le dépôt ( extrait )
Cette chambre ce n'est pas ma chambre mais c'est une soit-disant chambre d'amis dans laquelle aucun ami ne dort jamais, parce que c'est une chambre froide et noire et mal accueillante, sans lampe de chevet, et sans table de chevet d'ailleurs, un débarras plutôt, et pas un de ces débarras où l'on entrepose du linge à plier ou des papiers à trier, non, un bébarras où l'on se débarrasse à proprement parler d'objets moches et cassés, encombrants et inutiles, et que l'on n'ose pas mettre aux ordures tout simplement.
On ne jète pas, les gens n'osent pas jeter tout ce qui les encombre, les pèse, et qu'ils jugent inutile et laid parce que les gens ont peur de la séparation, de se séparer, je veux évidement dire que les gens ont peur de la mort et que, pour se détourner de ce sentiment d'angoisse que suscite la mort, les gens entassent toute sorte d'objets et donc, moi-même, poussée par cette même peur de la séparation qui est immanquablement le signe de la peur de la mort, je gardais tout un tas d'objets dans cette chambre froide du fond du couloir, noire, qui est une chambre éminament angoissante, et qui n'est plus depuis longtemps une chambre mais un pièce, une pièce d'objets remplie d'angoisse, qui s'entasse d'objets porteurs d'une charge, de mort, dont ce sac.
Ce sac de cuir dans le placard, rempli de vêtements de poupées, de poupées dont je ne garde aucun souvenir n'ayant jamais, enfant, joué avec ces poupées ni ne les ayant, jamais, habillées, ces vêtements de poupées je les tiens de ma mère qui, elle, enfant, donc, jouait avec ces poupées aux habits de dentelle, de velour, cousus main, des petites poupées de petites bourgeoise, de valeur.
Ce sac de vêtement de poupées, dans le placard, l'autre jour je suis allée le chercher, je l'ai vidé, et j'ai déposé chaque robe sur le lit de la chambre du fond du couloir, de la pièce, le lit en était couvert, et le tapis au sol, aussi, et j'ai regardé.
Et j'ai pensé à ma fille, à ma fille qui aurait trente ans cette année, et j'ai pleuré, je me suis effondrée, je crois je me suis effondrée un long moment sur le sol pathétique et glauque et moche de cette chambre, dix minutes, de cette pièce, et puis je me suis relevée, et j'étais très très lasse. Et j'ai pris tous ces vêtements, ces petits vêtements de vingt centimètres, et je les ai remis dans leur sac, et j'ai remis le sac dans son placard, et alors. Et alors j'ai compris pourquoi je gardais ce sac de vêtements, et je me suis retournée et j'ai regardé tous les objets de la pièce et je me suis rendue compte que tous les objets de cette pièce étaient des objets morts, je veux dire des objets ayant appartenus à des morts, ma mère, ma fille, et c'est étrange, mais je ne le savais pas avant de m'en rendre compte ce jour là.
Leurs objets, ils étaient tous là, et je découvrais cette pièce dans laquelle je venais de m'effondrer. L'effondrement, quatre pattes sur le tapis, m'avait donné cette pièce, je veux dire, m'avait donné son identité, d'une manière.
Alors je suis sortie de la pièce et dans le couloir j'ai pensé à quelque chose. Qu'un jour aussi tous mes objets appartiendraient à une morte. Et à cet instant là, j'ai vu tous mes objets sans moi, pour de vrai. J'avançais dans la maison, et je voyais les livres la bouilloire le lit tout, mon attirail, soudain vu sans moi. Là j'ai visualisé. Mes affaires tiendraient au fond du couloir, dans la pièce, empilées.
Alors je me suis foudroyée. C'était le long de la colonne vertébrale, autour. Je me suis sentie violement libre, de crever, aussi, et alors, à haute voix, et là je ne sais pas du tout pourquoi, j'ai dit je ne passerai pas à travers les gouttes.
Des fois on dit des trucs extraordinaires. Clairement je me suis entendue dire je ne passerai pas à travers les gouttes, dans le couloir. Et alors je me suis sentie très libre par rapport à la mort, et en même temps cassée, j'ai commencé à boire.
Rapidement j'ai vomi, parce que l'alcool je suis jamais arrivée. J'ai dormi, le lendemain ma maison je l'ai mise en vente. J'ai pensé que même d'une morte, même d'une fille morte, j'étais toujours une mère. Je me suis dit tu peux te prendre en soin, dans deux ans tu as la retraite.
La nuit il y a l'angoisse mais je sais, de pratique, désormais, qu'elles ne durent pas plus d'un temps les angoisses. Trente minutes c'est le standart. J'apprends à attendre. Je fais tout sans médicament. Le plus souvent je pense que, une bite à disposition, ce serait le mieux, mais depuis hier je pense que tuer quelqu'un, dans sa vie au moins une fois, il n'y a rien de plus puissant.
Depuis quelques jours je commence à écrire, dans un cahier. Ce qui me sort c'est des lettres à ma mère, ce qui est complètement débile, parce que c'est complètement trop tard.
J'écris des lettres à ma mère parce que je peux pas comprendre comment toute cette histoire vient du ventre, vient d'une bite dans un ventre, dans l'humus.
Est-ce que tu sais toi que les choses viennent parce qu'on les a fouillées dans l'humus. Non. Et est-ce que tu sais d'où vient cette histoire de fouillage d'humus, de ventre de bite. Et pourquoi dans les familles il y a des cagibis. Pourquoi tu ne vois pas ça, ce trajet, de vie, ce trajet constant, vraiment ce trajet inéluctable qui fait que ta vie est prise dans une ligne qui va d'un ventre à un cagibis, d'un ventre fouillé jusqu'à un cagibi, à côté de ta chambre, tu as sept ans. Hein. Non.
Depuis que je t'écris, au moins, j'ai compris qu'on ne peut pas se fouiller soi-même le ventre, et que les cagibis sont remplis de babioles et de vieilleries, bonnes à jeter, sans indice. Que les poils c'est fait pour se carresser, et qu'il n'y a pas de tombeau à double-fond.
Aussi, j'ai compris que tu ne peux pas appréhender, tu ne peux pas dessiner un être, de a à z, du ventre au cagibis, non, et que même toi, quand tu écris, les lettres, tu ne peux pas tracer la genèse d’un être, ni même juste son action, ou d’un objet, la genèse et l'action d'un objet, non, même. Parce qu’on n’a pas accès à la complexité de l'humus, et on n'a pas accès au principe de distilation de l'humus, dans une ligne, de vie. Il y a une barrière, un interdit, qui est un interdit de lieu, et toi qui parle tu la sais cette barrière, cet impossible. Et cet impossible t’insupporte.
On sait pas le principe qui fait durer un être, et qui l'arrête, on peut pas appréhender, dessiner la durée d’un être, dans sa plasticité, sa densité propre, on ne peut qu’imaginer. On ne peut que touiller et retouiller et lui singer une genèse, à l’aveuglette. Tout ça je le dis sans médicament mais tu le sais toi combien de temps elle a mis ta mère pour te sortir et t’accoucher. Non.
Tu ne sais pas combien de temps on met pour, hop, bonjour c’est toi, sorti, d’un ventre, d’un désir, d’un désir d’enfant qui nous a copulé pour s’en trouver grossie, gonflée, d’un enfant, à sortir, hein, à se le devoir sortir pour le laisser galoper devant, en face de soi, il vit, regarde, c’est toi, tu es sortie et maintenant tu existes avec ton t-shirt, et tu manges les légumes et tu cherches un travail. Tu as dix neuf ans.
Tu n'as jamais pu te représenter la scène de ta sortie, on ne peut pas, la voir, voir le temps, que ça dure, les gestes les cris le sang la fiente, on ne peut pas et surout, que tout ça venait d’un désir, alors là on peut pas, le désir bizarre d’être grosse d’un coup, via la fouille, via un bon gros coup de fouille, dans l'humus, le père lui file la semence, et d’un coup le désir est comblé, et du coup il retombe, ça on peut pas. Et elle grossira tout du long, et le gros ce sera toi, la grosse, qui lui sortira, lui bouffera le sein, ça c’est insupportable. Sa peau c’était ton horizon, ton monde, sa peau c’est l’odeur de la mort maintenant pour toi, de la limite, de la limite de ton désir. L’horizon de ton désir et de ta mort, ta mort qui est ta mère, maintenant, on ne peut pas. En général les images sont irreprésentables mais pour toi, insupportables.
Alors aujourd'hui tu écris à ta mère, et d'abord c'est des lignes. Mais après tu lui parles à ta mère et ta mère te parle aussi, mais bien sûr rien ne passe par là, jamais jamais, parce qu'entre fille et mère il y a cette cloison des familles, la bonne vieille chape, la chape au travers de laquelle une fille et une mère jamais ne pourront se parler, s'entendre, parce que ça ne peut pas passer, la charge de ce que le mot doit dire ne passe pas dans le mot, à ta mère, ça ne peut pas se porter cette charge jusqu'à la fille, jusqu'à la mère, par le mot.
Et là c'est la bonne vieille atrocité des familles, et la bonne vieille atrocité de la famille c'est la mère et la fille qui la portent, et elles la portent chacune pour elle, tanquée chacune en elle, d'où rien ne sort, rien ne passe.
Moi à ma mère je lui ai parlé et je lui ai dit, toujours, je lui ai dit arrête de faire ce travail parce que ce travail il va te tuer, et ma mère m'écoutait mais bien sûr ma mère n'arrêtait pas son travail, jamais elle ne l'arrêtait elle continuait, et pendant des mois et des mois je lui ai dit tu arrêtes ce travail jusqu'au jour où j'ai arrêté de lui dire d'arrêter son travail et où je l'ai laissé. Je l'ai laissé chercher sa mort, dans sa fatigue, par le travail. Je l'ai laissé attendre sa mort, et bien sûr sa mort est venue.
Ma mère s'est crashée sur l'autoroute, c'est comme ça qu'elle l'a trouvée, la mort, pendant une dépression, pendant une dépression un peu plus longue un peu plus tenace que les précédentes, ma mère s'est crashée sur l'autoroute dans un pont, de béton, dans un accident de la route, un accident de la route qui, bien sûr, un suicide. Un bon vieux suicide consciencieusement camoufflé en petit accident de la route, par ma mère, mais, mais je sais que ma mère, et ma soeur aussi le sais, je sais que ma mère s'est conscieusement appliquée à s'amalgamer à ce pont, de béton, sur l'autoroute, le 24 juin 2001, en rentrant le soir du travail, à 19h00, au moment même où ma soeur et moi, ensemble, parlions de la défaite de ma mère, de sa vie, qui se concluait, donc, à cette heure.
Ma soeur qui, pareil, ma soeur jamais elle n'a réussi à parler à sa mère, notre mère, jamais elle n'a réussi à toucher quelque chose chez ma mère, et à se faire sentir, en retour, en tant que fille, à sa mère, notre mère. Et d'ailleurs jamais non plus ma soeur et moi n'avons pu nous parler, et encore moins au moment où notre mère s'était mise à mourir et où, en tant que grande soeur, je passais, par un tour plus ou moins trouble et pervers, par un tour propre aux familles, où je passais au rang de mère de ma soeur, mère de ma propre soeur, en tant que grande soeur je me voyais habillée de la présence de ma mère, au travers de laquelle, bien sûr, je ne toucherai plus jamais ma soeur et me coupais d'elle, au motif de l'impossibilité de se parler, au motif de ne pouvoir faire passer d'elle à moi quelque chose, de dit, de fille à fille.
D'autant plus que ma soeur, tu as commencé à t'enfermer au moment où notre mère s'est mise à mourir. Tu t'es mise à ne plus sortir. Tu ne sors plus, depuis des mois et des mois tu t'enfermes, et je continue à te parler, essayer, à te dire que tu ne peux pas rester enfermée comme ça, à buter quotidiennement la tête dans le mur, chez toi, je veux dire, tu restes dans le mental et tu ne sors plus, dans la rue, au parc, tu restes à ressasser, la névrose, ta belle chape de névrose bien ressassée, sans sortir, sans marcher tu ne peux pas, la léthargie, et ressasser la belle névrose, la belle névrose qui se colore de la mort de la mère, notre, ça c'est la bonne occasion, la bien bonne occasion de la mort de la mère tu t'en fais du coup une justification, de ta névrose, dans l'enfermement. Mais un jour, ma soeur, un jour ça ne va plus aller comme ça, c'est plus possible, dans l'enfermement, uniquement, parce qu'un jour, parce qu'écoute, un jour la mort sort.
Et la mort te sort en la présence d'un cancer, du sein, et dans ce cancer tu vois la mort, mais là d'un coup c'est la tienne, ma soeur, qui t'attend, et du coup toi aussi tu sors, à la rencontre.
Au début non tu ne sors pas, tu n'arrives plus à bouger, parce que le cancer dans le sein, c'est atroce. Mais c'est au début seulement, parce qu'ensuite tu fonces au devant, droit devant, et tu fonces aussi sur ton téléphone, et tu re-contactes tous tes amants, tous tes amis, les anciens gens. Tu recommences à boire, tu forniques beaucoup, je devrais dire tu re-forniques, un peu avec n'importe qui d'ailleurs, hommes et femmes confondus. Ma soeur. Ton médecin te dit que le cancer avance, il avance vraiment bien, l'opération il est trop tard pour y penser, et toi tu fais les caves des Cotes du Rhône pour te recharger en vin.
Le soir il y a l'angoisse, c'est sûr, la nuit les réveils sont nombreux, la nuit il y a l'angoisse. Mais le jeu prend. Malgré l'effroi, la fatigue et la gueule d'alcool qui t'englue le visage, le jeu prend. Le jeu devient une furie des choses du sexe et des nuits tenues, jusqu'aux derniers gestes le matin. Aussi un humour nouveau te vient, on ne te le connaissait pas. Ma soeur. La mort la mort la mort, c'est débile hein cette carrotte de trouille au bout du nez. L'humour il vient de là, de la carotte de trouille qui te pend au nez. Et puis vient le jour où tu fais le voyage. Tu pars au Mexique. Et malgré tout le groupe d'amants et la troupe d'amis, tu pars seule, tu pars seule au Mexique faire le voyage.
Tu baisses un peu le régime d'alcool, et tu marches des jours, la frénésie. Tu achètes des chaussures bleues, des chaussures fortes pour aller aux cailloux, et tu marches.
A ce moment tu ne parles plus. Tu remarques, alors, que la marche beaucoup, que l'alcool moins, et que la parole plus du tout, font tomber l'angoisse. Alors tu souris et les mollets pompent la route, et tu avances. Aussi tu poses la question. Comment, pourquoi l'angoisse tombe dans la solitude qui avance aux cailloux traversant les couleurs et la langue étrangère, espagnole, c'est la question tu te la poses. Le soir sous la tente. Pourquoi l'angoisse de la mort dans le sein, qui me bouffe, me quitte ici dans la marche, dans la solitude, dans la bière le soir. Tu sors les pieds des chaussures bleues. C'est le soir c'est sous la tente et tu fais la question.
C'est la question je le sais qui t'a ouverte, les derniers jours, en marchant, tu étais, tu es, complètement ouverte, devant la montagne de Taxco, tout toi regarde, je veux dire, tu regardes tout devant, ouverte une dernière fois, devant la montagne, le 3 novembre 2001, avant que tu meures, trente heures plus tard, le 5 novembre, dans un hôpital de Mexico, le coeur dans le sang nécrosés les métastases, juste avant que tu meures, donc, une dernière fois.
la forêt
la nature est manifeste, elle est une forêt autour de chez moi, je sors de chez moi il n'y a rien d'autre à faire, et je marche dans la forêt et dure des heures de marche et jusqu'au noir de la nuit, arrivent, bonsoir, les pensées viennent,
en marche les pensées viennent et pas les idées, ni les images ni les souvenirs mais les pensées seules dans la marche, je ne censure rien tous les clapets me sont ouverts et de tous côtés ce qui vient c'est les pensées,
la coule des pensées, blanches et rouges, la forêt, j'avance au balancement du pas dans les feuilles entre le coulement rouge et blanc des pensées, le miel derrière les yeux,
les pas sont dans le noir, les couleurs ici plus puissantes que les mots, ce sont elles qui pensent, et l'on pourrait dire envahissent, la mort n'existe pas dans la forêt, derrière les yeux le miel rouge et le miel blanc des pensées envahissent,
autour de la forêt est noire pour qui la mort n'existe pas, c'est en marchant comme ça au noir que souvent je me pleure, à cause du grand se-sentir-vivant qui me prend, les mots débandent dans la couleur, c'est par elle l'envahissement, et les pleurs de la marche, dans la sève, du se-sentir-vivant,
alors je me sens être sexe, et les pensées qui me viennent ont les filles dedans, et dans les pensées ce n'est pas l'image des filles mais le se-sentir-vivant des filles pour moi qui arrive,
alors il y aura des gestes, et nous irons faire les gestes dans la chambre, et la peau éteindra la lumière,
quand je marche dans la forêt dans le rouge et dans le blanc il y a mille gens, je marche en larme et quelque part je serai toujours vivant, je le dis c'est drôle mais c'est comme ça,
à la place des mots le rouge et le blanc pour les pensées convoquent les gestes, les gestes sont toujours des gestes de sexe, l'envahissement a lieu dans la forêt, à ce point on ne dit plus je,
pour les pensées les gestes font les phrases, des dessins dans l'air, aux mouvements de chauve-souris, les manières des mains singent l'ancienne manière des bouches, à ce moment là j'ai dedans mille gens,
alors je sors de la forêt, vers le chez moi, j'ai eu le sexe dans le noir par la marche, avec les deux couleurs, ma peau a tourné autour de l'axe de mon torse, je suis mort et le jeu a commencé, tant qu'on meurt toujours le jeu commence,
l'indifférence des sexes
les filles disent les mots plus souvent que les garçons qui eux, trouvent toujours une bonne raison de se taire, avec leur bite tout dure, dans les mains. les garçons sont pleins de mains qui te cherchent, et qui t'agrippent, quand ils t'ont trouvé. les mains des garçons alternent entre l'agrippe des files et l'agrippe de leur bite. c'est comme un dialogue. le lieu du dialogue c'est l'adolescence.
