale, c'est à cause que je suis si trouée d’émotion que ça te renvoie du beau sur toi ça j’y crois, je crois que quand un gen comme toi est d’une manière si belle dans la vie ça se transpire dans l’espace où il arrive ça j’y crois parce je suis sûre que tu fais de l’espace une chose belle quand tu arrives tu fais de l’espace une chose facile une belle chose d’espace facile à habiter quand t’es là c’est bien, c’est si beau comme c’est bien parce que j’arrive à habiter quand t’es là je trouve la place pour exister c’est bien quand t’es là ça me fait un habitat ça me fait drôle quand t’es là j’ai jamais l’envie de crever c’est parce que c’est bien, parce que sinon quand je suis seule j’ai une envie de crever que c’est pas bien de sentir ça souvent je suis seule et j’ai envie de disparaître quand je suis seule souvent j’ai une envie de crever pour en finir que tout se ferme pour en finir de mes choses qu’arrivent pas à être là qu’arrivent pas à habiter qu’arrivent pas à s’ouvrir comme toi tu le fais quand t’arrives je me déroule parce que c’est bien, quand t’es là je me déplie et c’est bien je me déplie dans l’espace que tu créés quand tu y rentres tu rentres en moi dans l’espace et c’est bien je me laisse faire je me laisse rentrer j’aime bien quand tu rentres en moi parce que c’est bien j’aime quand tu te presses dans moi tu te malaxes c’est bien quand tu viens te malaxer en moi c’est bien si encore tu fais ça si encore tu peux faire ça encore faudrait que tu puisses faire ça encore ce serait bien que tu sois là encore et que tu sois là encore pour pouvoir faire la chose qu’est beau en moi quand tu rentres c’est bien faudrait que tu sois un peu moins mort pour pouvoir être un peu plus là encore ce serait bien si t’étais un tout petit peu moins mort et un tout petit peu plus là encore si tu pouvais ne plus être mort pour revenir faire ça encore faire le beau en moi faire le bien d'en moi faire le beau comme tu faisais quand tu rentrais dans l’espace que tu ouvrais en moi

interrogatoire

cher sam. le texte de vincent m'apparaît en décalé charabié sur mon pc. est-ce juste moi où il y a une déconnade informatique? sinon, je viens de découvrir, en lisant des bio sur internet, je viens de découvrir que plus personne fait la création mais que partout on fait des interrogatoires, et chacun dans sa discipline s'y adonne. tu savais que la trilogie babylone interroge de façon urgente et sans détours le monde et ses différents discours? tu le savais toi? tu savais que des gens réalisent des performances au croisement du concert, de la lecture, et de l'art numérique, et qu'à travers les technologies multimédias en temps réel, interrogent le rapport entre corps et technologie? même le Parlement européen s'interroge sur les rapports entre blogs et médias. tu le savais ? même Isabelle Kraiser interroge l'espace avec son propre corps. tu savais qu'une œuvre peinte hâtivement de façon brouillonne interroge la valeur de la technique dans la pratique artistique ? moi je le savais pas. tu savais qu'inversement, une copie méticuleuse d'une œuvre du XVIIIème siècle interroge pareillement la virtuosité dans l'art classique? ah, dis moi un peu, je parie que tu savais pas qu'un portrait comportant de nombreuses altérations dans les caractéristiques anatomiques de la personne représentée interroge la représentation du sujet. et qu'un portrait soigneusement exécuté pourra de même interroger la représentation du sujet, "au second degré" selon certains commentaires oralisés d'informateurs sollicités dans le cadre de cette recherche. c'est dingue. en plus, une œuvre reproduisant tout ou partie d'une autre œuvre pré-existante interroge le statut d'auteur. ah ! et puis aussi, j'apprend qu'il y a un gen qui est arrivé devant tous et qui s'est mis à interroger les frontières du potentiel physique et mental à travers ses performances. yo. et un autre à côté s'est mis à interroger les codes plastiques où est enchâssé l'être contemporain. putain les mecs. un autre, ses œuvres interrogent la limite poreuse entre sphère publique et sphère privée et le caractère interchangeable des positions du voyeur et de l'exhibitionniste. yeah. sinon, en s'interrogeant sur la question de l'assimilation, de la mémoire, d'un vécu spécifique, en axant son oeuvre sur différents styles qu'il poursuit simultanément Ivan Fayard est intéressé par ce qui sème un trouble. vas-y ivan. un autre, tout simple, s'interroge sur les courants de pensées de son époque. il interroge les différentes façons que nous avons d'appréhender le naturel, il interroge comment ces codes de représentation culturelle se sont effrités au gré de l'histoire. sinon, il y a aussi un lieu de création qui interroge nos représentations d'Occidentaux. au cas où. un autre s'interroge sur le rapport entre le réel et le fantastique. demain, un video-poème interactif interrogera les potentialités d'une écriture numérique à travers la résonance des flux et du réseau. sinon rassure toi à la biennale d'istamboul, l'art interroge les frontières de l'occident.être artiste aujourd'hui signifie s'interroger sur l'entité art. il dit. sebastien loghman dit mon travail interroge les cadres et les structures que nous construisons. bises. Arno.