l'adolescence des garçons est une histoire de main plus que de bouche. les mains tournent en nombre dans les salles de bain, les garçons essayent leur peau, ils touchent, et la bonde accueille. le lieu des mains est le corps de soi, du garçon. l'énonciation, il la trouvera plus loin, chez le docteur, lorsqu'une fois adulte il se répètera dans la névrose.
la femme - 1
la femme - 2
les gestes
un jour il y a un gen et un deuxième gen arrive il vient vivre dans les mêmes choses et alors il y a un mot et on énonce le mot et c'est l'amour parce que le mot qui est dit est le mot amour, et alors les gens sont deux et le mot les lie et ils sont dans les choses qui sont dans le mot amour qui est le mot qui fait le sexe
un jour il y a deux gens qui font le sexe dans les choses que nous vivons, ils restent dans le lit avec l'amour autour et ils ne montent plus dans la voiture ils ont les jambes lourdes ils ne partent plus au matin pour faire le travail ils sont dans les choses disponibles qui sont dans le mot qui est dit, est le mot amour
c'est le mot des jambes lourdes et des bouches collées on ne peut plus monter dans la voiture et faire de la voiture dans le collé faire le travail dans le collé on ne peut que faire le sexe dans un lit ils font partir les semences pour se libérer des choses et du mot qui est l'amour des choses dites dans le lit
les jambes les mains dans la bouche pour faire dire les choses et les rendre disponibles qu'un jour les gens ont mis un lit entre eux et les choses un lit d'amour posé entre les gens et le monde pour que tout s'arrête un jour les gens se mettent à faire l'amour dans le lit dans le collé de toute chose s'arrête quand les gens disent le mot, dit l'amour
et le mot des gens est en retard d'un mot il est toujours en retard d'un mot car dès qu'il se pose il y en a un autre qui vient après lui pour faire la ligne si bien que le mot est toujours en retard d'un mot dit la ligne
je suis sur la crête dit la ligne et je ne pousse que sur la crête car la crête ne tient que sur les bords du haut dit la ligne et je ne suis bien que sur les bords car sur les bords je me sens mieux mais au milieu je me sens pas trop bien au milieu et les mots du coup ils ne viennent pas mais sur les bords ils viennent et là c'est bien dit le docteur
j'aime entendre les gens suivre la ligne mais j'ai remarqué qu'ils ne vont pas souvent sur les bords car sur les bords avec le vent on tombe et les gens d'ici ne sont pas dans le désir de tomber mais sont dans le désir du lit alors ils ne vont pas souvent sur les bords et c'est pour ça que les gens ne sont jamais prêt à sauter dis-je
les oeuvres sont inquiétantes car c'est l'inquiétude qui nous envoie le jus de réaliser les oeuvres, nous réalisons les oeuvres avec les mains, on jute sur le papier et c'est un beau dessin, comme j'aime, nous réalisons les dessins et aussi nous réalisons les gestes, avec la transparence des mots qu'on ne dit pas nous réalisons les gestes, c'est à dire qu'on fait l'amour en silence dans la chambre, et c'est l'inquiétude qui nous serre la crampe et qui nous tend les gestes à jus, c'est pourquoi nous avons les sexes inquiets et que l'inquiétude fait grincer les matelas
ici les gens fous passent tout le temps des coups de téléphone pour passer le temps à tenir le coup à parler, on raconte la journée passée à chercher l’argent pour la drogue et le loyer, le délire se passe rarement plus d’une fois par mois parce que le délire est maintenue par la chose de sexe et par la recherche d’argent et des médicaments, ici les gens fous sont comme les gens normaux ils ne font pas la difference entre l’amour et le sexe parce qu’il n’y a pas de différence c’est pour ça qu’ils sont les mêmes
normalement je m'arrête de bouger quand je jouis d’un gen fou et quand c'est fini je reparle au gen normal sauf des fois où je jouis en même temps que je parle alors ça fait une boulette dans la chambre et on entend du couloir le boucan d'une qui mélange le pinceau de la parole avec le baton de la jouissance
je trace les énoncés tel qu'ils viennent mais il n'y a jamais de violence dans mon cahier car la coulure de mon cahier ne dit jamais rien et quiconque viendrait boire à l'abreuvoir de ma fente s’entendrait roter que la prose n'est ni un traité ni un manuel ni un calmant ni un roman mais la douceur docteur l'impouvoir de dévier mon cours hors du mouvement du tracé
mais docteur mon cahier est calme il n'est pas énervé comme moi qui suis dans un état déplorable je le prends pour dessiner les figures qui sont les gens apparaissent à la surface et les gens sont calmes et moi je suis vrac et je suis foutue pourtant de mes mains nouées coule une trace calme que le cahier recueille
j'explique il y a le calme et il y a le vide et il y a aussi la vitalité du vide, et on agit là traversé de ce vide, et je m’ouvre à ça pour l’épuiser tout le vital l’épuiser et toute l’énergie l’épuiser parce qu'on n'a pas prise on est dansé de cette vitalité qu'est pure sexualité, elle te vide tu vois
c’est la suffoque quand les mots poussent dans le vide comme là, et malgré les suppos et le sirop le mot continue et le mot vient au lieu de moi et il épuise toute la vitesse et la suffoque gonfle et découille tout ce qu’on est
après c’est léger et ne pèse plus rien, alors on peut continuer dans un autre vide encore plus pire où rien ne pèse que le présent, où je voudrais ne plus avoir à tracer pour être
parce que chaque fois qu'on parle c'est pareil j'explique ya un noeud et on parle pour défaire un noeud car on est est un assemblage de noeuds coloriés par l'enfant qu'on était, et on défait un noeud rouge et un noeud bleu un noeud noir et on parle bravo ça marche ça tombe bien j'ai un noeud jaune dans le poumon et un noeud vert qui me bouche le tuyau, docteur
je vous dis les choses au cas où ça vous servirait un jour c'est que la pensée est dans les plantes et les cailloux lancés car elle se meut avec intensité même les jours fériés, bouge pas docteur je te dis les choses
parler est une crise qui met le poumon à la criture mais la criture ne calme pas son gen car elle aussi est une crise, qui se déroule tous les jours et qui charrie les lignes belles et laides en même temps, je te dis une chose qui t'enseigne la maladie docteur, quand on trace tout devient de l'être, l'être est une crise il est cassé et avance comme ça, c'est parce qu'on trace sans savoir, en inventant, l'être avance cassé bon, je pousse le cassé de l'être il va se verser dans la tête et se versant donne l'homme, ça a toujours été à peu près comme ça, ça vient de là que la tête verse son parler en se penchant un peu sur le probleme, en un bol, et et la parlure est une coulure de prose et la pensée est une éponge, la ligne avance de traviole, il me manquerait un pot de confiture docteur n'importe quel goût juste pour lui prendre la force
parce que je suis calme en fait sauf quand le sexe se dépose en moi là il me spirale je t'explique, je m'étends je suis calme les choses s'endorment mais d'un coup les aspires du sexe me soulèvent la plaque et je ne suis plus calme du tout et la vague de sexe mouvemente mon débit t’entends
ça claque et gicle puis coule en sexe jusqu'arno qu'arno est mon amant de nuit tu sais, mon besoin me besogne, je marche au besoin mais c'est le désir qui m'est besoin, puis rassasiée je dors la colone se courbe j'explique, la tige d’os du dos se courbe les deux bouts de la colonne s’arrondissent et se rejoignent alors la boucle du corps se ferme c’est le chaud, la boule tassée, tu groupes les mains sous le sexe au chaud des cuisses les poings avancent et tu rentres tes mains dans ton sexe le chaud, tu mets le chaud autour des mains dans le trou dans le sommeil aussi je masse la menbrane
je me fige toutes les cinq minutes, spasme au thorax, crampe à la moule, je suis une chose elle tombe à la structure, jamais née jamais morte, déjà là depuis que les lignes déraillent, aux stries des cervelles
c'est pourquoi ceux du centre tombent à la structure, on est dans le dérail des choses du sexe parce qu’on vit du déraillement des formes admises de la sexualité et on le dit dans le dérouillement des formes admises du discours, mais le docteur n’entend pas, on vit médicamentés et lui de coton aux oreilles, j’explique les choses
comme tout le monde j’ai passé dix ans possédée de langue et maintenant dans la chambre je dors douze heures de file dans le couloir si on me demande je bave sans son, la ligne mène au mutisme et la pensée au sommeil
parce que les mots et leur prononciation je ne supporte plus tout ça n'a aucun intérêt, sauf ceux que je me dis au cabinet du docteur et au cahier, là je me dis les petites choses et je sors plus forte, car faire sortir de grandes choses n'a ni l'intérêt ni l'avantage des petites, et puis on peut plus facilement se remettre au cul les petites que les grandes
tu traces ta langue de p'role pour toucher ta nymphographie, tu parles pour perdre tout lien de désense, va au bout de ta pensée prend pas la peur et finis-toi dans le geste, lâche la pensée et vide ta volonté fais la vivante jusqu’au bout maintenant
aujourd'hui j'ai rangé poliment ma chambre et tout à fait gentillement j'ai passé l'aspirateur je me suis allongée des minutes sur le lit pour me faire quelque chose dans la culotte qui m'a fait augmenter les tétons après j'ai fait la gymnastique sur le tapis et les étirements
alors mon âme s'est allongé au tapis à côté de moi et je me suis rencontré l'être psychique quelques minutes pendant que j'assouplissais les fessiers et les abdominos m'ont un peu fait mal
alors j'ai eu l'intention d'exécuter une sorte de danse lente sans musique et j'ai dansé presqu'immobile car je souhaitais secrètement pouvoir supprimer la place de mon être nerveux je cherchais à évaporer mon être de volonté et de nerf par la danse mais ça n'a pas marché
alors j'ai fait les observations sur la table et j'ai fait les observations dans le lit et j'en ai déduit que rien ne tient dans le sexe ni dans l'écrit, alors j'ai fait les observations dans la nature, le parc autour du centre, et j'en ai déduit que la science naturelle était la seule chance de connaitre les principes de l'énergie parce que les plantes et les animaux n'y vont pas de main morte à persévérer dans leur être sans parler
ici n'est pas l'endroit où l'on peut déborder, on est stabilisé par les médicaments alors on reste au milieu des raisonnements, on est pris dans les manières, entourés de fenêtres on fait la vie de manière froide, hier on n'a pas fait notre meilleure nuit, sans remuer je suis sous les choses tout le monde ici est sous les choses alors elles ne peuvent pas déborder
et les malades sans cesse regardent en eux ils sont présents et sentent la chose ils voient quand la crispe du faciès se résoudra en parole les malades comprennent les choses avant les paroles, parce que je dis les mots sans remord de n'avoir que les mots étant faible de gestes j'ai grand plaisir à me finir dans les mots, tu vois
les obsessionnels sont les gens les plus ouverts que je connaisse, je veux dire que personne n'assume vraiment d'être mort, c'est à dire que personne n'est dans le désir d'arracher, quelque chose à partager de soi avec les mots, avec les mots et les autruis, ceux des visages, j'écris sévère envers moi, le présent coule un voyage, le présent n'a rien sur quoi appuyer c'est pourquoi le présent je le repose, je vais continuer et si tu regardes alors ça va pouvoir continuer ensemble, morts
dans la ligne, c'est là que je vis, je suis vulgaire de bouche parce qu'ici je vis en pyjama comme tout le monde dit ses conneries dans des loques de plouc alors moi aussi je plouque du gosier, il n'y a pas de raison de restreindre le vulgaire au vestimentaire, aussi je sexuel donne aussi je criturel donne aussi social donne et métaphysique donne comme sujet vulgaire je me donne aux mots pas dégrossis
je réapprends à être, dans la maison parmi les choses, ce matin j’ai retouché les gestes dans la cuisine pour ça j’étais concentrée, sauf que j’avais les pets dans le ventre qui ne me sortaient pas, je réapprends les gestes mais en lavant la rape j’ai rapé l’éponge, je sens il ne me manque qu’un geste pour que je sois réalisée dans le geste de vivre, apprendre est l’entre de cette chorégraphie de vie, je suis entre la cuisine et les objets et dire les mots me donne à voir le geste
j’apprends à être à la main, dans le sexe les mots et les objets c’est tout, la mayonnaise la béchamel le sperme et moi, de tout ça je suis le bol, les gestes sont la guérison que les mots n’ont pu me donner à cause qu’ils sécretent toujours une nouvelle purée infectée
j’aime la purée et j’ai pris gout a la maladie parce que toute petite la catalgyne m’a donnée le gout qu’ont les médicaments de nous laisser tomber malade, alors j’ai trouvé la place de parler avec les sachets et avec les cachets à chacun qui vient, avec le gout du gen dans la bouche, les gens qui me viennent sont les bienvenus, sans qu’ils le sachent je fais ma mayonnaise d’eux, face a un gen je contracte le cerveau pour articuler puis je lache la machoire pour exister, claque, et j’existe avec eux
le temps je le passe à attendre car j’attends de mourir dans l’articulation, j’articule chaque jour et les gens sont les bienvenus pour attendre avec moi dans l’articulation, sauf qu’il y a des moments ou je me sens à l’étroit dans les relations qui langagent, articulent, je me sens à l’étau dans la machoire de pense qu’articule que du vent, parce que toujours il y a ce fait de la respiration sans bodruche, ce souhait du respirer sans soi, toujours pour moi et pour quiconque me vient, on aime comme ça vivre sans exemple, totalement abstrait de soi dans un présent de lignes qui ne veut rien ne demande rien
et j'ai le temps mais plutôt j'aimerais avoir l'argent juste pour me laisser pousser la chatte juste assister à la poussée de ma chatte seconde après seconde n'être attentive qu'à la poussée de ma chatte et ne voir personne passer les semaines à voir ma chatte pousser l'assister et l'observer, j'aimerais, docteur, et ne pas être obligée de faire rien avoir suffisamment d'argent pour n'être obligée à rien faire d'autre qu'être là avec ma chatte, elle pousse, et je suis là dans son temps à elle elle vit elle grandit et j'ai assez d'argent pour l'entretenir
et je reste ici immobile à ma surface les poils font une masse pour laquelle je vis
en face il y a une montagne et elle ne demande rien et autour il y a les choses les gens et les maisons qui sont laides et rien là dedans ne demande rien, toute chose tout être de gens est abstrait de soi dans un présent qui dure, le présent ne demande rien il dure en face il y a une montagne et c’est comme ça, la montagne est tanquée sur soi dans un temps de dureté qui ne peut pas hurler, moi seule suis en face de moi seule peut hurler, je mets les virgules un peu quand je veux, dans la hurle aussi je mets les virgules
il n’y a rien à demander les choses se font et les gens d’ici savent bien que les choses sans nous se font dans l’être, j’utilise les gros verbes, dans l’être se pose la montagne devant est face à moi les maisons laides autour et je dans la sensation d’être le milieu de tout ça, personne m’a demandé mon avis, rien m’a proposé d’avoir une sensation, moi-même ne m'impose jamais rien et pourtant je fais la jointure
cet acte
truche et trichien
la peau sur nous
rouges
la marche
et donc alors, parlant du rapport tendu entre le pied et la bouche, et par bouche je veux parler de la baudruche du mental, donc, parlant de l’origine pédestre du mental, parlant d’un fait qui est le fait que cette affaire vienne des pieds, là donc, il me faut bien sur parler de manger. je veux dire de la bouffe. parce que dans la vie il y a deux choses que j’ai toujours aimé faire c’est : 1 dormir la nuit avec un t-shirt que je porte après toute la journée du lendemain, et 2 manger en marchant. je vais donc maintenant parler de manger en marchant, parce que c’est notre affaire désormais. la pensée qui naît dans la marche, à vide, dans la tête, dans la durée de qui marche vers rien, c’est un fait. et de ce fait, ce fait qui par la force même de son fait met à jour l’origine de la raison, à savoir que, ça vient des pieds, elle vient du pied la raison, et de la cadence des dits pieds dans la marche, la raison, dans la durée, ça c’est une chose ici désormais démontrée, qui est un fait. mais la bouffe, le manger. manger en marchant c’est une chose, et c’est une chose énorme. je veux parler du sublime. manger en marchant c’est comme pisser en buvant, c’est une chose-monde je veux dire, c’est une chose je veux dire un acte, c’est un acte qui contient en lui toute la puissance d’un monde, toute la réalité close d’un monde fait, d’un monde accompli. j’explique. je marche en mangeant, bon évidement une pizza par exemple pas à un gros truc dans une assiette. donc j’explique, je marche en mangeant et là, quelque chose se passe, que j’adore voir se passer cette chose, j’adore y être quand se passe la chose : c’est que là, la marche, la marche la durée le roulis des pieds le mental et le discours dans la tête en silence, qui file, parce qu’il file, pour lui seul, là, cet ensemble, cet ensemble là de la marche de la durée du roulis des pieds du mental et du discours, cette machine, je dirais sublime machine, ensemble, sublime machine d’ensemble assemblé dans le temps d’une marche, dans la durée, dans la durée d’un corps buccal, en avant, là, là ce corps qui en même temps mange, il mange, là je sais pas j’arrive au bout, mais ce corps qui mange pris dans cet ensemble de marche et de mental et de discours, cette chose là, pour moi, cette chose, c’est la plus sublime des choses au monde. avec le t-shirt qu’on porte après avoir la veille dormi dedans.