Cher Arno, non, le texte de vincent n'est pas spécialement à la déconne informatique ! il dit quoi ton pc ??? Je te file le texte à la fin. Et le gros défaut de ce texte à mon sens c'est qu'il n'interroge pas assez, etc. Je déconne. Plus sérieusement, je me suis demandé moi si le tour super universitaire conventionnel des interrogatoires à la pseudo-critique que tu cites n'était pas une forme de la médiocrité élevée au niveau de difficulté sacrée. Parce que c'est difficile à vivre que de ne pas sentir les choses. Je crois. Et les gens qui ne sentent pas les choses font de la carence un lieu d'exercice. Qu'on appelle théorie. Alors que je dirai que le mot théorie est quand même vachement plus prometteur que ça, si ça se frotte un peu à des cordes,disons, sentimentales, au moins fragiles comme peut l'être une écoute ou une peur, une anxiété, un désarmement conscient et confiant. Mais non, le gros du paquet, c'est de la théorie à base de carence qui s'oublie. Le théoricien est toujours un mauvais Lao Tseu : faut pas souffrir d'une langue, faut pas l'aimer faut pas la haïr, comme ça on est calé pour… ben, je ne sais trop. L'interroger par exemple. Alors que Lao Tseu, s'il n'aime rien et s'il ne déteste rien, c'est qu'il a pas mal donné. C'est une passion. Dans le type d'interrogatoire que tu cites (j'avais pas vu à quel point ce mot « interroger » pouvait être un tic envahissant ou sclérosant, comme un mot magique qu'on dit pour éviter de comprendre) manque le don. Mais tu sais quoi ? moi je crois au mot théorie. Faut juste l'arracher à la langue de ceux qui l'utilisent comme le mot magique de leur carence. On peut utiliser le lapin-tic qui sort du chapeau comme un moyen d'aimer les animaux : tiens, un lapin. Comme si on en voyait un pour la première fois. Pas blasé de voir un lapin. Je sors ma langue comme pour la première fois. C'est quand même étrange comme bestiole quand ça apparaît. Hors climat magico-carencé, le lapin est d'abord un animal qui nous regarde. Le mot magie devrait juste nous fournir, non pas l'occasion de la facilité du tic, mais celui de l'étonnement (peu importe qu'il soit provoqué par une situation artificielle, comme le truc, le tour de magie). Où on pose les bonnes questions. Les textes écrits, créatifs, nous regardent. Exactement comme des animaux muets. Paradoxalement. Il y a la même douleur dans les vrais textes créatifs, le même mutisme, le même acharnement à être muet et beau et simple dans le mutisme douloureux. Et la douleur ça veut dire, humainement : « je sais que vous attendez des phrases communicatives, à monnaie. Moi je sais juste parler. » Parler est devenu le mutisme qui effraie. D'où les interrogatoires. Plus personne ne voit le lapin qui nous regarde comme un animal. On ne veut même pas un animal technique. L'animal technique, dont l'étonnement violent serait provoqué « artificiellement » (drogue, hypnose, maladie, fatigue, dépression) est bel et bien un animal vrai. Ou tel qu'on ne le rêve pas. Or, on veut un animal qui nous regarde avec la conscience de sa « faute » ( ?) de parler muettement. C'est complètement différent de l'animal devenu homme, intelligent, je ne sais quoi de post-. Un animal qui s'excuse de l'être. On va tout faire pour déceler dans son regard dans sa langue quelque chose de la conscience d'être autre chose que la douleur « gênante » qu'il est. C'est un peu ça, le désir d'interroger. Ce que le critique ne comprend pas neuf fois sur dix, c'est que, magie ou pas magie, artifice ou pas, le truqueur ou le sophistiqué (qui n'est rien d'autre qu'un homme qui comprend un peu plus la douleur que les autres,) est au service de son animal. Pas l'inverse. Bon bah voilà, moi sans savoir je viens d'interroger la notion du Devenir-Lapin dans son rapport infra-substantiel (allez zou) au chapeaux de feutre (qui ne sont plus super à la mode, d'ailleurs)…
en amitié Arno
Sam