ambre de choses coulées dans la chambre
docteur
entend le tchak de l'aparole qui castre, j'avance comme un arbre, son
seul, j'ai le gen castré derrière la forêt et je coupe les rondins, je sève
l'unité des mots, la ligne longe les gouttes, je n'aime ni les gens ni les
mots, je travaille comme un bucheron, son seul, je n'aime ni les gens
ni les mots car j'ai réglé mon gen au compte des mots et j'en est fini
et de l'un et des autres
je suis pas particulièrement quelqu'un ça m'intéresse pas d'être
quelqu'un qui croit des choses je crois rien sur moi je suis une fille
autour de la fente, mais freud lui avait un vagin denté, il n'avait que
ça à la bouche, freud avait un vagin denté et un anus-guillotine,
pour sectionner ses étrons-péniens, je sais les choses parce que
j'entends très bien ce que je dis, le son est découpée dans mon
oreille, je sais ce que j'ai et freud ce que j'ai il ne le savait pas, c'est
pourquoi du début à la fin il est resté autrichien
un autrichien c'est quelqu'un de bien et moi je ne suis pas très bien
quelqu'un, j'ai fenté un coup, la parole vient de la castre, toujours
ouverte je suis pas particulièrement quelqu'un n'étant fermée à rien
être quelqu'un ne m'interesse pas, je ne me prends pas pour moi
autrement qu'aliénée à la chose de sexe paroxystique en montée de
criture, j'écris à la psychose en dessinant les phrases dans la crise du
trait
crise écrit pour la noble gen de la prole, dans le noble jus de la prose,
mais les gens brisent la ligne et ne tiennent pas la prose c'est
pourquoi les gens font la paranoia et la paranoia cache le panorama
de la crise, sinon les gens seraient normaux c'est à dire ouvertement
et constament dans la psychose
je pense pas je sens, je sens couler la mouille je suis l’arbre je veux
dire je suis un arbre c'est comme ça que je sens, je veux dire que c'est
comme ça que je sève, je sens les montées de psychose c'est pourquoi
je peux sentir plusieurs sensations en même temps car l'ascenseur à
psychose monte en moi plusieurs étages en même temps il
embrouille les seuils, j'écris et la sensation monte, je veux montrer
au cahier ce que sont les nerfs alors j’écris ce que les nerfs veulent
montrer, ce sont les nerfs qui sensationnent quoi dire, les nerfs et les
branches, la sève monte selon mon affluence de mouille alors
souvent la glaire souille la culotte, l’écorce
avant c'était la constipe et maintenant c'est la chiasse parce qu’avant
je traçais tout serré et le docteur me lisait mais maintenant je coule
la prose et le docteur ne lit plus ma psychose, avant je vivais dans
une chambre qui n'était pas ma chambre mais qui était la chambre
de la ville et je te dis docteur comment c’était, on pouvait pas faire
l'amour, on pouvait pas écrire, pas de cahier trituré pendant un an,
et pas trituré pendant cinq ans dans la chamber on restait sans rien
faire je veux dire rien énoncer
faire le travail et faire la cuisine et faire la conversation et dormir
beaucoup dormir mais pas faire mouillure, aucune aucune, et rester
comme ça au sec à la rétention à la mutique, rien laisser paraître rien
laisser sortir tout retenir comme ça, et les lèvres serrées aller
travailler au matin aller aux poireaux aller livrer la marchandise aller
au bureau à la caf s’offrir à la médecine aller faire la formule comme
ça, tu vois, mais pas faire la ligne, rien tracer pendant un an et
pendant quatre rien et un jour on se rend compte la chose ça fait
cinq ans que j’ai tenu comme ça sans pomper ma gicle ni faire mes
comptes
tenue au vide mutique mais qui n'était pas docteur le vrai vide de
criture non, je veux dire il y avait toujours les choses à faire qui
remplissait le vide, le faux vide tu vois, c’était les gestes de tous les
jours gestés sans soi, c’était le pur faire docteur c’était le coq à l'âne
du faire, le coq suivait son cours et entraînait l’âne batté des jours,
l'âne bourrait la pensée obstruée et les gestes au travail de salariat, et
le sexe docteur, c'était le sexe qui tapait, c’était la besogne du sexe
qui bourrait le trou, fallait faire danser son mulet dans le trou des
jours, avec les hommes, c’etait se lever du lit et sortir au loyer,
gagner le loyer tenir le paiement rémunéré et pas lâcher, et sans
ployer que si ya ployage ça lâche, il fallait pas lâcher le pet du
déroulé des jours, cinq ans sans gester, être chose et prise aux
coulées des chiasses qui te perdent
et maintenant dans la vie sociale tu es morte me dit le loyer qu’il n’y
a qu’en giclant que tu peux viser le vivant, alors tu sors la gicle et elle
dit la simplicité le trait au cahier sur les genoux dans la chambre,
vivre d'être au mouvement de dire te pousse hors membrane au trou
de sortie est l’entrée en gestes
la gestance naît de la poussée, on naît pas qu’une fois docteur mais
plusieurs, il y a des morceaux qui naissent pas en même temps, d'où
qu'il faut parler haché pour les faire sortir, et je dis les mots qui
passent et c’est les mots sans distinction qu'aucun mot n'a sa couleur
docteur, ils viennent et je dis franco la coulure, je connais pas les
distinctions parce qu'à un moment donné on reconnaît plus ni les
particularités ni les distinctions
et je le fais volontiers je suis pas du genre torturée j'ai la bonne
nature quand je parle c'est dans l'annonce d’un coup sec ne me
mortifie pas je suis archique, et quand je bouge c'est d'un geste je
bois d'un cul et ça descend d'un coup et quand je me touche c'est
tout de suite là où il faut je fais pas de détour qu’avant je faisais les
détours et ça m'a mené à des égarements mais maintenant je me
dirige avec ce que je me sens de gestes, t’entends
des fois il y a des choses et c'est les choses elles viennent, et je suis
plus toute seule avec les choses qui me font l'angoisse et alors tu
angoisses les choses leur donne le grain, et aussi des fois il y a des
choses qui me font faire l'action la nuit dans les endroits avec les
gens et le matin je préfère ne plus rappeler la chose, et aussi des fois
il y a des choses qui viennent et qui me font pleurer et alors je pleure
les choses et je demande pas pourquoi, que quelque part je sais très
bien que j'ai rien à décider pourquoi les choses viennent je les reçois
les choses viennent aussi en voix déjà là dire un langage continu,
t’entends, qu'alors le son noue les mots en lignes simples qui sont
vraiment simples comme là
je suis maigre peau douce j’ai vingt huit ans j’ai pas de sein pas
besoin les mains sont longues les bras sont frêles je suis sexuelle
parce que je suis pas morte qu'avant ça allait pas trop bien et j'étais
un peu morte mais maintenant c'est le présent, je passe les jours à 1
triturer le cahier 2 faire l'amour et 3 parfois les deux en même temps
je suis tritureuse sexuelle docteur j'explique, je passe du cahier fluide
au sexe, dérouler les jouis d'un côté, les mots de l'autre
ici au centre il y a un gen il me fait jouir et je passe en lui de la
jouissance au cahier, j'écris à mesure de mon appétit des choses de
sexe monsieur, quand on vient de jouir l'un de l'autre après je fais la
lecture au gen qu'on vient de jouir ensemble l'un de l'autre dans le lit
qui est un petit lit pliable, je dessine la lettre à la table et je sexe au lit
je suis mince, je tiens pas de place beaucoup dans la chambre
mes hanches étroites tracent les mots de mon être sans limite
docteur j'ai pas peur du sexe il ne fait pas peur il est doux je te dis, le
sexe est pudique mon cahier n'est pas obscène mais pudique car il
n'est pas dans la peur je ne me laisse pas entraver par la méduse c'est
pourquoi je me donne à la chose de solitude je me dis que la solitude
est sexuelle dans la phrase sans peur et dans la minceur de qui
mange peu docteur mais bois, je bois le vin pour me donner la force
de piner dans la chambre, le sexe est doux docteur et donne du
chaud, j'excite le sexe en buvant la boisson, j'agis froidement sans
plus appartenir à moi
c’est pourquoi je te prends les bouteilles d’eau minérale docteur car
ce qu’il y a de bon dans l’eau minérale ce n’est ni l’eau ni le minéral
mais la bouteille de plastic qu’une fois vidée je vais remplir de vin au
pinardier du coin
je suis une fille dans la maigreur qui aime se laisser parler par la
chose de ligne aime se laisser agir par la chose de sexe aime les gens
qui parlent de la chose qui les déporte leur corps, et vous imaginez
bien que c'est pas pour mon plaisir que j'écris toute ces conneries, je
suis pas dans le plaisir je suis pas dans la douleur je suis dans
l'absence de sensation
et la pensée non plus ne sent rien docteur, la pensée est une maladie
de fièvre, la pensée ne sent rien la pensée c'est le mal docteur je le
sais, la pensée ne change jamais elle te reste toujours en panse et elle
te mâche comme ça de l'intérieur, malheureusement la pensée ne
chôme jamais et c'est pour ça qu'il y a trop de pensées et de réalité
pas assez, il faudrait obliger la pensée à pointer à l'anpe et laisser la
réalité travailler au noir
mais la pensée t'exploite et elle tire de toi la réalité et quand tu
énonces c'est de la réalité qui te sort au gosier, et quand tu travailles
c'est de la réalité qui te sort des mains ça sort de l'usine et même le
chômage est de la pensée qui pistonne dans les caisses de chômage
pour reproduire de la réalité salariale
et dans ta chambre dit la parole, et dans ta chambre tu bois l'alcool
et c'est la réalité qui s'arrête plus de pisser, au sol la flaque de pisse
s'appelle madame prose et tu la bois, c'est pourquoi baigné d'alcool
de prose ton foie distille de la pensée frelattée qui s'évapore en pur
présent, le présent est un bouillonnement de l'inconscient et
l'inconscient est une fille bourrée du matin au soir dit la madame, et
la fille dit tu à la réalité mais vouvoie le mutisme, et dans la chambre
docteur vous imaginez bien que c'est pas pour son plaisir que la fille
écrit toutes ces conneries
je suis en train d'exister dans la ligne que je trace devant toi docteur
la coulure, j'ai quitté la vie et je te touille le savoir depuis la mort
docteur je te dillue la vinaigrette directement dans ma fente de
cagole, je ne pose pas les blocs de formes mais les merdes dans la
phrase, ma moule n'est pas formée qu'aucun savoir ne me tient la
forme et ma vie démoulée ici est pure flaque docteur qu'en vérité
aucune vie ne tient au moulage, et le présent bourre ma chatte et il
fait la spirale et la spirale me déboulonne dans le mouvement de dire
et de jouir, et je fais ça pour personne car le cahier n'a pas le désir
d'être lu il n'y a pas désir de toi dans la trace c'est l'affaire de la lettre
d'amour que personne ne doit lire te dis-je
et tous les jours ouverte tout le temps trop ouverte et morcellée
cassée je me prends tout sans rien pouvoir filtrer monsieur la force
du monde je la reçois trop vite ça vient trop fort je tiens pas le coup,
je suis niquée par la force car j’ai la pine du monde dans la tête en va
et vient ça fait plotch plotch dans l'oreille et tout le temps j'énonce en
plotch, je suis au tout venant il me va et me vient et je peux rien faire
que tous les jours recevoir la pine de merde qui me perfore la tête
docteur ya rien à faire que recevoir ça et le parler et c’est tout
ya rien à inventer docteur l’invention c’est pour ceux qui ont le
temps moi j’ai pas le temps j’ai l’espace du monde dans mon oreille
je le mâche et je digère tout ce qui passe puis je fais un texte
monsieur à savoir je revomi le vomi du monde et avec ça je fais la
beauté et c’est la beauté du texte monsieur, et tous les jours je
textualise le vomi du monde et vomir c’est pas facile il suffit pas
d’ouvrir et de laisser aller non vomir c’est un travail, c'est purger
l’ascétisme au travail, c’est pas de la rigole mais de la centration de
l’isolement et de l’abstinence, je m’abstiens de participer au monde
parce que je dois le vomir d'abord me le bouffer puis le vomir
il ne peut je t’explique il ne peut y avoir de laideur dans le gerbique
jet donné au monde car la beauté est de recracher le vomi du monde
pour pas y participer, je gerbe pour me sentir moins pleine, cracher
est la beauté, tant que je suis en monde je me cracherais tu sais, j’ai
pas à exister c’est ailleurs que ça se passe, exglutir dehors la pensée
incontrôlée, j’ai rien à contrôler on m’a vomi tu sais, je suis le vomi
que l'autre n’a pas contrôlé son jet en me faisant être, je suis le vomi-
monde, du jet jeté, et c’est de ce jeté que je vais maintenant parler
la jetée travaille en toute insécurité, l'insécurité est sa force et les
trouvailles de son insécurité elle les affirme en jet bien épais qui sort
gicler à la face des gens d'ici j'explique, ici les gens ont l'insécurité
mais pas la force de l'affermir alors les gens sont dans le problème de
la tête et ils ne trouvent pas de solutions et ils persévèrent dans les
noeuds de tête que c'est les torsions nouées de l’en tête qui font
problème, et les gens ne trouvent pas de solutions, rien rien rien,
pourtant ils lisent mais les gens s'entêtent et quand ils s'entêtent
vraiment beaucoup beaucoup j'enlève les virgules pour les
encourager j'enlève la queue de lézard de la phrase et je leur fait
parler la phrase, et ils plongent au cahier et la parlent d'un coup d'un
seul pour voir si dans le fusé de la ligne leur bouchon de noeud ne
partirait pas en éclats et c'est le cas
les gens comme nous sont assis à la cantine et on nous change de
place alors les gens comme nous sont assis à la bibliothèque on lance
la main et on attrape le livre on l'ouvre regarde et le regard fait la
lecture c'est les yeux
on reste un brin comme ça et le gen pense son lu et on repose le livre
on cesse la lecture et repense son lu tu penses les choses revois le
geste de lancer le bras prendre le livre les gens comme nous ça pense
au geste
tu brasses le langage tu le touilles à l'aveuglette de force de bras et il
donne de belles giclures au cahier
c'est pourquoi le centre est rempli de langage de pyjamas et de
médicaments, tu mets l'oeil dans les traces du pyjama et l'oeil ne fait
pas d'histoire, ce qu'on énonce sans histoire vient de la touille
aveugle du bras, nous n'avons qu'un bras à gester pour écouter un
bras ne raconte pas d'histoire
docteur je ne suis pas muette mais simplement j'ai arrêté de parler il
faudrait que tu comprennes l'étendue parle pour moi et elle a cessé
de vouloir, je crois qu'il y a des choses enlève ta blouse que tu devrais
t'ouvrir à comprendre
que nous sommes des vagues faites d'eau qui n'est pas de l'eau mais
de l'alcool de mot qui saoûle autre chose que nous qui n'avons rien à
narrer mais pourquoi je dis nous pour je
je sors de moi dans l'alcool et je me laisse vide derrière, sortie de moi
depuis mes mots rotés avec les images qui sortent des yeux, tant
qu'ils regardent je trace, tu vois, au présent je me sors le vide du
regard c'est quand je le sens qu'il me sort
avant c'était pire j'explique j'avais le travail le matin et l'enfant à
nourrir le midi puis retour au salaire l'après midi l'enfant le soir dans
le soin d'être mère de mon enfant accouché et qui n'en fini jamais
d'encore accoucher
parce que les gens ne sont pas simples ils sont dans la bifurque, un
coup ils sont dans les supermarchés et un autre dans les champs à
ramasser le légume, on mange ce que la main ramasse les choses,
puis ils sont dans la chambre
regarde un gen entre dans la chambre et c'est la chambre de l'enfant,
l'enfant est la parole pure, est le pur perlement qui ne sait pas parler,
et encore il faudra lui apprendre à parler, à compter le perlement des
gouttes de son lait
les gens ne sont pas dans les choses simples, c'est compliqué, on est
coupé en 4, en 8, en 16, en 16000 et il faut penser, la situation va
s'éclaircir si on pousse, il va falloir cogiter alors les gens lisent
heidegger on lit plotin lit heraclite
les gens lisent la philosophie mais le soir on rentre du travail et il y a
encore du travail à faire le soir on parlemente le mot qui n'est pas le
même que celui du jour au travail car le travail est le mot qui ne vise
rien
la journée c'est esclave que je suis et le soir je dois trouver le ton que
l'enfant comprenne, il faut que l'enfant comprenne que la journée je
suis une morte au travail, maman est une morte dans la journée est
niée, est coupée en 4 en 8 qui font 8 bouts d'esclaves qui font 16000
mamans niées la journée font une meute d'esclaves maman je veux
dire une meute de 16000 esclaves de journée
puis tu ranges la chambre de l'enfant car l'enfant doit apprendre à
parler, il faut une belle chambre propre pour que l'enfant daigne à
parler, puis il faut préparer le diner, maman est dans les gens parce
que tout le monde va à la caf, maman se fait parler par les hommes,
ils sont dans les maisons car ils sont propriétaires des gens qui
travaillent
les hommes ne sont pas heureux dans leur maison alors ils sortent
dans les femmes, les hommes sont des proles car ici tout le monde
est un prole, un prole ce n'est pas tout simple car il y a beaucoup de
choses à faire quand on n'a que les gestes pour survivre, il y a trop à
faire et ça déborde, les objets débordent du supermarché et les mots
se dégueulent il y en a trop, c'est étouffé il y a trop d'espace et de
temps pas assez
les gens ne sont pas dans le possible mais sont refoulés du possible
et c'est le travail qui refoule, le travail est la pompe du jour qui
refoule son gen hors du possible, il faudrait arrêter de parler, dit,
arrêter le meurtre de la palabre, le discours usine de jour et nous tue,
il faudrait un silence la nuit qui ne soit pas le silence d'absence de
bruit mais qui soit le vrai silence du mutisme, l'arrêt du sens, et
l'arrêt de l'autre, et l'arrrêt du travail
qu'il n'y ait plus de chambre et plus d'enfant dans la chambre, l'arrêt
de la lumière, il y a besoin d'arrêter le travail du capital, si les proles
sont aux supermarchés c'est que les proles ont le besoin d'achat, et
les proles ont les mêmes besoin que les riches mais en pire parce
qu'on les oblige à avoir leur besoin de prole alors que les bourges
croient créer leur propre besoin
la maman a les besoins de mamans identifiées, les besoins d'homme
et d'enfant aussi sont identifiés car c'est totalement identifié, tout le
réel est passé au possible et tout le possible est complètement
bousillé parce que tout a été identifié
l'enfant ne le sait pas encore mais bien sûr il est déjà identifié, il
faudrait que l'enfant refuse une bonne fois d'apprendre à articuler
pour ne pas être identifié, à savoir mis à mort
mais l'enfant ne refusera pas d'apprendre à articuler, car l'enfant
aura envie d'apprendre à articuler ce qui est normal surtout pour un
enfant, car on oblige l'enfant a avoir les envies et l'envie d'apprendre
à articuler est la première envie
extrait de traduction
„die wahrheit sagt das mädchen die wahrheit ist dass der kopf ein übel ist der kopf ist ein übel für das denken und umgekehrt ist die wahrheit dass der körper ein gut ist sagt das mädchen der körper ist ein gedankengut und drum ist es gut weit weg vom kopf und nahe beim körper zu denken sagt das mädchen denn das denken ist die zentrifugale innere bewegung des betonmischers und es ist gut weitab von der zentrifugalen kopfbewegung zu denken denn denken heisst den körper vom kopf entfernen und der gute denkabstand ist die entfernung sagt das mädchen und ich suche die absolute entfernung zwischen mir und mir sagt das mädchen denn der gute sprichabstand ist die trennung und drum darf man um kopflos zu sprichen gegenüber der wortspritze nicht in rückstand geraten die uns aus dem hals unserer flasche spritzt sagt der junge und um ohne gegenüber der spriche in rückstand zu geraten denken zu können muss man innerhalb der spritze sprichen ohne sich um das dabei herauskommende denken zu kümmern denn das dabei herauskommende denken ist ein spritzunfall und um ohne durch sein denken verwirrt zu werden sprichen zu können muss man all die klebe in seiner spriche weglassen die uns an den bindet der man ist und drum muss man um sich zu entbinden muss man verschwinden und ich verschwinde ein bisschen sagt der junge und die worte helfen mir zu verschwinden die worte schlagen eine bresche in mir die mir hilft in der luft zu verschwinden sagt der junge und im wasser und in den wänden und in den tropfen in den wassertropfen die von den wänden perlen zu denen ich werde in den worten die mich in anderen betonmischern voller wasser verschwinden lassen in dem ich mich nicht mehr spiegle und drum schwitzt mich das sprichen spricht’s mich löst mich auf und verdampft mich verdampft mir das fleisch und drum habe ich kein ich mehr im fleisch und kein fleisch mehr im kasten sondern nur tropfen ich hab nur schwitztropfen tropfen die den raum überschwemmen und der ganze raum schwimmt im getropfe und das licht nimmt zu und nichts spiegelt sich in den tropfen ausser das licht das bleibt denn das licht ist bilderlos und das ich fliesst ins bilderlose sagt der junge und das licht ist reines denken denn das licht kommt nicht vom himmel sondern das licht kommt direkt aus den gegenständen und die gegenstände kommen aus dem denken der menschen denn der mensch macht die gegenstände und der mensch macht keine bilder sondern nur gegenstandsdinger für die hände und drum ist das denken bilderlos sagt der junge und drum mache ich gestendinger ohne dabei die worte zu sagen sagt der junge aber ich komme allein mit den gesten nicht aus mir heraus denn der wortbetonmischer rührt mir in den eiern und das rühren hilft nicht den sand aus dem eiersack zu kriegen denn der betonmischer rührt im mark und bringt den sinn in den menschenbrei aber der betonmischer hilft nicht weiter und man kommt nicht aus sich heraus und drum komme ich nicht aus mir heraus sagt der junge und so bleibe ich so“
revers
il y a toujours un revers à toute chose, c'est à dire que la représentation que l'on a de toute chose a toujours un revers, la représentation d'une chose en tant qu'elle est la représentation que s'est faite la majorité des personnes a toujours un revers, et elle est toujours fausse, c'est le revers qui est toujours vrai en définitive, c'est le côté biaisé de la représention que personne ne perçoit qui est toujours vrai, le côté biaisé personne ne le perçoit et c'est dans ce côté là (que très peu de personne percoive) que se passe vraiment la chose en fait, que ce passe l'évenement de la chose en fait, par exemple si je prends un exemple on verra bien ce que je veux dire et on verra bien que ce que je dis est vrai en fait, par exemple si je prends l'exemple du 11 septembre, par exemple, il suffit que je dise les mots 11 et septembre pour que d'un coup tout le monde ait les mêmes représentations, par exemple tout le monde voit, si je dis 11 semptembre, tout le monde voit deux tours qui s'effondrent, ça c'est évident que tout le monde voit ça au même moment dans sa tête deux tours qui s'effondrent, et aussi on voit des gens qui se jètent par les fenêtres, des gens en chemises blanches qui se jètent des fenêtres des tours, encore que là déjà on soit un peu plus au bord de la représentation parce que le fait est qu'on aie pas vu trop les images des gens qui sautaient par les fenêtres et qui se crachaient en bas, parce que c'est images là ça n'allaient pas trop, et là ça commence un peu à être le biaisé de la représentation les gens qui tombent des fenêtres en chemises blanches parce qu'on a pas trop voulu nous laissé entrer ça dans nos têtes, là ça commence à être un peu le revers, et les survivants, si je dis survivants tout le monde a la réprésentation des survivants du 11 septembre, des gens traumatisés dans la rue tout enfarinés de plâtre ou d'on ne sait trop quoi et qui marche et qui sont perdu dans leur trauma, et qui ne comprenne pas, complètement commotionnés, et on imagine, autre représentation, on imagine les gens dans la tour qui bossaient le matin et qui on vu un avion d'un coup en face leur venir dans la face mais là aucun survivants ne racontent ça, le revers de la représentation de l'évenement il est dans ce que disent les survivants en fait, quand on les laisse vraiment parler, quand on les laisse vraiment parler longtemps et qu'ils arrêtent de réciter et qu'à un moment ils commencent vraiment à parler de leur expérience à eux, de leur expérience de survivants, par exemple les escaliers, les survivants ils étaient dans les tours ils travaillaient et ils on entendu un bruit de dingue, et ils sentaient qu'il fallait pas trop resté par là et alors ils ont pris les escaliers, parce que les escaliers ça va plus vite que les assensseurs, contrairement à ce qu'on pense, parce qu'il y a pas à attendre un escalier, il est toujours là l'escalier, et la plupart des survivants qui ont pris les esclaliers et qui on réussi à sortir des tours ils disaient tous que selon eux, le gros bruit et tout qui tremblait dans les tour c'était un tremblement de terre selon eux, certains avaient déjà eu l'expérience d'un tremblement de terre dans leur vie et tout de suite ces gens là ont dit ''c'est un tremblement de terre ça, il faut descendre par les escaliers'', et l'eau, ça personne n'en parle de l'eau, parce que personne ne peut imaginer que dans les tours qui allaient bientôt s'effondrer, il y avait de l'eau qui coulait de partout, de l'eau partout coulait dans les escaliers, dans les couloirs yavait des ruisseaux, partout de l'eau, sans doute des canalisations des tuyaux je sais pas des choses comme ça qui avait éclaté et partout de l'eau coulait dans les escaliers, ça on peut pas s'imaginer ça dans nos représentations du 11 septembre, parce qu'il est dur de percevoir le revers biaisé de l'évenement qui est la vrai représentation de l'évenement, l'eau, qui est dans les petits détails pas très spectaculaires, et le calme, ça le calme personne peut l'imaginer, mais les survivants descendant l'escalier l'ont raconté le calme, le calme de la descente, les survivants qui étaient dans la tour et qui en sont sortis sont sorti par les escaliers, bon, des gens pétaient les plombs et d'autres gens assurés et ils prenaient en charge un peu la descente les évacuations, ils appelaient dans les téléphones, ils organisaient au mieux tout ça, de façon improvisée, ils essayaient de calmer les gens qui pensaient à la mort et qui hurlaient mais globalement les escaliers tout le monde les descendaient dans le calme, il y avait même des gens qui rigolaient, une survivante raconte je l'ai lu qu'à un moment donné un groupe de gens rigolaient en descendant les escaliers, ils y avait des personnes qui déringolaient en descendant les escaliers, les personnes un peu grosses ou les personnes un peu âgées dégringolaient dans les essaliers mais globalement c'était calme, et avec de l'eau, avec de l'eau régulièrement qui coulait dans les escaliers, la descente était longue et calme parce qu'il n'y avait aucune alternative, il fallait sortir, les gens ne savaient pas si c'était un tremblement de terre ou un incendie mais il n'y avait même pas vraiment à se le demander parce qu'il n'y avait rien à demander, il n'y avait qu'une chose à faire c'était : descendre les escaliers, et on ne laissera jamais un survivant jamais on ne laissera un témoin dire ''pendant que les tours s'écroulaient pendant que c'était la pure atrocité moi j'étais dans les escaliers et je suis tombé et quelqu'un m'a aidé à me relevé et on a rigolé et il y avait de l'eau qui coulait et je descendais un escalier avec beaucoup de monde et c'était calme'', personne aucun journaliste aucun politique ne peut laissé cette personne dire ce qui est le revers de l'évenment, personne ne peut la laisser dire la vérité du revers de la représentation majoritaire et hégémonique, à savoir ''pendant que les tours s'écroulaient pendant que c'était la pure atrocité moi j'étais dans les escaliers et je suis tombé et quelqu'un m'a aidé à me relevé et on a rigolé et il y avait de l'eau qui coulait et je descendais un escalier avec beaucoup de monde et c'était calme, et j'en suis sorti, et sorti calmement, et arrivé dans la rue on s'est habrité dans un café'', cette survivante, elle ne peut pas raconter son expérience, parce que le pouvoir est batti sur des représentations très fortes et que la simple expérience de cette femme pourrait ébranler les fondements de ce pouvoir, le simple faits de dire '' pendant que les tours s'écroulaient pendant que c'était la pure atrocité moi j'étais dans les escaliers et je suis tombé et quelqu'un m'a aidé à me relevé et on a rigolé et il y avait de l'eau qui coulait et je descendais un escalier avec beaucoup de monde et c'était calme, et j'en sui sorti, et sorti calmement, et arrivé dans la rue on s'est habrité dans un café et on nous a donné des bouteile d'eau '', le simple fait de dire ça, ça va pas, ça cloche, ça fait clocher la grande représentation, ça montre le revers de la grande représentation et ça la biaise, parce que les gandes représentations se font toujours biaiser par la vérité, les grandes représentations ça se fait toujours biaiser bien profond par les micro vérités, mais très peu de gens le savent, par définition,
le cahier le matin
dans le jour seulement qu'on peut rouler à la vue la radio le matin une mère de famille de 35 ans tue ses enfants, c'était hier, une mère de famille de 35 ans a tué hier ses deux enfants de 5 et 9 ans avant de se tuer elle même à Saint-Aulèste dans l'Hérault près de Montpellier, c’est le mari qui a découvert les trois corps au domicile de la famille en rentrant de son travail à midi en voiture, avec la radio, il rentrait pour manger chez lui avec la voiture, tout ça selon le parquet qui a lui-même confirmé une information donnée par France Bleu Hérault,
le matin le travail peut se faire, une fois qu'on arrive,
les deux enfants ont été tués avec un fusil de chasse selon les premiers éléments de l’enquête la mère aurait retourné l’arme contre elle ensuite, c'est ce qu'on imagine en ce moment car aucun document n’expliquant le geste n’a été retrouvé à ce stade des investigations dans la maison,
après à la radio les filles on leur fait l'interview, elles disent les gens misent sur le business, c'est clair maintenant les filles travaillent pour les nouvelles compagnie, et un double anal ça leur fait peur au début mais rapidement elles surmontent la peur, elles ne le font pas toujours au début et ils ne faut pas leur mettre la pression mais finalement elles le font sans pression, juste en voyant que les autres le font par mimetisme elles se disent c'est bon je le fais je peux, disent les filles,
pourquoi tu veux faire ça, parce que j'aime baiser elle dit, il dit ah ça c'est une réponse, elle rigole, et quand as tu commencé le sexe, à quinze ans elle dit, tu crois que c'est jeune, oui, combien de gars as tu eu, quarante trois, ah, et le plus vieux avec qui tu sois allé, trente deux, ah, mais tu sais que j'ai plus de trente deux ans, ah bon, ils rigolent, bon on n'a pas à compter tout le temps non, oui c'est vrai, bon il dit, bon tu sais jai vu des photos de toi il y a deux semaines de ça, oui, et je crois savoir que c'est les premières photos que tu as faites, oui c'est la première fois, ah je suis honnoré alors, oui, oui mais le photographe a essayé d'aller plus loin, ah, mais j'ai pas marché, ah très bien, et alors le type était vexé et puis toute façon c'était un pauvre type et vous avez bien dû voir que ces photos elle sont râtés, non tu es canon, oui d'accord mais les photos elles sont mal faites je veux dire le mec il avait rien dans la tête aucun talent dans la tête il a shooté avec son appareil ce qu'il y avait devant lui et basta alors qu'il aurait pu vraiment faire des pures photos parce que j'étais vraiment prête à aller loin et à passer du temps et tout parce que ça m'intéresse l'art et bon même l'art érotique ça m'intéresse sauf que lui l'autre râté de photographe il a fait ses cinquante clichés pourraves et tout de suite après bien évidement il pensait qu'à ma tringler que c'était gros comme une maison que tout son baratin au mec c'était juste pour en arriver là que je le suce un coup et qu'il me tringle un coup sauf que moi quand je l'ai vu venir je me suis vite rhabillée je me suis vite repris mes affaires je me suis allumée ma clope en me remettant mes pompes et un gros coup de mégot dans la joue que je lui ai donné juste comme ça juste comme une vengeance anticipée juste d'avoir vu qu'il voulait me sauter je me suis auto vengée en anticipé au mec, ah et après, ben et après rien,
le matin une fois qu'on est arrivé le travail il peut se faire
je suis la jouissance car je suis l'être et que
l'être est dans le mal on peut dire que l'être est dans le mot mal mais tout aussi bien on peut dire que voilà l'être est dans le bien car c'est tout versible cette histoire de mots de bien et de mal. c'est tout réversible dans la même farine et c'est pour ça que, goncé dans le corset de mots, on sent le bien un moment et on sent le mal un autre, et on sait jamais sur quel pied parler, la raison un jour la déraison un autre, et c'est cette alternance que j'appelle versibilité, toute cette versibilité est le propre de la jouissance, pour nous qui sommes, qu'on le veuille ou non, jetés dans l'être du discours, de l'école primaire jusqu'au rayon frais du supermarché.
les supermarchés sont des entrepots de manger et l'entropie des produits frais est plus fulgurante que j'usure des boites de conserve. nous défilons dans les entrepots pour se nourrir les enfants, les enfants sont insupportables au rayon hifi c'est pourquoi nous les cageons dans des caddies de feraille. le caddie fait la course au rayon hifi et se scratche dans les courgettes, c'est pouquoi les enfants naissent dans les choux et meurent dans les courgettes.
nous supermarchons très souvent les week end, je veux dire c'est irrémédiable que tous les week end nous supermarchons super vite et la semaine très lentement nous nous laissons dicter la liste des courses du week end on se recopie sur une grande feuille la liste des courses du week end et alors le week end c'est bon 1 2 3 partez.
je me suis retiré du supermarché et je suis allé dans l'être qui tournait autour de moi. depuis ma naissance je sentais l'être et je savais la dimension de l'être parce que depuis tout petit je sentais derrière moi et plus précisément je sentais derière ma tête me tourner un être qui s'est révélé être l'être lui-même parce qu'un jour je suis rentré en lui, en me jetant très fort la tête vers l'arrière je suis rentré en lui et alors je me suis rendu compte que tout ce qu'on raconte sur les mathématiques est faux, tout ce qu'on raconte sur l'adn est faux, tout ce qu'on raconte sur la biologie cellulaire est faux et d'une manière générale je me suis rendu compte de toutes les faussetés qu'on nous a forcé à apprendre et je me suis rendu compte que tout le régime général est une grosse fausseté générale.
alors j'ai cessé de tourner autour des supermarchés et l'être s'est mis à me parler parce qu'il y avait d'un coup beaucoup de silence loin des supermarchés et dans le silence l'être pouvait me parler.
et ce qu'il me disait était dans une langue incompréhensible qui est la langue de l'être et je ne comprenais rien à ce que l'être me disait et j'étais bien embêté. mais comme je ne comprenais rien à ce qu'il me disait je me suis mis ç lui répondre j'étais très énervé j'étais sorti des supermarchés et j'avais laissé toute ma carcasse quelque part et je l'avais suivi alors maintenant j'étais là et je me suis mis à lui parler et tout ce que je lui disais il ne le comprenait pas parce qu'il n'entendait pas parce qu'il n'entendait que la langue de l'être et que je n'y était pas mais le mouvement y était et le mouvement s'est mis à basculer de mon côté et j'ai continué de lui parler dans ce mouvement d'élocution à moi qui passait par dessus la séparation et par dessus l'incompréhension pour toucher quelque chose de moi et plus précisément quelque chose du temps parce qu'en passant sur l'être je m'adressais à cette entité du temps dont j'étais la coordonnée dans l'espace si bien que je me retrouvais dans le mouvement du discours qui m'énonçait moi-même tel quel en trois dimensions nappées d'une quatrième qui est celle du temps.
j'étais une partie parlante de l'ensemble et en même temps j'étais l'ensemble muet de toutes les parties parce que je venais de trouver la dimension du temps dans laquelle j'avais trouvé la mobilité absolue, tout cela grâce à l'être que je n'avais pas compris et ne comprenais toujours pas.
le temps se déroulait en moi selon une loi de désorganisation des crystaux moïques à reflexivité crisique, qui était une loi du temps que je subissais et que je ne comprenais pas, mais qui était une jouissance de cette loi du temps en action en moi, dont j'étais l'être de jouissance je veux dire l'inteface par laquelle le temps spatialisait sa jouissance.
cahier
Les vieilles choses retournent à la mer alors que pour l'homme c'est l'inverse, un beau jour il en est sorti. Il ne s'appelait pas encore monsieur l'homme. Mais aujourd'hui que nommé, pour ne pas dire chosé, l'homme est déjà une vieille chose et les gens pensent régulièrement à en changer.