huit

on s'est vu jeudi mon amour mais jeudi dernier ça fait huit jours qu'on ne se voit pas ne se sent pas ne se touche pas ne se pénètre pas ne se dorme plus ensemble huit jours que je dors seule pliée sans pouvoir me sortir vers toi mon dehors huit jours sans parler à personne qu’ici tout le monde est complètement plus taré que moi ça fait huit jours sans ouvrir mes tensions mes inactions que dans des lettres que je t'écris tout le temps mon amour je me plains de la distance entre nous qui nous plombe à soi mon amour quand je suis avec toi mon corps il s'en va et il s'éclate tu me fais ça tu me parles tu me fais l'amour ta queue et ta parole elles font les mêmes choses en moi c'est une magie que tu fasses la même chose avec deux organes différents tu me donnes la chose dont j'ai besoin tu me défais l'état-mort ta queue défait il y a huit jours tu me défaisais de moi et tu me dansais en queue tu prends mes mains desserres mes cuisses et j'explose il y a huit jours je suis maigre tu explosais mes os tu m'explosais tellement je criais de bonheur tu avais peur qu'on nous entende et on nous a entendu je l'ai su le lendemain tout le monde nous entendait pendant l'amour d'il y a huit jours comment je peux tenir depuis huit jours je t'en supplie je tombe ne reste pas comme ça huit jours aussi loin je tiens comme une morte mon amour on dirait que je peux tout encaisser c'est terrible la résistance je veux que tu me casses la résistance j'ai peur du bloc que je suis il faut que tu le casses et reviennes m'ouvrir la morte que je me porte mon amour aide-moi vide-moi prends mon mal dans les belles mains elles vont profonds en moi et elles appuient sur les points magiques qui ouvrent les vannes et me vide de moi après seulement je peux m'emplir de toi si tu reviens je t'en supplies vite encore reviens faire ça encore

clotilde

le moment de jouer est tous les jours, comme tous les jours le moment de mourir. nous écrivons les textes sur l'ordinateur de la maison dans le salon, chacun son tour vient écrire son texte dans le silence du salon de la maison. nous rions beaucoup même si les textes écrits sont graves nous faisons l'amour chacun avec chacun la rotation n'exclue personne. la maison est prêtée par la mère de julie, elle est partie longtemps loin. pour les courses on ne sort pas on va taper le vin et les boites dans la cave, et la maison d'à côté c'est le paysan on va lui chercher un grande cagette pleine pour sept euros. le texte devient grand, nico dit que bientôt il sera fini. je ne me languis pas de la fin du texte parce qu'ici je suis heureuse, mais je sais qu'à la fin du texte il faudra en finir chacun l'a promis. en mélangeant du miel à la kétamine ça passe mieux et après grace au poison c'est la fin.

une fausse pensée est un cheval à bascule - 1

la poésie est normale
mais son perlement est para-normal
l'art est normal
mais la vie est para-normale
en général le normal est para-normal mais
le parapluie fuit dans la vie quand il pleut c'est
contraire au beau temps
par rapport au normal
je préfère le contraire
le contraire est ce qui ne va pas dans le sens donné
mais le bon sens est le sens contraire
le contraire est le sens préféré
je vis dans la ville parce que c'est le contraire de la campagne
et que la campagne c'est normal
c'est normal pour les animaux et
c'est normal pour les paysans
le paysan est contraire à la ville
parce qu'il a un cheval
mais il conduit une voiture
ce qui est contraire à la campagne
la ville n'admet le cheval que coupé en morceaux
ce qui est contraire à la campagne
où le paysage est entier
les morceaux ne sont pas le contraire de l'entier
je ne suis pas contraire à mes morceaux
parce que je suis mes morceaux
je suis l'ensemble de moi
ce qui est normal
et contraire à la femme
parce que je suis un homme
je suis contraire au cheval
parce qu'il ne vit pas à la ville
et que je ne vis pas à la campagne
arno est le contraire de nora
parce que nora n'est pas un homme
et qu'arno n'est pas une femme
bien qu'ils habitent tous deux à la ville
et bien qu'ils mangent tous deux du cheval
le cheval n'est pas le propre de l'homme
même pour un paysan
l'âne n'est pas le propre de la paysanne
même pour une femme sale
la saleté n'est pas le propre du contraire
parce que la saleté est le contraire du propre
le cheval est le propre du ruminant
le propre est l'essence singulière d'une chose
ruminer est le propre du cheval
parce que le cheval est une chose animale
mais arno aussi est un animo
parce qu'un animo est le contraire d'une chose
comme l'homme le contraire de la femme
ou son complément
car les contraires se complètent
l'homme et la femme se contrarient
arno et nora se complètent
quand ils ne sont pas l'un pour l'autre un cheval
le cheval n'est pas le contraire de son crotin
parce que le crotin est une partie du cheval
c'est une partie qui est partie
les contraires se quittent parce qu'ils s'inversent
c'est à dire qu'ils se complètent mais à l'envers
l'homme est le creux de la femme quand
le cheval est le propre de la campagne
je suis propre quand je contrarie ma saleté
la femme est sale d'être un morceau d'homme
une partie d'homme est partie dans l'animal
car le propre du cheval est qu'il lui manque la parole
le manque contrarie le plein
car il manque à l'homme que le plein soit son propre
le propre de l'homme est la parole
quand il manque à la femme un morceau
un morceau de parole est un mot
quand il manque un mot à l'homme pour être femme
il manque à la femme un morceau d'animal
pour que le propre de la parole soit le sale
le mot cheval salie l'homme
comme le crottin contrarie le paysan
le mot est le contraire de l'homme
c'est pourquoi je suis complètement schizophrène