Le calendrier nous unit, nous fait homme humain autant que les mots de la colle du cerveau.
Le transfert est la maladie de l'homme humain qui ne s'est pas reconnu dans la boule d'angoisse qui lui colmate le vide. Alors il fout tout le pressage de sa boule d'angoisse dans la gueule de l'autre, alors que bien sûr l'autre il a rien demandé. Aussi, le plus désublimé des découillages ne va jamais sans un transfert bien emporté.
Je ne sais plus où j'ai mis mes bottes mais c'est pas ça qui m'arrêtera.
Je perle à raison d'un caillot par ligne, je cahiète le caille du mot et je le rend à son lait par succésifs pressages fluidifiés.
Je vis de rien et c'est de cette force que je tire tout.
Je vide tout de mon être vacant et le vidage est sans fin, et chaque jour je vais à la traite, et le lait-cahier sort toujours neuf, chaque jour, le lait duquel le nourrisson s'engendre, son sperme propre, les mots les sons, la leçon du vide : que tous les jours il y a beaucoup à boire.
Je presse et ma peau suinte le lait et le grain.
Je presse et j'assiste la sortie, mon rôle de vie : assister le pressage du texte de la beauté.
Les choses se font. Je reste de marbre.
cahier
dans l'angoisse il y a un geste à faire, c'est la touille. la touille de la moelle est le geste, comme un geste patissier. touiller constament la langue met à distance l'hémorragie. mais une fois la langue a l'arrêt, l'hémorragie réapparait et c'est l'inonde. en général l'hémorragie n'a rien où s'arrêter, dans les mains coule du nez la moelle à parler, le perlement ne cotérise jamais. les mots à la bonde l'écoulement de l'évier le débouchage à la soude.
aujourd'hui l'évier est bouché et quand j'aurais bien touillé je te chercherais partout pour te rendre tes cheveux.
derrière les yeux est le mode d'emploi : le sang monte, les lèvres rougent, la tête colère un mot dans la sortie, qui est vitesse, suivent des mots qui sortent, il suivent le premier rot lancé dans la colère, une ligne où chaque grelot se suit, pour dire la sortie dans la colère.
la bonde regarde ce qui passe, mot cheveu bave, à fond le couteau dans l'oeil. alors la vue laminée, on continue dans le couloir les mains lissent les murs.
ici un exercice de décharge.
le couteau fond dans le feu, dans la fièvre on est dévié de la raison, le couteau fond dans le feu et la lame coule par terre une flaque d'argent, l'argent est l'angoisse, est l'angoisse + la circulation.
'' les objets cessant de s'identifier avec les symboles verbaux par quoi nous les possédons, les faisaons nous, pensant Qu'est-ce que c'est ?, pensant Mais qu'est-ce qui m'arrive Qu'est-ce qui se passe ? ... "
les camions sont des murs mobiles les murs sont des camions à l'arrêt.
toutes ces années à marseille où je ne faisais rien, véritablement rien, vraiment emporté vers rien, mais emporté par des choses. ce sont ces choses qu'aujourd'hui, mises à jour, je laisse parler.
maintenant je dessine les cahiers. l'écriture des phrases donne quoi dire au dessin.
je pompe ma mayonnaise depuis que je suis enfant ( cahier )
ça commence toumonde i passe à la langue on baigne au passage dans l'humeur d'la langue est de la salive on criture à la salive toumonde parle dans son bain on est traversé de la même humeur toumonde perler pareil et les humeurs d'la langue te traversent fluide tu es pris à la fluidance je suis le fluide du monde tu dis je suis vécu à la fluidance de langue agi les humeurs m 'avancent elles me parlent en fluidance s'étirent en moi je suis là tranquille émile fluidité d 'langue étirée jusqu'au sang l'humeur est le sang on criture au sang passent les humeurs coulent au corps la langue perle la force de ce qui coule arrive à toumonde est pris dans le coulis on ne se noie pas on boit
on nage dans l'alcool de criture je pousse ma brasse j'éclabousse mon monde je fais gicler crachure de giclure je pleus aujourd'hui il pleut et toumonde est émerveillé de la beauté c'est la beauté de la pluie la giclée rebondit et toumonde émerveillé des rebonds de la beauté l'émerveillement est regardé toumonde n'est qu'un seul oeil concentré dans le seul regard sur la beauté toumonde est merveille et regarde la giclure qui est une giclure de pluie et toumonde est mouillé de ce qu'il voit dans l'oeil une giclure de pluie est une giclure de sperme qui tombe du ciel et qui est une giclure d'eau et une giclure de pétrole et une giclure d'éther qui gicle on est émerveillé par une giclure d'éther qui est un mélange de sperme à l'éther avec de la salive d'urine il y a de l'urine dedans qui nous gicle dessus et nous inonde la vue du ciel c'est l'oeil qui regarde il est mouillé il est émerveillé de la beauté d'une giclée pure qu'on dit giclure et qui est une giclure de sperme et qui est une giclure de jus d'orange et de pétrole et de larmes qui ne sont plus salés pour avoir macérer trop longtemps dans la gouttière qui nous gicle dessus une giclure rouge qui est une giclure de sang avec dedans de la giclure de gicle qui est une pure giclée de rien sans couleur sans matière sans odeur et qui est un émerveillement d'être dans le rien qui gicle tout son saoûl
on est soi-même d'la masse en jet je veux dire du corps giclé on est soi-même toumonde toumonde est ça même que je disparce que je me sens le bouillon toudedans qui boue et l'enfant dit je suis un amas un amas tassé un tassé lancé un jet d'force qui s'élance poussé par de la drogue diffusée directement en giclure de drogue giclée dans ma peau en giclure intra-veinée dans le sang directement giclée dans le sang où circulent mes globules ordonnent aux muscles la contraction d'action pour me lancer au devant comme seul peut s'élancer un corps drogué je parle dit l'enfant dans l'élancement de la drogue elle me donne un corps animal la drogue dépoile la conscience la drogue nie la conscience et ouvre la giclée de drogue la drogue déplie le grand voile du cerveau reptilien sur lequel s'éclatent les molécules de langage qui giclent en retour et se répandent et giclent partout autour sur le sol et sur les murs et sur les toiles de peinture et sur les visages d'autruis et les giclures de molécules remplissent les pots vides d'une pluie de drogue qui nous aidera à perler quand les nuages viennent on est content mais c'est nous même qui pleuvons on est soi même d'la masse à jet et dl'a giclée droguée et c'est ça qui nous fait parler comm'on l'fait à savoir comme un piston drogué
en parlant je pistonne ma moelle pour en faire de la mayonnaise et quand je trampe mon zob dans la mayonnaise je fais rire les enfants et c'est déjà ça de gagner car la mayonnaise est une matière en expanssion constante et ça einstein s'est bien gardé d'le dire et d'ailleurs dans le mot einstein il y a le mot pierre c'est pourquoi einstein aimait se rouler dans la farine einstein aurait aimé être un beignet et ça ça n'a jamais fait rire les enfants les enfants sont cons mais pas au point d'aller voter d'ailleurs ils le feraient qu'ils ne le pourraient pas car ici majoritairement les enfants n'ont pas la majorité les enfants sont pourtant volontiers de droite c'est pourquoi si un jour je retombe en enfance je militerais chez les anarcos-pompistes
je pompe ma mayonnaise depuis que je suis enfant et les adultes mâles viennent volontier planter leur zob dans ma mayonnaise je ne suis pourtant pas un pot bien que je tienne droit d'ailleurs plus je parle plus je tiens droit et je n'ai pas l'intention de me taire ni d'être allongé je fais toujours l'amour debout pour pouvoir continuer de parler ce que je voudrais c'est dormir debout dans la parlement et continuer le mouvement dela ligne sans savoir et ne pas faire de vague et pouvoir tout penser sans bouger et sécréter moi même ma propre mayonnaise droguée et être l'oeuf monté de la parole droguée voilà ce que je voudrais
tas
parce que tu ne parlementes pas trop dans les phrases mais plutôt dans ton tas avec les moyens du bord tu te tasses pour faire rempart à la p'role et te condenses en gros tas compact qui fait face puis tu te lances jetant d’un coup la parle pour être autre chose qu’un tas de lignes et penser avec un autre matériau
puis tu enlèves les décombres et tu les mets dans le pré tu encombres un tas dans le pré et c’est le tas de toi je veux dire que c’est toi en tas et tu te transportes à la pelle tu te débarrasses et te liquides et ne veux plus entendre parler de toi tu te soldes en l’état et te poses dans le pré
après tu dis je tiens bien en moi je suis bien tassé et tiens droit je me débarrasse du quelqu’un et je passe à quelque chose à savoir au tas je suis quelque chose de transporté à la pelle un tas dans le pré j’ai choisi le pré et je me suis choisi en tas et quand on me passe devant on ne me voit pas je veux dire qu’on ne voit pas que c’est moi qu’on ne me reconnaît pas on ne reconnaît pas le quelqu’un que j’étais mais ceux qui ne me connaissaient pas ils reconnaissent un tas et donc il me découvre et donc on fait connaissance sauf si ya du vent si ya du vent je disparais et on fait plus connaissance on fait plus rien du tout on fait une promenade sans croiser son tas on marche on flotte dans le vent on est détassé de soi et décombré de son roi on a disparut on a réussi son coup on laisse le pré tout propre i reste plus qu’un pelle qui servira pour un autre
un tas ça sert à ça ça sert à dire à dire je donc ça m’sert de corps de grammaire ça m’forme un corps ça sert à faire un mot qui fait un corps une forme de corps venue du mot qui est le mot tas formé et qui corpore un je dans la p'role un je dont j’ai bien besoin pour besogner le je j’ai bien besoin d’être un je sinon chui un ça et on me met dans la poubelle alors faut que choi un je pour qu’on me mette en boite qui est la dans la boite à pronom où on prononce mon identité où on m’emboite à l’identitaire et que je jète ma boite à la poubelle c’est moi qui doit faire le geste ça sert à ça ça sert à s’mettre soi dans la poubelle pour que l’ordure dise je pour identifier le jeté pour que je me décompose et que je compose un tas ça sert à faire son tas pour faire front pour faire face et effacer sa parle pour n’être qu’un tas un tas bien à soi et s’arrêter d’parler
je suis de la masse cellulaire d'un corps de cellules perlantes un corps formé un tas de cellules amalgamées en corps suis une forme cellulaire et ne suis pas dans du moi mais dans du tas je suis parlé par ce gros tas qui dit je et je ne suis pas le je que je dis je suis l’informe du tas cellulaire formé qui ne parle pas depuis moi mais depuis mon tas
c'est pourquoi je combats la censure je ne filtre pas mon perlement je suis l’anti-filtre je suis le filtre-filtre je décensure la perle de ce gros amas de cellules en tas qu’on appelle moi et qu’on appelle corps et forme et homme homme formé à être être formé d’un moi je suis le mouvement de décensure qui fait de la p'role un geste qui ne se retient pas et je m’identifie à l’acte du parle décensuré m’identifie absolument à cet acte de libération décensé de pure pensée non attribuée de pure intensité de pensée décentrée du moi du corps formé au moi du moi formé à l’être j’éradique le mort censé qui parlait en moi et m’identifie au vivant insensé qui geste en moi et que je ne retiens pas et que je pose devant moi en tas
là je suis cloué en moi mais parfois je sens un mouvement et je le comprends pas mais je le sens et j’ai peur j’ai peur que ce soit le mouvement d’la mort et je morfle le mouvement sans jamais avoir rien demandé bon avant j’avais questionné mais j’avais jamais rien demandé et maintenant je me morfle le mouvement et ma tête c’est la dévastée et là le mouvement a passé il a saccagé et j’ai plus rien vu et j’ai plus rien compris et me suis fait saccager le mouvement est passé et i m’a morflé et là i revient encore c’est pas fini ya des restes ça revient sans que j’le demande le mouvement c’est ce qui vient quand on ne demande plus rien et je me morfle le mouvement je comprends pas l'en moi ce qui le meut le mouvement tamise ma tête c’est une plaine déserte ma tête une plaine où ça souffle ça emporte le sable des cellules ça nettoie le reste l’emporte ma tête est mue par ça qu’elle comprend pas pourquoi elle se meut en pensées qu’elle ne comprend pas ma tête ça souffle dans la plaine ça souffle et c’est la purge et je purge ma joie de morfler le mouvement soufflé qui saccage ce qui me reste plus rien que le souffle en mouvement c’est terrible le souffle que je sens c’est terrible parce que je l’entends dans le souffle terrible que je ne comprends pas c’est terrible c’est lui c’est le souffle qui me fait parler et je ne le comprend pas tu dis
subvention
dans ta bouche il y a la maladie il te faut te retourner sur ta parole il te faut aspirer le parlement pour retourner ta maladie, tu ravales ta perle pour touner autour de ta guérison, sortir la maladie du creux ça pose la guérison, c’est pas compliqué on doit continuer de perler même si yen a qu’un seul qui perle sa bave et même si c’est pas très sain de tourner autour de son esprit on doit encore se retourner dans l’esprit pour récurer la maladie, comme si ça démangeait fort le tube et qu'on grattait pour récurer l'épidémie, on écorche sa momie intérieure on lui fait prendre l’air c’est pas compliqué ya un geste qui doit être fait on doit pas hésiter on le fait on a localisé la maladie maintenant i faut intervenir c’est pas compliqué on doit continuer de presser la perle on doit continuer de perler
c’est la maladie qui donne la pensée, c’est la maladie qui donne l’envie de parler, la maladie est une force une singularité une nouvelle manière de sentir et de penser la maladie redouble la pensée, par la maladire je peux me voir penser je me vois sentir je me vois différente par la maladire je m’obsèrve je vis et je me vois vivre je sens la différence dans la maladie, la maladie donne un autre corps la maladie est une expérimentation je ne suis pas un individu je suis une vie qui s’expérimente je n’ai rien à choisir je suis comme en laboratoire je suis observé je mets une blouse blanche et je m’observe derrière la vitre, je suis des deux cotés, la maladie est en vis à vis avec la vie, je vois la vie la vie malade et je lui dis oui je dis oui à l’expérience avec ma blouse blanche je tente d’exister dans la maladie, la maladie est une possiblité de perler est une possibilité d’expérimenter différemment sa parole la maladie est une possiblité de s’entendre penser à savoir de voir la pensée, la maladie est une possibilité de penser par la vue d'observer la pensée derrière la vitre, je mets la blouse dans le laboratoire pour rester propre pendant l’observation, pour être crédible aux yeux des subventionneurs, je reçois l’argent public pour penser ma maladie pour vivre différent en expérimentant la pensée malade, je ne suis plus un individu je suis un protocole d’observation je suis une chose malade qu’on observe et depuis que je suis devenue une chose l’Etat me donne de l’argent pour me mettre derrière une vitre pour me vitrer dans la maladie pour observer mon corps parlant et expérimenter mon corps parlé, l'Etat me donne de l'argent pour me cloitrer dans le laboratoire, l'Etat me donne une blouse l'Etat me créé un emploi fictif pour que j'expérimente la fiction de la parole, et je multplie la fiction en me voyant penser en double de l'autre côté de la vitre, l'état me dit : observe le malade que tu es pour faire parler le symptome, et j'observe la malade que je suis pour parler dans la maladie que j'ai, l'Etat me dit : observe la malade que tu es pour intensifier la parole malade que tu parles, et j'observe la malade que je suis pour intensifier la parole de la maladie que j'ai, je fais mon rapport, je passe devant une commision, je rapporte mes découvertes à l'Etat et l'Etat subventionne la révolution et la maladie est l'avenir de la révolution
cahier ( adolescence )
la conception de moi-même je l'ai eu je veux dire, la conception de moi-même m'est apparue dans la tension des autres en moi même, je veux dire dans le resserrement du cercle physique et du cercle symbolique des autres sur moi, et alors j'ai pu me concevoir dans la paranoïa, à savoir dans la tension, dans le mouvement centrifuge du noeud au centre du cercle. la conception de moi-même je l'ai mise en oeuvre je veux dire qu'elle s'est mise en oeuvre par la dialectique du noeud et du cercle, dans la centrifugeuse de la raison.
l'agacement nucléaire de ma peau, l'acné, et le pullulement dermique de mes poils m'ont donné l'écriture.
alors avec elle j'ai pu me confondre le caractère à la lettre, j'ai pu me mourir en fondant le délire à la raison, via la ligne. je parle de la ligne au cahier. les messieurs et les madames pouvaient se détourner de moi, je n'étais plus dans le champs de vision, et alors je pouvais me mettre au travail. je repoussais les idées dans le cercle du délire. je ne voyais que des lettres et jamais des idées. la notion c'était pour le monsieur et l'idée pour la madame. j'étais entre, et non vu d'eux.
le pathos de soi était strié de mots, de lignes, et c'était la joie. la fausseté n'était pas plus vrai que le sérieux était du jeu. j'étais enfin inadapté. c'est à partir de ce point que j'ai pu parler. la sociabilité l'adaptabilité le regard de monsieur et le doigt pointé de madame formaient un carré mais j'étais à côté. je commençais à vivre dans l'adolescence et les choses coulaient. souvent j'en pleurais car je n'étais pas étroit je venais de naître et déjà je ne passais plus ni dans la porte ni dans l'escalier. les morts étaient psychorigides et les vivants étaient protestants, il ne fallait pas trop s'attarder par là. je ne regardais pas les statues que je savais venir d'un moule. j'aimais les peintures car elles étaient coules, et les livres étaient mes centrifugeuses. je donnais mon jus sur les livres car j'étais sans méfiance. les rues n'existaient pas encore. mes vertèbres déviaient bien et supportaient le délire.
sais quoi faire
cahier
Il n'y avait dans ma manière ni plaisir ni préciosité, je ne faisais la chose ni dans la transe ni dans le délire, ni dans le délire de grandeur ni dans le délire de persécution ni dans le délire de me punir parce qu'il n'y a pas de délire dans mes manières de gestes, parce qu'il n'y a pas de pensée en moi, quand je le faisais. Il n'y avait que l'éxécution d'être dans les gestes, être aux gestes sans rien à faire délirer, que les gestes. L'autre y trouvait sa jouisse, puis la touche cessait et l'on se séparait. C'était facile.