une fausse pensée est un cheval à bascule - 2

le corps est une flaque
elle coule touletan
le zob est une crampe
la crampe fait gicler la flaque
la flaque perle
le con est une dilatation
le corps est une flaque qui s'écoule touletan
c'est pourquoi je perle maintenant
le zob est un totem dressé
le con est un totem creusé
le zob est un con contrarié
contrairement au con qui est un zob zinversé
le corps est une flaque
la flaque vient d'un écoulement du zob
le con est l'écuelle qui recueille la flaque
c'est pourquoi le corps est un moulage
le corps est une flaque moulée qui ne sèche jamais
à la flaque l'animo vient s'abreuver
l'animo fait gicler la flaque
le totem de la parole est le cheval
c'est pourquoi le langage est une chose animale
la parole est une crampe dans l'ego
la crampe sécrète de la drogue
un ego drogué devient un animo
l'animo est une chance pour le perlement
le zob du cheval est un totem
le zob tourne dans la bouche
c'est pourquoi le zob est le totem du vide
le totem veille
la flaque s'écoule
le vide donne le mouvement d'écoulement
le corps vient d'une fuite au niveau de la bouche
c'est pourquoi j'existe par la bonde
le corps est une flaque
le con la recueille
le corps est un moulage qui ne sèche jamais
c'est pourquoi la parole continue
une crampe de con est un spasme
un spasme libère la maladie du perlement
la maladie de la parole est la drogue de la pensée
le totem veille
la maladie soigne
les animos sont un cheval drogué
la pensée est la drogue du zob
et quand le zob se pose en totem
c'est que la bouche a ouvert sa maladie
la maladie s'écoule touletan
c'est pourquoi il est difficile de ne pas somatiser
la perle est une flaque
qui s'écoule
le con est un bac à parole
la maladie se mélange
la flaque du corps se mélange à la drogue
la maladie de la parole est la drogue de la pensée
la drogue dans la tête fait les grumeaux
la bonde est un trou dans la flaque
le zob est une seringue
la seringue pompe la parole animale
c'est pourquoi le zob est un totem à pistons
un spasme de cheval sécrète du sang drogué
le sang guérit la parole malade
c'est pourquoi je deviens animo quand je crache
une dose de drogue dans ma maladie
une courgette est un zob vert qui n'arrive pas à penser
le zob du cheval est le piston de la parole
le zob est le totem de la pensée
le zob dressé est la clenche
qui déclenche l'alarme du langage
le langage est un son qui appele les animos
les animos sont un cheval
le cheval traverse la flaque
le corps est une flaque qui s'écoule touletan
c'est pourquoi il est difficile de s'arrêter de perler
l'os est le devenir du zob
une courgette est un zob qui a mal tourné
la drogue du zob est la pensée
la drogue s'infiltre dans la terre
là où le con est creusé
dans la terre la drogue nourrit le totem
un cheval est un zob a piston
parce que le zob est l'étalon de la pensée
c'est pourquoi le langage est une chose animale
le langage pense avec de gros sabots
la pensée est chose d'animo
le cheval est le totem de la transe
la pensée est une transe qui retrousse le zob en con
le corps s'écoule
le con est un bac de maladie
la maladie sécrète la drogue
le bac du con mélange drogue et maladie
l'animo traverse
et la transe éclabousse la parole
l'homme puise sa drogue dans le bac à parole
le zob est une seringue
l'homme pistonne
une courgette est un zob malade qui ne sécrète plus sa drogue
c'est pourquoi un homme non drogué est un légume
l'animo veille sur l'homme
l'animo est une chance pour la pensée
un totem veille dans l'os
l'os est un totem en instance
il pompe de la moelle droguée
un totem est un corps déconné
un décon est de l'ouvert sculpté
mais l'homme est fermé
c'est pourquoi la question rest'ouverte
le zob est un os mou dont la moelle
n'a pas encore pistonnée jusqu'au totem
un zob ossifié est un totem
un totem est une courgette qui est parvenu a penser
c'est pourquoi l'ego passe par le stade du vegeto
avant de se dissoudre dans la flaque
la flaque est un reste de pensée
où le cheval drogué vient s'abreuver
le cheval boit
et la flaque se vide
le vide est une chance pour la transe
penser est un transe
la transe est une coulure
qui ne s'arrête pas sur son dit
la transe est une danse
qui ne s'arrête pas sur son geste
le cheval danse sur la flaque
les pattes pilotisent la flaque
c'est pourquoi l'animo est la maison de l'homme
le zob du cheval est un totem dressé
la seringue est une pompe a sang
le zob verse le sang au con
du sang monté en piston devient de la moelle
le zob spasme la moelle pour en faire du boudin
le boudin est de la moelle droguée
le corps est la purée
tomber est un mot pour penser
le cheval chute de l'homme
une vraie pensée est un cheval qui tombe
une fausse pensée est un cheval à bascule
le cheval s'abreuve au bac de drogue
la drogue donne un spasme
le spasme tend à la dilatation
la dilatation est une chance pour la dissolution
la dissolution est la solution au problème de tête
l'ego de l'homme est dissout dans la flaque
l'ego du cheval est le langage
le corps perle et sa flaque s'écoule
la pensée est une pluie
est une fuite au niveau du mot
c'est pourquoi le plombier est une chance pour la pensée
le plombier régule la pression avec une clé a piston
et remplit la pensée
du spasme du tour de sa clef
c'est pourquoi celui qui parle est le plombier de son zob
un plombier est
un spasme de chaman
un chaman est un cheval qui tombe de l'homme
c'est pourquoi tomber est un des mots de la transe
penser est une transe
la tête est un grumeau en instance de dissolution
perler c'est dissoudre l'ego
c'est pourquoi je parle
au bouchon d'évacuation
l'ego dissoud tend à la moelle
la pensée est un filtre à grumeau
les mots sont des os
le totem pistonne la moelle
la moelle est de la purée
qui coule touletan
et se mélange à la drogue
le chaman s'abreuve
dans la bouche la moelle mousse
un cheval parlant traverse l'homme
l'homme traversé est le mouvement de la pensée
le cheval chute de l'homme
tomber est un mot pour penser
l'homme est de la mousse de cheval
la mousse est une coulure droguée
la drogue passe dans la parole
elle n'en finit pas de couler
c'est pourquoi je perle maintenant
le cheval traverse la flaque
et passe de l'autre côté de la parole
c'est pourquoi je m'arrête maintenant de perler





texte paru dans la revue IF, numéro 31, septembre 2007

sensation

la drogue donne la sensation sans l’image, la drogue libère de l’image de soi quand la drogue est arrivé dans le muscle, et le sang manque de drogue au bout de la cinquième fois, au bout de la sixième fois qu’arrive la drogue dans le sang le muscle tombe en manque et c’est la durée désormais, on va prendre la drogue régulièrement dans une vie de drogué qui fera de la prison et qui aura l’hépatite c et qui s’échappera du sida en n’échangeant jamais sa pompe avec un autre tox, la sensation va durer pendant des années jusqu’au jour où en prison on fera un gros sevrage à la dure, avec dix jours de crampe et de transpiration dans le lit, à la sortie on trouvera un appartement thérapeutique en bail glissant, à la sortie on trouvera un travail et on sera dans le temps commun, juste un peu de shit de temps en temps, mais il n’y aura plus jamais la sensation de la drogue ni la tentation de la vie dans la durée, il n’y aura plus la vie dans la durée libérée de l’image de soi.

j e c t i l e

des textes d'arno calleja

arno calleja
arnocalleja@gmail.com
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