C'est après avoir prostitué mes gestes que je me suis retrouvée mal. Quand ça s'est arrêté, là je me suis rendu compte. J'ai commencé une analyse pour ne pas sauter par la fenêtre parce que j'avais les envies de mort et j'avais peur de le faire alors j'ai commencé une analyse. Au bout de la première séance je me retrouvais vivante, je parlais beaucoup dès la première séance et je sentais que j'étais en train de me sauver. Je veux dire me sauver la vie. Parce que je n'avais plus le soi-même, et je me découvrais à la place du soi-même, du vieux soi-même, un gros bloc de vibration de souffrance. Et j'ai commencé à parler loin, et j'ai commencé à comprendre ma souffrance, et alors je me suis mise à sentir, sentir et comprendre s'entrainaient. Et je me suis mise très fort à sentir les choses dans le sexe. Je n'aimais personne mais je couchais beaucoup. Sans paye, gratuit. Ca changeait beaucoup, tout. Le commencement de l'analyse m'a dicté une forte envie de me mettre à coucher avec un maximum. Je trouvais facilement les personnes pour le faire avec, et ça changeait tout. Ca changeait beaucoup, je veux dire beaucoup de monde, changeait souvent. Au plus je sentais au plus j'étais vibrante, ça se mettait à ne plus jamais cesser, pour moi. Je couchais beaucoup et au plus je faisais au moins j'aimais, les gens, les garçons, ceux qui me faisaient. Je m'attachais à une sensation, qui était très pleine de moi pour moi, et je me défaisais des autres, des contacts. J'ai compris que j'étais prête pour la mort, je veux dire la vraie mort, et je l'ai dit à l'analyste, ça faisait trois ans, et je l'ai dit et il a compris, j'ai vu qu'il avait compris, et alors je suis partie et j'ai pu mourir dans la mort pour la première fois et la dernière. Pour de vrai. Et aussi c'était facile.
travail
cono
conos parce que je vis avec, je vis avec les conos de france
votent en france mangent les légumes achètent ils parlent la
langue de france le français
je suis quant à moi je suis une être supérieure, ma supériorité
est ma faiblesse, est mon incapacité, je suis incapable de
travailler, je suis incapable de me présenter c'est pourquoi je
suis libre, mon incapacité est ma liberté
Ma liberté est de tout le temps triturer. Je peux mettre les
virgules, et puis d'un coup je peux mettre un point. Et alors je
peux mettre la majuscule. où ne pas. Je Peux Mettre Tout Le
Temps. Ma faiblesse est de ligner
je criture en nostre belle langue de france. La france c'est le
cono français, il parle. J'écris la prose écoulement. prose
s'écoule loin du français, mais je ne veux pas faire la
bougnoule, je ne veux pas inventer un mot comme ça pour
faire bougnoule
je parle langue bougnoule quand j'ai besoin, je ne force pas
ma bougnoule, je la laisse, bougnoule est supérieure de se
laisser parler, ma passivité s'écoule libre en france en la belle
langue de france, la france ne voudrait pas la voir passer mais
n'y peut rien, creuse son propre sillon
le couillon est au français ce que le cono est au gaullois,
criture bougnoule coule au sillon, la france voudrait pouvoir
la ralentir mais elle est de grande finesse et coule aux doigts
la faiblesse fait piston dans la prose, le piston pistonne, c'est
normal, pistonne a fond les ballons pour sortir le produit, la
faiblesse est une nouvelle langue dans le français, faiblesse
est à la langue ce que bougnoule est au français
je n'ai aucun intérêt à me contrôler et je n'ai aucun plaisir ni
aucune jouissance dans le contrôle je mets les mains sur le
visage en même temps que main droite dessine je mets main
gauche sur le visage comme ça, dans le dépli, la chaleur vient
au visage il ne se déchire pas quand criture passe
je suis ici dit le présent je suis ouvert à la psychose est une
chance pour la présence est un risque dis-je, la psychose est
un risque dans les mains
quand je vis il n'y a pas la ligne mais quand j'écris il y a la
ligne, et alors suis morte, sans ordre la ligne arrive avec la
pensée en désordre, comme dans la mort, et alors je ne vis
plus dans ma pensée ni dans la pensée des choses, mais dans
la ligne, morte
les phrases sont faites aux médicaments, dans le cahier et
dans le couloir, les médicaments aident à tenir debout le
temps qu'il faut pour s'endormir, le docteur parle pour penser
comme nous marchons les médicaments aux poches du
pyjama pour nous abandonner les forces et dormir
je dors le cahier sous le matelas, je m'occupe de moi comme
de n'importe qui d'autre
ce qui rentre dans la ligne c'est que le cul n'en voulait pas,
mais rien ne rentre dans la ligne qui ne fît ses tours de footing
au stade anal, je retiens quoi dire pour faire la ligne, où rien
ne peut plus se confier, que la matière, la matière est vidée de
toute forme, la poche à dire
d'abord on est con et après on est intelligent mais dans
l'intelligence on se rend compte qu'on ne peut parler que dans
la connerie et qu'on ne pense vraiment que dans l'être-con, à
savoir jeté dans la vie avec un con dedans qui écrit, je suis la
conne qui écrit pour mener l'intelligence à terme et
l'intelligence étant sans fond j'ai remarqué l'intelligence étant
sans fin il faut beaucoup de connerie et beaucoup d'assiduité
dans sa connerie pour mener l'intelligence à terme
le fond sans fin de l'intelligence n'est que la persévérance
dans la gicle et la conne persévérante mène la criture aussi
loin qu'il faut pour s'y voire naître, à savoir y disparaître, sauf
que les phrases ne m'enseignent pas à disparaitre dans la
connerie mais à la travailler encore plus dans la naïveté de ma
mouillure, ma coulure ne sait pas ce qu'elle dit ma coulure
n’énonce que la conne qui la produit, et je ne suis docteur que
la conne qui conduit la connerie et l’éconduisant m'y enfonce
tu vois
et ma disparition montre le gros con à autrui car je me dévoue
pour être madame-du-con qui se marie à m’sieur giclure et
nous sommes messieurs madame les cons de la connerie et
nous enseignons à l'homme comment se regarder en face, et
moi aussi si je n'avais disparu dedans je pourrais me regarder
en face
faire un cahier c'est porter des vieux pulls et je me comprends
je suis peut être la seule mais je me comprends quand je dis
qu'écrire c'est porter les vieux pulls et dans la chaleur du
vêtement je n'écris pas des poèmes mais des notices de
médicaments qu'on peut voir j'écris tel qu'on peut le voir
des petits bouts de boulettes de prose je fais des petits blocs
prosés que t’appelle texte et que j'appelle boîte docteur et je
vais te dire une chose c'est que je peux finir ton texte quand
je veux qu'il n'est qu'une section de bout de temps que je
peux couper tu vois le texte il nait il meurt quand j'ai besoin
de le faire mais à la fin je le mets dans la boîte
et ça docteur c’est une manière de voir et c’est la mienne et
c’est pas une manière de juger parce que les choses sont
jugées depuis là où on est et je ne suis nulle part alors je peux
pas juger les choses, je peux pas dire si c'est bien fait ou mal
fait je peux pas dire qui fait la chose je ne connais pas celui
qui fait la chose parce que je m'intéresse à la vérité je ne
m'intéresse pas aux personnes, je ne sais pas si c'est une fille
qui fait la chose je m'intéresse pas au genre je ne suis pas
civique je ne m'intéresse ni aux bonzommes ni aux bonne
femmes ni à l'emboîtement des deux, je ne m'intéresse pas à
l'amour physique des bonzommes et des bonne femmes à la
vérité je ne m'intéresse ni à l'amour physique ni à l'amour
affectif ni platonique ni névrotique parce que je ne
m'intéresse qu'à bouffer docteur parce que je veux continuer
je continue le cahier et dans le texte on est toujours deux c'est
le bourge et le prole le prole fait l’écrit et le bourge lit, le
prole donne la giclure au cahier car il chôme son temps le
prole n’a plus l’impulsion d’usiner et sans salaire il clabousse
son cahier, le bourge dans son temps fait lecture des textes
proles car le bourge est libéré du travail de salaire
l’argent du prole n’est pas encore là et en vérité il ne sera
jamais là et le prole partout se charrie la bouche car le prole
est au matin la criture vient au réveil dans le collé des yeux
vient à la bouche passe le gosier étroit les doigts se déplient
on ouvre c’est le matin et ça vient, on masse la membrane et
les vibrations viennent et s’ouvre la membrane et se déplie et
vibre et c’est la vibrure de dame criture
écrire c’est quitter sa classe mais je veux pas quitter ma
classe de prole au contraire je veux au cahier me creuser
toujours plus la prole et pas tomber à côté mais pile dedans je
veux pile tomber en mon languer de prole, c'est pourquoi je
suis maintenant dans le centre
et que je veux des feuilles devant moi du papier avec les
choses dessus je veux devant moi du papier blanc et du papier
recouvert je veux toucher et regarder et respirer le papier et
découper je veux lacérer le dessin froisser le papier et
marcher sur du papier souillé mouillé de ma fente, je fais
couler ma souille au papier puis le colle au mur tu vois
je ne bougerais plus tant que je n'aurais pas une quantité de
papier devant moi je ne vivrais plus qu'avec du papier je
n'agirais plus qu'au papier je dormirais roulée dans du papier
fumerais des miettes je ne vivrais qu'au papier, je me mouche
je fais la honte au papier le dessin les plans les notes les
courses j'échange mon manger contre des bouts de papier il
ne peut rien m'arriver la boulette est tout ce qui m'arrive et
tout ce qui pourra m'arriver est déjà chié dans le papier il ne
me reste qu’à l'essuyer et le refaire et je vais le refaire et tout
viendra de mon geste tout viendra du papier
et là j'écris petit parce que le papier coûte cher, je phrase
court parce que c'est cher mais c’est surtout que j'ai plus
beaucoup envie de vivre alors
et aussi ce que je veux dire tient en une ligne, car il y a
toujours moyen de faire passer quoi que ce soit n'importe où
du moment que n'importe quoi occupe une place quelque part
que ça occupe une fonction quelconque n'importe où, il y a
toujours moyen que ça circule d'un endroit à un autre d'une
fonction à une autre il y a toujours une ligne qui se déplace et
improvise un déplacement d'une identité à une autre d'un
point du temps à un autre devient possibilité qu'avance une
ligne, ici
texte paru dans la revue GPU, numéro 3
cahier
les garçons et les filles
les filles et les garçons
le pas
work in regress
cahier
le grand piston
pas vrai car souvent un gen qui écrit bien est à côté de la plaque il ne comprend
pas la vie
et souvent j'ai noté qu'un gen qui écrit bien est un gen qui a le temps d'énoncer
bien il a le temps de faire les belles lignes avec les belles formes dans la phrase
c'est des riches c'est à dire il a de l'argent c'est un riche et un riche c'est mauvais
d'accord c'est pas sa faute qu'il est riche mais il aurait pu faire gaffe il est riche ça
fait rien du coup il est mauvais je veux dire sa tête est mauvaise elle est penchée
d'une mauvaise manière
moi je suis pauvre et j'écris tout ce que je pense je n'énonce ni bien ni mal mais
dans la pensée j'écris la pensée c'est ma pensée c'est moi qui la forme c'est elle
qui me pense c'est un élan entre elle et moi
je suis pauvre je trace tout ce que je pense du coup ça bellie la pensée que
j'énonce et elle est plus belle car j'ai pas le temps d'écrire bien je suis pauvre
j'écris par à coup
ma pensée est pauvre mais elle est belle et les gens riches ne sont pas très très
beaux ils n'y peuvent rien je sais mais ils ont un visage qui ne va pas souvent
c'est un oeil bizarre un oeil lâche qui fait un regard du lâche
la criture des riches qui est la belle criture est un énoncé qui n'est pas dans la vie
il est dans le faux et d'ailleurs souvent les gens riches écrivent de la critique
d'ailleurs
car la triture de la critique est une écriture sans sentiment je veux dire que la
triture de la critique est un énoncé qui connait le sentiment de celui qui va le lire
c'est un autre riche c'est un féru de criture qui va la lire il est féru il va la lire et
donc c'est mauvais
c'est mauvais et c'est moi qui le dit et du moment que c'est moi c'est vrai parce
que je suis pauvre
les gens riches écrivent parce qu'ils ont le temps et ils énoncent dans une pensée
qui n'est pas à eux les gens riches sont possédés et quand un riche écrit c'est qu'il
est possédé
un pauvre écrit quand il est en lui il a peu le temps cinq minutes comme ça il
écrit et alors il a le sentiment de son être il est dans le vrai de son être de pauvreté
et alors son écriture est vraie et elle est dans la beauté
c'est comme ça que l'énoncé des pauvres n'est pas dans la critique mais dans les
choses d'amour et ça c'est des choses on peut pas les dire tous les jours
tous les jours il y a de quoi dire mais je n'ai jamais le temps de le sortir parce que
je suis pauvre et qu'on se permet de me voler la vie on vole la vie des gens
pauvres même s'ils veulent énoncer on leur vole la vie ça a toujours été comme
ça
et d'ailleurs en fait je vais dire une chose les gens pauvres sont les seuls qui
peuvent vivre parce que rien n'est fait pour eux ils ont tout a inventer ils ont leur
place a creuser tous les jours tu creuses ta place pour tenir droit sinon on te passe
dessus
et les riches tout est fait pour eux et c'est pourquoi je dis que les riches n'ont pas
le droit à la vie parce que c'est dégueullasse de pas mettre les mains dans la
merde les mains propres c'est dégueullasse
on peut pas écrire les mains propres sinon rien ne se trace sur la feuille les riches
n'ont pas le droit d'être c'est pouquoi quand ils écrivent ils ne font que répéter ce
qui a déjà été dit ils répètent ce qui a déjà été fait et c'est pour ça qu'ils sont de
trop ils n'ont pas à creuser leur vie
je ne suis pas de trop parce que je suis ici pour faire quelque chose et c'est
quelque chose qui n'était pas là avant
les riches ont tout le temps pour faire les choses et ils ne les font jamais et quand
ils font une chose ce n'est jamais une chose nouvelle c'est en ce sens que les
riches sont des gens dans le mal
dès que je fais quelque chose on me dérange et je ne peux plus le faire c'est
pourquoi j'écris des petits bouts de choses mais ce sont des petits bouts à moi qui
sont de la philosophie
je me souviens heidegger me disait toi ce que tu fais c'est de la philosophie ou
alors je m'y connais pas il disait
je ne fais pas de la critique mais je fais de la philosophie brute et ça c'est moi qui
le dit
la philospophie brute c'est des propositions directes c'est à pendre ou à laisser et
ça n'existait pas avant parce que je suis pauvre
la philosophie brute est une nouvelle métaphysique me disait heidegger mais la
métaphysique est une biologie de la langue je lui disais et si je lui disais la chose
c'est parce que j'étais et que je suis pauvre
les riches changent tout le temps de style alors que les pauvres ont toujours le
même style aussi toujours les mêmes vêtements ils ont souvent aussi les mêmes
rides même les jeunes pauvres ont souvent aussi les mêmes rides
alors que les riches ont toujours de nouvelles rides qui viennent ils essayent de
les cacher mais toujours il y en a d'autres qui reviennent
les pauvres n'ont qu'un seul temps pour vivre et alors il faut y aller d'un bloc et
vivre une fois un bon coup et pas faire le malin et avoir un style un seul et tout
tracer d'une seule ligne sans se retourner
les pauvres ont le style de ceux qui manquent de temps et les riches n'ont rien en
moins c'est pourquoi ils vont bientôt disparaître
parce qu'on peut pas continuer sans rien je veux dire le domptage des espèces et
tout ça avec rien dedans on peut pas et d'ailleurs les pauvres ont des plus belles
bites que les riches
les pauvres ont de plus grosses et de plus belles bites que les riches et je parle
d'expérience parce que toutes les bites que j'ai touché les plus belles et les plus
grosses c'étaient celles des pauvres et dans leurs bites les pauvres lâchent tout et
dans leur corps et dans leur vies les pauvres lâchent tout parce que les pauvres
n'ont rien a sauvé
je veux dire les pauvres n'ont pas d'argent à sauver et c'est l'absence d'argent qui
fait le pauvre et sans argent les pauvres n'ont pas de projet et n'ont rien a réaliser
et habiter comme ça sans projet c'est un bien me disait heidegger
et ne pas avoir de bien est la grande force me disait moi-même car on peut alors
tracer une ligne d'un coup d'une seule gicle dans la pensée elle même
et c'est sans rien projeter que la ligne sort et ça c'est un pauvre qui me le disait
j'énonce quand j'ai rien à dire c'est là que j'ai beaucoup à faire et alors je le fais
c'est simple
je me mets au travail et c'est ma ride qui me met en action c'est le vide de ma
fente qui me fait dire des choses et je me laisse dire les choses de sexe palpitent
je laisse dire les choses noires de sexe et tu te fais dire des choses limites et je dis
les choses à la limite de ne plus parler et je pousse les choses dans la ligne à la
limite de ne plus penser et je presse les mots alors c'est fait
la ligne est passée et laisse le vide le long de la ride il n'y a là rien d'obscur
qu'après avoir parlé je n'ai plus rien à dire c'est dit c'est dit et je n'aime pas que
quelqu'un redise après quand j'ai giclé
je suis pas là pour dialoguer je suis ici dans mon temps de pauvreté qui n'est pas
un grand temps devant soi mais qui est mon temps d'ici que je creuse en giclurant
c'est ça que je fais c'est creuser mon corps de pauvreté dans la page maintenant
pour me faire naître de me débourer la fente
je n'aime pas les compliments une fois que j'ai parlé je n'aime pas entendre les
compliments je n'aime pas les formes j'aime quand quelqu'un rougit mais je
n'aime pas les formes ni les riches qui s'inclinent aux formes
je ne me sens vivre que dans l'informe je n'ai pas peur de la forme c'est pourquoi
je ne m'incline pas devant la forme mais j'ai peur de l'informe parce que c'est le
tout de la vie qui est là
l'Etat ne subventionne pas celle qui vient ici se faire naître
c'est ici que je viens quand j'ai quelque chose à faire gicler j'aime quand
quelqu'un rougit et c'est toujours les pauvres qui rougissent
je ne sais pas ce que je dis et je parle de ça exprès pour qu'on comprenne bien
qu'on n'a rien pour s'anoncer je veux dire je veux que les riches comprennent
qu'ils n'ont rien
il donne son usine je me souviens d'un riche il avait une usine c'était un riche
italien et il a donné l'usine aux ouvriers ensuite il est allé se perdre dans le désert
parce qu'il avait découvert l'aparole
je veux dire c'est pas qu'il avait découvert la parole de dieu non c'est qu'il avait
découvert le vide de la parole qui passe il avait découvert que je ne sais pas ce
que j'énonce et ça l'avait profondément marqué
et c'est bien je trouve que c'est bien parce que je veux que chacun donne son
usine c'est pour ça que j'écris les choses c'est pour que chacun donne quelque
chose qui lui appartient et qui le constitue donne l'objet qui le constitue comme
sujet c'est bien comme sujet social donne comme sujet sexuel donne c'est donner
qu'on fait et après on n'a plus rien et alors c'est à ce moment là qu'on peut
poumoner
je poumone ma voix dans le coton des lignes il est épais et faut forcer et je tousse
ma voix et elle troue le coton et elle trouve sa place au milieu et défait toute la
fausse forme de dame criture tu es défaite et tu n'existes plus madame criture
je veux dire des choses simples et je veux dire des choses qui paraissent trop
simples des choses qui ne paraissent pas être des choses mais des boulettes de
vide
je veux dire des choses de boulette de rien du tout que personne peut reconnaître
mais seulement sentir comme ce qu'il a de plus profond en lui c'est pour ça que je
parle d'une petite boulette de vide infravisible que certain appelle dieu mais que
moi je n'appelle pas dieu mais que j'appelle parfois énergie ou mieux piston
d'énergie j'appelle ou même encore parfois j'appelle ça le grand piston
mais la plupart du temps je me garde bien de mettre un mot sur cette sensation
qui est la sensation constante en moi qui m'est la sensation bien plus constante
que l'idée du moi que d'ailleurs je n'ai pas
je n'ai pas eu l'idée du moi et n'ai toujours pas d'idée pour vivre ni pour faire des
choses je n'ai pas d'idée pour la révolution je crois pas qu'elle déboulera avec la
réunion des inéluctables conditions
je ne crois pas aux histoires et je ne crois pas à la parole que je fais pas confiance
à ce matériau dont je n'écoute jamais les histoires
je n'écoute jamais les histoires de madame criture et c'est pour ça que je fais du
dessin sur du papier plutôt que de me retourner les pensées dans les lobes du
cervelet je fais du dessin plutôt
et l'écriture de dieu est dans le dessin car le dessin est une nervosité de main qui
saisit un crayon et dieu parle dans ta main il parle dans le tracé il n'y a rien à faire
c'est comme ça
il parle dans le dessin on l'entend qu'orale est la triture de dieu on sent le geste de
dieu et si on ne sent rien c'est que dieu n’est pas
dans le dessin il y a des lignes qu'on ne voit pas c'est dieu qui s'y colle l'oeil et
fait le trait tu es assise à la table tu es concentrée il y a une feuille le trait est
lancé d'un geste qui est le tracé de l'écriture de dieu
quand dieu vient dans un dessin le trait s'égicle dans la nervosité avec le sang qui
se charge de fer
avec le geste de la main qui trace le sang se charge d'un taux de fer en contre-don
ce qui s'en va en sueur reviendra quelque part dans les veines
lorsque dieu vient certains disent dieu et d'autres disent vibration mais c'est la
même chose dieu est la même chose dans tous les noms
il reste il est un il n'a besoin de personne pour se manifester sauf la criture dieu a
besoin de la criture pour débouler dans le dessin
et quand je dis criture et dessin je vois la même chose partout j'entends des lignes
et quand je dis dieu je vois une certaine chose qui est un certain état du dessin
une certaine habitation nerveuse de la vibrure
quand la criture dessine dieu vient se manifester parce que dieu ne peut pas rester
longtemps caché il sort maintenant et l'égiclure de dieu devient une chose de
crise
j'ai remarqué que dieu est une crise qui te regarde dieu est la phase présente du
tracé qui te bascule en phase crisique
je veux dire que l'espèce humaine se réalise dans le règne crisique et le règne
crisique c'est le sublime en fait pour une main qui trace sa coulure de criture dans
une appréhension de dessin le règne crisique c'est le sublime
dieu est à sa crise car dieu ne parle qu'en criture il est toujours déjà passé à la
criture puisque la giclure le manifeste dans le dessin qui est un tracé crisique c'est
pas plus compliqué j'explique
dieu n'est plus une parole soufflée mais une incrustation de la criture par le dessin
dieu n'est plus un verbe avec de la chair dessus mais il est l'os de la main qui
trace une ligne de présent qui est la ligne de présent de maintenant
c'est maintenant que tu construis les choses de tes mains et c'est des hommes tu
construis des hommes avec tes lignes tu les fais être et tu construis les yeux la
tête tu leur encastres les yeux en tête et tu les fais voir c'est comme ça que les
hommes se regardent le premier geste c'est que les hommes se regardent
ils ont la fente à image dans la tête et les images font des médicaments et les
hommes peuvent en eux regarder la médecine car la boite à image fait office de
boite à médicaments aussi
je ne construis pas les pensées avec les mains les pensées se construisent d'ellesmêmes
depuis les images et pour certains la boite est cassée et les pensées sont
crisiques et alors ceux là sont des hommes crisiques
et pour les autres la boite n'est pas cassée et les pensées sortent souples j'explique
souple c'est normal et compréhensible et ceux là sont des hommes normaux
il y a une manière normale de faire fonctionner et une autre manière qui n'est pas
une manière normale mais crisique
cependant crisique fonctionne aussi mais à sa manière c'est la manière crisque et
normal fonctionne aussi mais sans manière crisique a plus de style crisique a plus
de personnalité
la crise n'envoie pas d'informations car de la boite sortent les pensements et les
pensées ne sont pas des informations car jamais les pensées ne font des
informations
les pensées poussent des déformations et les pensées sont en regard les unes sur
les autres mais les pensées ne sont pas des images je construis des choses avec
mes mains et après c'est à l'homme de construire ses propres déformes je peux
pas tout faire
c'est que le pensement ne se fait pas directement avec les mains du dessin il faut
d'abord passer par la boite de la tête où sont les images pour ensuite ressortir la
pommade et alors à ce moment là seulement on peut prendre la pensée dans les
mains et la modeler et les hommes d'un côté modèlent une pensée souple et
normale et informative ils n'ont rien choisi mais c'est la fatalité c'est à eux que
revient de modeler la pensée normale
et les autres dans leurs mains ils modèlent la glaise de l'instant ils ne l'ont pas
choisi mais la glaise qu'ils modèlent devient la pensée crisique qui est vrac et
prosaïque
j'écris pareil dans toutes les langues je ne macère pas au français on est toumonde
dans les bougnoules on est moi-même turc et portugais
j'écris pareil dans toutes les gicles parlent de ce que je cherche dans la crise est
un mouvement traversant toutes langues
je dessine pendant que je parle parce que c'est dans la vie la criture est dehors il
faut courir
je suis pas fiche pour travailler et je suis pas fiche pour faire la société et je suis
pas fiche pour grand chose sauf que je sais que je suis fiche pour le sexe et même
je sais que je suis très très bien fiche pour le sexe mais par contre je suis pas fiche
pour rencontrer quelqu'un alors je reste comme ça dans mon pas fiche
mais pourtant je suis une fille belle et tout mais bon je suis pas fiche de rien alors
c'est comme ça quoi on est pas fiche on n'est pas fiche
je suis pas fiche pour me faire rencontrer un gen alors je reste dans mon pas fiche
à rien et c'est là dans le pas fiche de rien qu'est mon pas fiche à la nulle que la
triture me vient et alors quand elle arrive je la prends et je la mets au cahier
et c'est dans le pas fiche que je la fais et elle se fait crisique et alors c'est bien je
sais pas trop pourquoi mais je trouve ça bien
et alors je continue docteur comme ça je fais criture un maximum et là quelque
chose me dit qu'il faut continuer la ligne et que l'important c'est pas ce que j'écris
mais que l'important c'est de criturer un maximum de temps sans s'arrêter et ne
pas interrompre la parlure
et je me sens bien que quelque chose bourre et je ne peux pas arrêter la ligne je
voudrais que j'y arriverais pas et je continue la ligne sinon on perd l'état et on
perd la concentration et je ne sais pas vivre sans la concentration car la
concentration de ma vivante est une action constante de ma parlante
je triture tout le temps un dire qui ne dure que le temps de ma giclure qui est le
temps de mon enfermement dans le déroulé des lignes qui est une spirale où je
me perds mais où je ne suis pas fiche d'être complètement perdue une bonne fois
pour toute que c'est pour ça que se continue toujours la ligne
je me concentre dans la séparation parce que je suis pas fiche de me tanquer face
à l'autre et de lui envoyer des vibrations compréhensibles
et d'ailleurs personne n'est fiche de se tanquer devant l'autre et de lui envoyer des
vibrations compréhensibles
et d'ailleurs même l'autre avec lui-même il n'arrive pas à se faire circuler du
compréhensible et puis d'ailleurs l'autre il a qu'à criturer dans le séparé s'il veut
rendre supportable l'incompréhensible et intensifier l'incompréhension à savoir
suivre la ligne
l'autre il a qu'a suivre la ligne dans son pas fiche a lui comme moi qui suis là à
giclurer de plus en plus dans l'incompréhensible où ça n'a l'intention ni de se
clarifier ni de s'arrêter
je n'arrêterais pas ma ligne est en train de faire une grosse boulette et je ne
m'arrête pas à la boulette mais je la lance au devant et je lui court après dans le
couloir
je ne ramasse pas la boulette mais je marche dessus et l'aplatie et je la tasse j'en
fais une ligne qui est maintenant est ma ligne de fente
et la ligne passe au four de la raison
et aussi je vais dire une chose qui est une autre chose c'est que le rapport au texte est un rapport à la mort et ça je le sais parce que je le sens le rapport à la pulsion de texte est un rapport à la pulsion de mort et la mort on comprend pas c'est la violence qui vient du dehors et la mort alors n'est pas dans la compréhension et je criture touletan pour que la parole ne soit pas un rapport à la compréhension mais pour que la parole soit un rapport à la mort qui est du dehors et ma criture envoit la mort et la mort est la vie en vibration car la mort est le plus haut degré de vibration de vie et alors je veux que la parole soit un texte je veux que la parole ne soit qu'un texte qu'un condensé de texte pour que la criture du texte soit un mouvement en rapport à la mort et pas un mouvement en rapport à la compréhension c'est pour ça que je criture je veux dire que je criture contre moi-même c'est pour que le texte ne soit pas amoindri par la compréhension et que le texte ne soit pas amoindri par la morale sociale qui est compromi passé avec la vie et c'est pourquoi je veux que le texte garde son plus haut rapport à la mort qui est la vie en vibration et c'est pourquoi je ne veux pas en criturant être en rapport de compréhesion avec moi-même et je ne veux pas être en rapport de moralisation avec moi-même en criturant je ne veux pas être en rapport de séduction avec toi-même je ne veux pas être en d'autre rapport que celui qu'induit la mort dans son mouvement de mort qui est le mouvement même de la ligne de criture
et aussi je dis que la mort est de la vie en vibration d'ébulition et je fais l'ébulition maintenant et alors l'oreille je dis et l'oreille m'entend car l'oreille entend les choses dites qui sont les choses cuites au grand chaudron de vie car la vie ébulitionne la compréhension dans le chaudron et les choses dites dans le chaudron sont les choses vécues dans la vraie mort de vie hors de la compréhension et l'oreille entend le texte qui n'est en rapport qu'à la mort et qui est beau car l'oreille dit que tout ce qui est en rapport à la mort est beau et c'est pourquoi le texte aussi est beau quand il s'écrit dans le chaudron et qu'il embouillante la croûte des mots loin de la compréhension il est beau dit l'oreille et aussi le texte il est crisique dit l'oreille car tout ce qui est beau est altéré par la beauté est crisique et on peut faire quelque chose de la crise on peut l'écrire car la crise est une criture impure de triture d'altération et la triture nous vient de la mise en crise de vivre au chaudron alors je vais dire encore une chose
c'est que la crise sait les choses et légen eux ils ne savent pas les choses car seule la crise sait les choses que la crise n'est pas occupée mais légen eux ils sont occupés touletan ils sont occupés par le travail et ils ne sont pas prêts à savoir les choses parce qu'ils ne sont pas prêts à arrêter le travail je veux dire que tant qu'ils travaillent légen ne sont pas prêt à mourir voilà légen tant qu'ils travaillent ne sont pas prêts à mourir pour les choses et la crise elle elle est prête à mourir pour les choses et c'est pourquoi je sais les choses dit la crise et que je ne fais rien d'autre qu'être dit la crise sans travailler et c'est d'être que j'encrise le réel et le réel crisique seul peut connaître les choses et le réel crisique seul est vivable car on ne peut parler vraiment que dans la crise et dans la parole crisique le réel répond et il s'ouvre au devant et le réel est beau dans la pensée crisique qui l'ouvre et le réel ouvert est une ébulition de choses mortes qui sont pires que la vie et que légen ne peuvent pas connaître je veux dire le réel est une ébulition de choses mortes qui sont pirement plus belle que la vie que légen ne peuvent pas connaître car légen sont tout à leur travail et on ne peut pas connaître le pirement plus beau que la vie quand on travaille et qu'on n'a pas le temps d'écrire quand on travaille à salaire on ne peut pas écrire la beauté du texte dans la tension au salaire on n'a pas le temps de courir au devant du réel pour tracer la beauté crisique d'un beau texte car le réel ne s'ouvre pas dans l'ébulition des choses de vie quand on travaille à salaire
mais il y a toujours du réel au devant car le réel est en avance sur la parole et on ne peut pas montrer du doigt les avancées du réel sur la parole car le réel n'existe pas le réel est un assemblage factice de fantasmagorie à deux sous et la parole est une petite boulette de merde inutile la parole est une petite boulette roulée des doigts du réel la parole est un petit doigté roulé par les doigts de monsieur réel et monsieur réel connait bien madame parole parce que madame parole est mademoiselle prose c'est la même en fait et mademoiselle prose est la rouleuse de boulette et monsieur réel est le pet monsieur réel est le pet de mademoiselle prose est un pet à deux sous est le pet de la fantasmagorie de ses dessous car le réel est à la parole ce que le pet est à la nonne le réel est un petit pet de croyance car le réel pour y être il faut y croire et qui a intérêt à ce que toumonde croit au réel hein qui a intérêt hein : madame parole
et les formes elles ne sont pas en forme je veux dire elles ne vivent pas d'énergie car les formes n'osent pas encore tomber à l'informe alors elles ne vivent pas car elles ne se flaquent pas mais bientôt les formes elles accueilleront la flaque et ça je le sais et les formes elles tomberont dans l'informe et elles vivront à l'énergie de l'informe qui est de vivre dans un piston flasque qui gicle sa bouilli tout de traviole en vrac mais pour l'instant les formes sont gelées les formes sont encore en gelée dans leur jus qui est un jus de contour je veux dire qui est un jus d'évitement les formes macèrent dans leur jus qui est l'image de leur jus et les formes regardent comme ça les formes regardent la belle image gelée de leur jus dans le beau cadre de la représentation parce que le jus est le contraire de la flaque je vous dit les choses le jus est le contraire de la flaque et les formes accueilleraient leur flaque qu'elles ne macèreraient plus dans leur jus ça c'est sûr elles ne macèreraient plus dans leur jus et elles jaculeraient dans leur jet mais pour le moment les formes ne jaculent pas dans leur jet mais macèrent dans leur jus de représentation les formes macèrent dans les représentations d'images de représentations d'objets de reflets d'images sur les objets et de projections d'objets sur les images mais les formes ne parlent pas que les formes n'ont pas accès à l'informe de la parole elles sont trop grosses pour passer au gosier les formes sont trop formées n'ont pas accès au jaculé car les formes sont formellement trop figées et ne peuvent pas accueillir le tourni de vitesse qui donne à la tête son informe jet de pensée qu'aucun robinet ne peut réguler
et je vais dire encore une chose c'est que légen font des fautes parce que légen vivent et qu'on ne peut vivre qu'en faisant des fautes qui sont par exemple les fautes de ne pas savoir quoi faire ou par exemple la faute de ne pas savoir bien faire ou qui sont par exemple la faute d'aimer le sexe de plusieurs personnes à la fois et de rendre toumonde triste à l'arrivée voilà par exemple les fautes que font légen font légen font le vrac avec dedans la confusion et c'est pourquoi légen meurent parce que la confusion pousse au crime et que l'amour est toujours une histoire de crime parce que quand on n'arrive plus à neutraliser l'autre on le crime et alors c'est très dommage et c'est pourquoi légen sont dans les prisons à ne plus savoir quoi faire pour être dehors dans l'amour des sexes et c'est pour ça que légen font des fautes et c'est pourquoi légen se criment dans l'amour de la prison parce que légen pense que l'amour c'est aimer l'autre mais l'amour ce n'est pas aimer l'autre l'amour c'est neutraliser l'autre en fait l'amour c'est neutraliser l'autre dans le formol de sa nevrose à soi et ça légen ne le savent pas vraiment mais ils le font légen le vivent sans le savoir et c'est pour ça que légen vivent dans la prison de l'amour et qu'on fait des fautes d'action et des fautes de goûts dans la prison de l'amour et c'est pour ça que légen sont dans la séparation de la prison de l'amour mais la prison n'empêche pas de se donner le sexe car l'impossiblité de la donnation d'amour n'empêche en rien la possibilité de la donnation du tourni de son sexe et c'est comme ça que légen se rencontre et c'est comme ça que légen se donne la sensation c'est à dire j'explique on lance son sexe dans l'autre gen et on malaxe son sexe dans l'autre gen et alors voilà l'autre gen est content car ça lui donne la sensation et l'autre est content donc en retour il contre donne et il nous fait tourner son senti de sensation en notre sac et la donnation de son piston-senti en nous dénoue le noeud qu'on est car on est un noeud de sac puisqu'on écrit touletan dans la tête sans les mains on écrit les choses qui fabriquent l'image de soi et l'image de la communauté et c'est pourquoi nous ne sommes pas au comble du réel mais que la criture elle est au comble du réel car c'est elle qui le fabrique et c'est elle qui le nie à la fin criture est négatrice du réel
et si tu veux vivre alors tu dis les mots et c'est tout et si tu veux vivre tu pousses les mots qui veulent rien dire les mots veulent pas les mots ne veulent rien du sens a dire parce que les mots ils veulent vivre juste vivre et c'est tout et toi tu veux vivre avec eux pour tout flaquer ta forme et tout te détruire à coups de mots mais tu sais pas trop avec quoi trop comment dire les mots sauf pousser tu sais comment faire un pousser de vie de mots ça tu sais mais tu sais pas trop vers quoi trop comment pousser vers qui ne sait pas trop alors
la ligne, arno calleja - texte paru dans la mer gelée numéro 4, 2007
le moteur
la sensation ne fait jamais de tâche ni de boulette je veux dire que la sensation ne ment jamais, elle ne ment jamais dans l'écriture elle ne ment jamais dans l'amitié et elle ne ment jamais lorsqu'on est sous boisson c'est pourquoi on fait et on dit des choses étonnantes sous boisson c'est parce qu'on suit la vérité de la sensation.
mes fluides sensationnent en moi un mouvement de vérité qui est mon mouvement de vérité si je me mets à l'écrire.
je n'ai rien d'autre à faire que ça, et si j'ai des idées des amis et toujours de l'alcool chez moi c'est pour faire écrire ce mouvement en moi et vivre la sensation de vérité.
le moteur d'une voiture aussi a sa vérité mais il n'a rien pour la sensationner.
le moteur n'est pas là pour faire le mariole et dans l'amitié non plus on n'est pas là pour la mariole mais pour l'idée je veux dire la puissance de l'idée qui prend acte sous la dictée de la fluidité.
remise
tient
journal
consigner
la dame
merci d’accélérer
audrey
interrogatoire
Cher Arno, non, le texte de vincent n'est pas spécialement à la déconne informatique ! il dit quoi ton pc ??? Je te file le texte à la fin. Et le gros défaut de ce texte à mon sens c'est qu'il n'interroge pas assez, etc. Je déconne. Plus sérieusement, je me suis demandé moi si le tour super universitaire conventionnel des interrogatoires à la pseudo-critique que tu cites n'était pas une forme de la médiocrité élevée au niveau de difficulté sacrée. Parce que c'est difficile à vivre que de ne pas sentir les choses. Je crois. Et les gens qui ne sentent pas les choses font de la carence un lieu d'exercice. Qu'on appelle théorie. Alors que je dirai que le mot théorie est quand même vachement plus prometteur que ça, si ça se frotte un peu à des cordes,disons, sentimentales, au moins fragiles comme peut l'être une écoute ou une peur, une anxiété, un désarmement conscient et confiant. Mais non, le gros du paquet, c'est de la théorie à base de carence qui s'oublie. Le théoricien est toujours un mauvais Lao Tseu : faut pas souffrir d'une langue, faut pas l'aimer faut pas la haïr, comme ça on est calé pour… ben, je ne sais trop. L'interroger par exemple. Alors que Lao Tseu, s'il n'aime rien et s'il ne déteste rien, c'est qu'il a pas mal donné. C'est une passion. Dans le type d'interrogatoire que tu cites (j'avais pas vu à quel point ce mot « interroger » pouvait être un tic envahissant ou sclérosant, comme un mot magique qu'on dit pour éviter de comprendre) manque le don. Mais tu sais quoi ? moi je crois au mot théorie. Faut juste l'arracher à la langue de ceux qui l'utilisent comme le mot magique de leur carence. On peut utiliser le lapin-tic qui sort du chapeau comme un moyen d'aimer les animaux : tiens, un lapin. Comme si on en voyait un pour la première fois. Pas blasé de voir un lapin. Je sors ma langue comme pour la première fois. C'est quand même étrange comme bestiole quand ça apparaît. Hors climat magico-carencé, le lapin est d'abord un animal qui nous regarde. Le mot magie devrait juste nous fournir, non pas l'occasion de la facilité du tic, mais celui de l'étonnement (peu importe qu'il soit provoqué par une situation artificielle, comme le truc, le tour de magie). Où on pose les bonnes questions. Les textes écrits, créatifs, nous regardent. Exactement comme des animaux muets. Paradoxalement. Il y a la même douleur dans les vrais textes créatifs, le même mutisme, le même acharnement à être muet et beau et simple dans le mutisme douloureux. Et la douleur ça veut dire, humainement : « je sais que vous attendez des phrases communicatives, à monnaie. Moi je sais juste parler. » Parler est devenu le mutisme qui effraie. D'où les interrogatoires. Plus personne ne voit le lapin qui nous regarde comme un animal. On ne veut même pas un animal technique. L'animal technique, dont l'étonnement violent serait provoqué « artificiellement » (drogue, hypnose, maladie, fatigue, dépression) est bel et bien un animal vrai. Ou tel qu'on ne le rêve pas. Or, on veut un animal qui nous regarde avec la conscience de sa « faute » ( ?) de parler muettement. C'est complètement différent de l'animal devenu homme, intelligent, je ne sais quoi de post-. Un animal qui s'excuse de l'être. On va tout faire pour déceler dans son regard dans sa langue quelque chose de la conscience d'être autre chose que la douleur « gênante » qu'il est. C'est un peu ça, le désir d'interroger. Ce que le critique ne comprend pas neuf fois sur dix, c'est que, magie ou pas magie, artifice ou pas, le truqueur ou le sophistiqué (qui n'est rien d'autre qu'un homme qui comprend un peu plus la douleur que les autres,) est au service de son animal. Pas l'inverse. Bon bah voilà, moi sans savoir je viens d'interroger la notion du Devenir-Lapin dans son rapport infra-substantiel (allez zou) au chapeaux de feutre (qui ne sont plus super à la mode, d'ailleurs)…
en amitié Arno
Sam
huit
clotilde
une fausse pensée est un cheval à bascule - 1
mais son perlement est para-normal
l'art est normal
mais la vie est para-normale
en général le normal est para-normal mais
le parapluie fuit dans la vie quand il pleut c'est
contraire au beau temps
par rapport au normal
je préfère le contraire
le contraire est ce qui ne va pas dans le sens donné
mais le bon sens est le sens contraire
le contraire est le sens préféré
je vis dans la ville parce que c'est le contraire de la campagne
et que la campagne c'est normal
c'est normal pour les animaux et
c'est normal pour les paysans
le paysan est contraire à la ville
parce qu'il a un cheval
mais il conduit une voiture
ce qui est contraire à la campagne
la ville n'admet le cheval que coupé en morceaux
ce qui est contraire à la campagne
où le paysage est entier
les morceaux ne sont pas le contraire de l'entier
je ne suis pas contraire à mes morceaux
parce que je suis mes morceaux
je suis l'ensemble de moi
ce qui est normal
et contraire à la femme
parce que je suis un homme
je suis contraire au cheval
parce qu'il ne vit pas à la ville
et que je ne vis pas à la campagne
arno est le contraire de nora
parce que nora n'est pas un homme
et qu'arno n'est pas une femme
bien qu'ils habitent tous deux à la ville
et bien qu'ils mangent tous deux du cheval
le cheval n'est pas le propre de l'homme
même pour un paysan
l'âne n'est pas le propre de la paysanne
même pour une femme sale
la saleté n'est pas le propre du contraire
parce que la saleté est le contraire du propre
le cheval est le propre du ruminant
le propre est l'essence singulière d'une chose
ruminer est le propre du cheval
parce que le cheval est une chose animale
mais arno aussi est un animo
parce qu'un animo est le contraire d'une chose
comme l'homme le contraire de la femme
ou son complément
car les contraires se complètent
l'homme et la femme se contrarient
arno et nora se complètent
quand ils ne sont pas l'un pour l'autre un cheval
le cheval n'est pas le contraire de son crotin
parce que le crotin est une partie du cheval
c'est une partie qui est partie
les contraires se quittent parce qu'ils s'inversent
c'est à dire qu'ils se complètent mais à l'envers
l'homme est le creux de la femme quand
le cheval est le propre de la campagne
je suis propre quand je contrarie ma saleté
la femme est sale d'être un morceau d'homme
une partie d'homme est partie dans l'animal
car le propre du cheval est qu'il lui manque la parole
le manque contrarie le plein
car il manque à l'homme que le plein soit son propre
le propre de l'homme est la parole
quand il manque à la femme un morceau
un morceau de parole est un mot
quand il manque un mot à l'homme pour être femme
il manque à la femme un morceau d'animal
pour que le propre de la parole soit le sale
le mot cheval salie l'homme
comme le crottin contrarie le paysan
le mot est le contraire de l'homme
c'est pourquoi je suis complètement schizophrène
une fausse pensée est un cheval à bascule - 2
elle coule touletan
le zob est une crampe
la crampe fait gicler la flaque
la flaque perle
le con est une dilatation
le corps est une flaque qui s'écoule touletan
c'est pourquoi je perle maintenant
le zob est un totem dressé
le con est un totem creusé
le zob est un con contrarié
contrairement au con qui est un zob zinversé
le corps est une flaque
la flaque vient d'un écoulement du zob
le con est l'écuelle qui recueille la flaque
c'est pourquoi le corps est un moulage
le corps est une flaque moulée qui ne sèche jamais
à la flaque l'animo vient s'abreuver
l'animo fait gicler la flaque
le totem de la parole est le cheval
c'est pourquoi le langage est une chose animale
la parole est une crampe dans l'ego
la crampe sécrète de la drogue
un ego drogué devient un animo
l'animo est une chance pour le perlement
le zob du cheval est un totem
le zob tourne dans la bouche
c'est pourquoi le zob est le totem du vide
le totem veille
la flaque s'écoule
le vide donne le mouvement d'écoulement
le corps vient d'une fuite au niveau de la bouche
c'est pourquoi j'existe par la bonde
le corps est une flaque
le con la recueille
le corps est un moulage qui ne sèche jamais
c'est pourquoi la parole continue
une crampe de con est un spasme
un spasme libère la maladie du perlement
la maladie de la parole est la drogue de la pensée
le totem veille
la maladie soigne
les animos sont un cheval drogué
la pensée est la drogue du zob
et quand le zob se pose en totem
c'est que la bouche a ouvert sa maladie
la maladie s'écoule touletan
c'est pourquoi il est difficile de ne pas somatiser
la perle est une flaque
qui s'écoule
le con est un bac à parole
la maladie se mélange
la flaque du corps se mélange à la drogue
la maladie de la parole est la drogue de la pensée
la drogue dans la tête fait les grumeaux
la bonde est un trou dans la flaque
le zob est une seringue
la seringue pompe la parole animale
c'est pourquoi le zob est un totem à pistons
un spasme de cheval sécrète du sang drogué
le sang guérit la parole malade
c'est pourquoi je deviens animo quand je crache
une dose de drogue dans ma maladie
une courgette est un zob vert qui n'arrive pas à penser
le zob du cheval est le piston de la parole
le zob est le totem de la pensée
le zob dressé est la clenche
qui déclenche l'alarme du langage
le langage est un son qui appele les animos
les animos sont un cheval
le cheval traverse la flaque
le corps est une flaque qui s'écoule touletan
c'est pourquoi il est difficile de s'arrêter de perler
l'os est le devenir du zob
une courgette est un zob qui a mal tourné
la drogue du zob est la pensée
la drogue s'infiltre dans la terre
là où le con est creusé
dans la terre la drogue nourrit le totem
un cheval est un zob a piston
parce que le zob est l'étalon de la pensée
c'est pourquoi le langage est une chose animale
le langage pense avec de gros sabots
la pensée est chose d'animo
le cheval est le totem de la transe
la pensée est une transe qui retrousse le zob en con
le corps s'écoule
le con est un bac de maladie
la maladie sécrète la drogue
le bac du con mélange drogue et maladie
l'animo traverse
et la transe éclabousse la parole
l'homme puise sa drogue dans le bac à parole
le zob est une seringue
l'homme pistonne
une courgette est un zob malade qui ne sécrète plus sa drogue
c'est pourquoi un homme non drogué est un légume
l'animo veille sur l'homme
l'animo est une chance pour la pensée
un totem veille dans l'os
l'os est un totem en instance
il pompe de la moelle droguée
un totem est un corps déconné
un décon est de l'ouvert sculpté
mais l'homme est fermé
c'est pourquoi la question rest'ouverte
le zob est un os mou dont la moelle
n'a pas encore pistonnée jusqu'au totem
un zob ossifié est un totem
un totem est une courgette qui est parvenu a penser
c'est pourquoi l'ego passe par le stade du vegeto
avant de se dissoudre dans la flaque
la flaque est un reste de pensée
où le cheval drogué vient s'abreuver
le cheval boit
et la flaque se vide
le vide est une chance pour la transe
penser est un transe
la transe est une coulure
qui ne s'arrête pas sur son dit
la transe est une danse
qui ne s'arrête pas sur son geste
le cheval danse sur la flaque
les pattes pilotisent la flaque
c'est pourquoi l'animo est la maison de l'homme
le zob du cheval est un totem dressé
la seringue est une pompe a sang
le zob verse le sang au con
du sang monté en piston devient de la moelle
le zob spasme la moelle pour en faire du boudin
le boudin est de la moelle droguée
le corps est la purée
tomber est un mot pour penser
le cheval chute de l'homme
une vraie pensée est un cheval qui tombe
une fausse pensée est un cheval à bascule
le cheval s'abreuve au bac de drogue
la drogue donne un spasme
le spasme tend à la dilatation
la dilatation est une chance pour la dissolution
la dissolution est la solution au problème de tête
l'ego de l'homme est dissout dans la flaque
l'ego du cheval est le langage
le corps perle et sa flaque s'écoule
la pensée est une pluie
est une fuite au niveau du mot
c'est pourquoi le plombier est une chance pour la pensée
le plombier régule la pression avec une clé a piston
et remplit la pensée
du spasme du tour de sa clef
c'est pourquoi celui qui parle est le plombier de son zob
un plombier est
un spasme de chaman
un chaman est un cheval qui tombe de l'homme
c'est pourquoi tomber est un des mots de la transe
penser est une transe
la tête est un grumeau en instance de dissolution
perler c'est dissoudre l'ego
c'est pourquoi je parle
au bouchon d'évacuation
l'ego dissoud tend à la moelle
la pensée est un filtre à grumeau
les mots sont des os
le totem pistonne la moelle
la moelle est de la purée
qui coule touletan
et se mélange à la drogue
le chaman s'abreuve
dans la bouche la moelle mousse
un cheval parlant traverse l'homme
l'homme traversé est le mouvement de la pensée
le cheval chute de l'homme
tomber est un mot pour penser
l'homme est de la mousse de cheval
la mousse est une coulure droguée
la drogue passe dans la parole
elle n'en finit pas de couler
c'est pourquoi je perle maintenant
le cheval traverse la flaque
et passe de l'autre côté de la parole
c'est pourquoi je m'arrête maintenant de perler
texte paru dans la revue IF, numéro 31, septembre 2007
sensation
la drogue donne la sensation sans l’image, la drogue libère de l’image de soi quand la drogue est arrivé dans le muscle, et le sang manque de drogue au bout de la cinquième fois, au bout de la sixième fois qu’arrive la drogue dans le sang le muscle tombe en manque et c’est la durée désormais, on va prendre la drogue régulièrement dans une vie de drogué qui fera de la prison et qui aura l’hépatite c et qui s’échappera du sida en n’échangeant jamais sa pompe avec un autre tox, la sensation va durer pendant des années jusqu’au jour où en prison on fera un gros sevrage à la dure, avec dix jours de crampe et de transpiration dans le lit, à la sortie on trouvera un appartement thérapeutique en bail glissant, à la sortie on trouvera un travail et on sera dans le temps commun, juste un peu de shit de temps en temps, mais il n’y aura plus jamais la sensation de la drogue ni la tentation de la vie dans la durée, il n’y aura plus la vie dans la durée libérée de l’image de soi.
j e c t i l e
des textes d'arno calleja